MARRAKECH : SI L’ÉCOLE RIAD ZITOUN M'ETAIT CONTÉE ... (suite en images).

Publié le 7 Juillet 2022

                                                                                               

                                                                                                                           La route est belle, un ruban d’asphalte grisâtre un rien chaotique. Juste ce qu’il faut pour la rendre attrayante avec son chapelet d’échoppes et autres boutiques artisanales mettant en évidence, à même le sol parfois, leur production locale ou industrielle. Tout cela dans une disposition aussi variée que non homogène. Pour finalement aboutir à ce charme qui trouve sa raison dans une forme d’hétéroclisme sympathique et convivial.

L'entrée principale de l'école.

Une route avec, de part et d’autre, des réalisations plus ou moins heureuses que compensent des plantations diversement sauvages d’essences diverses regroupées, ça et là, dans des jardineries de circonstance.

Mais surtout puissamment présente par ce temps estival et en fond de décor, la masse rocheuse de l’Atlas que souligne la frange douce d’une brume encore matinale.

La plaque rappelant l'inauguration du centre de formation aux métiers de l'hôtellerie et de la restauration le 20 août 2011.

Ainsi, depuis Marrakech s’imposent des couleurs énergiques ajoutant à un paysage irréel rappelant les fonds des œuvres du Vinci. Ces énigmes de tons que durant des générations de peintres amateurs et autres ont tenté, parfois vainement d’ailleurs, de fixer sur la toile.

Jusqu’à ce repère routier inspiré d’une modernité dérangeante. Caractéristique par ces reproductions d’éléphants gardiens, malgré eux, de ces lieux dévolus au tourisme de masse. On est loin de ces domaines du songe typiques des histoires arabes, chers à Jérôme et Jean Tharaud, au seuil de ce fabuleux royaume dévoilant  le derviche et les mots magiques qui peuvent en ouvrir l’entrée. 

Entourant M. Abbas Keddoui, président de la commune de Ghmat quelques-uns des responsables de l'école dont la présidente Lala Zoubida El Boustani et Hayatt El Amrani, secrétaire adjointe de l’association.

En l’occurrence, celle de l’institution joliment baptisée Riad Zitoun ( olive en français, fruit de l’olivier, arbre de paix et l’un des symboles du Maroc.) Une entrée qui découvre une réalisation parfaitement en phase avec les nécessités d’une population essentiellement féminine à laquelle une poignée de philanthropes, emmenés par une femme de caractère, aussi décidée que passionnée, Zhor Sebti Ben Omar El Alami, ont décidé de s’intéresser.  

C’était il y a quelques 25 années.

UN MARIAGE HEUREUX

Bienfaisance est certes le maître mot de cette action au demeurant sympathique mais surtout un défi un peu fou dans le contexte d’alors visant à la promotion de la femme marocaine et singulièrement de la jeune fille de la campagne et de son implication dans le domaine associatif et éducatif. Plus généralement au sein de la société civile marocaine.

Un pari alors un peu fou sinon un combat contre l’analphabétisme.

Le succès ira grandissant et le concours des autorités royales et gouvernementales sans oublier celui des instances régionales et communales, contribueront au développement inattendu par son ampleur de cette structure sociale et éducative.

S.M. Hassan II, dans un premier temps, puis son fils et successeur, Mohammed VI en suivant, ne tardèrent pas à prendre la mesure de ce qui avait alors toutes les apparences du développement d’un peuple fidèle et respectueux de ses traditions mais intelligemment tourné vers l’avenir. Un mariage heureux et louable.

Un interessant travail de broderie.

Hier, quelques jeunes filles – chaque matin récupérées dans leur campagne respective par le chauffeur d’un bus offert à cet effet par le roi Mohammed VI intervenant au nom de la Fondation portant le nom prestigieux de son grand père, le roi Mohamed V – et aujourd’hui la bagatelle de 207 élèves  sont ainsi régulièrement déposées devant la porte de l’école Riad Zitoun dont 98 en classes de maternelles (enfants de 4 et 5 ans). Tous répartis dans les deux bâtiments principaux de l'école.

ÉVEIL A LA CITOYENNETÉ

Comme chaque année à pareille époque c’était ce dernier jeudi de juin le grand jour pour les élèves. En la circonstance, le temps de la reconnaissance d’un travail assidu durant l’année scolaire écoulée.

En son absence – Lala Zhor Sebti Ben Omar El Alami, la fondatrice aujourd’hui présidente d’honneur de l’association – c’est à la présidente en exercice Mme Zoubida El Boustani par ailleurs responsable de la communication de l’association qu’incombait la délicate tâche, outre les bienfaiteurs de l’association, d’accueillir les personnalités dont le président de la commune de Ghmat dont dépend la structure de l’école, M. Abbas Keddouri, (lequel depuis le creusement des fondations de l’école n’a eu de cesse d’accompagner les responsables mais également les parents d’élèves) sans oublier Hayatt El Amrani, secrétaire adjointe de l’association et  surtout l’une des chevilles ouvrières de ce beau projet, vice-présidente actuelle de l’association, Lala Fettouma Sebti Benkirane, qui a le mérite d’être l’inspiratrice de cette école.

Originalité sympathique dans le protocole habituelhabituel,  les quelques paroles de bienvenue étaient cette année prononcées par quatre enfants de la section maternelle. Et cela, en quatre langues : berbère, arable, français et anglais.

Une illustration sympathique de l’universalité imprégnant ce lieu de culture.

Une animation sympathique et originale était ensuite présentée – en l’occurrence une pièce en français – par la section maternelle.

La professeur d’anglais, Oumaina, avait quant à elle pour mission de proposer avec la participation d’adolescentes, une chorégraphie originale. 

Auparavant c’est à un enfant seulement âgé de quatre ans qu’avait été confiée la traditionnelle lecture d’un récit coranique.

Quant à la partie très officielle, elle fut consacrée à l’écoute de l’hymne national marocain.

Enfin, moment très attendu par les élèves, la remise des diplômes – dix-neuf pour les coupes couture, seize pour la formation hôtelière, soixante-six pour les classes maternelles, quatre pour la formation d’éducatrice des crèches -  pour l’année scolaire écoulée qui mettait un terme officiel à cet événement annuel.

De très jolis cadeaux offerts par Mme Atika Benhalima agrémentaient ces récompenses scolaires.

En manière de conclusion goûteuse, un buffet généreusement achalandé était proposé par les jeunes filles du centre de formation hôtelière et préparé sous la houlette du chef Fouad El Aarij .

Une partie des lauréates.

Ainsi, une nouvelle fois l’éveil à la citoyenneté et la prise de conscience des droits fondamentaux se sont affirmés au sein de cette institution de référence. Il s’y ajoute des objectifs pratiques pour la recherche de l’autonomie économique et financière par le truchement d’un apprentissage professionnel de métiers manuels. L’enseignement de la langue dont l’arabe et le français sans oublier la bureautique, l’instruction civique et, pour rester dans la note traditionnelle du pays, la broderie qui permet, entre autres, d’approvisionner les coopératives de l’école. Enfin, la partie hôtellerie et restauration comprenant, de manière pratique, trois sections de la cuisine à l’étage en passant par les services divers liés à cette activité spécifique, illustre la volonté des acteurs de cette initiative d’ajouter au développement touristique de Marrakech.

Rendez-vous est pris pour un futur événement organisé le 8 octobre prochain au bénéfice de l’institution Riad Zitoun.  

 

Bernard Vadon

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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