LOURDES : VADE RETRO …  MOZARTUM !

Publié le 27 Juin 2022

Quand on vous dit qu’ils sont tombés sur la tête !

Et qui plus est, en tout cas pour certains « homo sapiens », au nom de cette laïcité « pensée en France par les républicains de la fin du XIXe siècle, reprenant celle des Lumières et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen liée à l’idée de la démocratie libérale, qui considère qu’aucun critère transcendant ne peut s’imposer à la volonté populaire qui fait la loi, et que l’homme s’accomplit pleinement comme citoyen, donc dans la vie politique. » (sic).

C’était sans imaginer d’éventuelles dérives sinon interprétations propres à froisser certaines sensibilités et surtout entretenir l’actuelle tendance visant à la confusion entre  la « neutralité » de l’État et celle, autrement intrusive, de la société.

DÉLIRE

Manifestement, du pain béni pour les trublions de circonstance auxquels le fondement même de la République semble leur avoir échappé. Ne serait-ce aussi que parce que la formulation latine (res publica ou chose publique) n’impliquait pas forcément la notion de démocratie, que l’on doit cette fois au grec ancien, et stipulant que les décisions publiques, notamment, appartiennent au peuple. Dans sa globalité et sa diversité. Ses différences aussi.

W.A. Mozart : la voix et la voie du Ciel ...

Retour au latin populis et de la notion de polysémique ou variété de sens (en l’occurrence et pour ce qui nous concerne : « l’ensemble d’individus composant une nation ») . Le terme est à géométrie variable.

Délire penseront certains de mes éventuels détracteurs oubliant le mot de Montaigne estimant que la plus subtile folie se nourrit de la plus subtile sagesse.

Personnellement, hors les délires intellectuels de tout acabit, je m’en tiendrai à cette merveilleuse définition sinon formule de la musique que j’ai noté chez Marcel Proust et à laquelle il m’arrive opportunément de me référer :

« La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées  - la communication des âmes. »

De quoi – avec tout le respect que je leur voue – faire bondir les libre-penseurs et autres adeptes de la raison et que toutes croyances et dogmes révulsent.

Et pourtant.

Ce sublime « Ave Verum » dans sa dimension existentielle, porté aux frontières de l’impossible merveilleux par le génie mozartien, est un signe qui ne trompe pas. Enfin, qui ne devrait pas tromper.

En tout cas, une véritable transsubstantiation ( du grec « surnaturel ») Une étape incontournable vers le mystère de la « présence réelle ».  

EFFARANT !

Il n’en fallait guère plus pour faire monter au créneau, précisément aux portes de la cité mariale de Lourdes, dans les Hautes Pyrénées françaises, les responsables locaux de la Fédération syndicale unitaire (FSU) et du Syndicat National Unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et professeurs d’enseignement général de collège (SNUipp).

Une ouverture d'esprit ... en son expression la plus large fut-elle. En somme, que la culture soit !

Au seul et quand même effarant prétexte que l’interprétation du mythique (et mystique) « Ave Verum »  par des élèves de CM1, CM2 et sixième de Lourdes et Tarbes qui plus est ( ah, bon !) dans un sanctuaire, est une “atteinte à la laïcité”, laquelle assure depuis 1905 la neutralité de l’État quant aux cultes. (re-ah bon !).

“Je te salue, vrai corps né de la Vierge Marie, qui a vraiment souffert et a été immolé sur la croix pour l’homme…”  traduction du texte latin et objet de l’incompréhension des syndicats. Ceux-là même qui en rajoutent :

« On ne peut pas proposer à des élèves, dans le cadre de l’Éducation nationale, de chanter de telles paroles – catholiques par définition – dans un sanctuaire marial. » 

Ah, bon, une nouvelle fois. C’est ce qui s’appelle par ailleurs une louable ouverture d’esprit !

ATTEINTE GRAVE !

Quant à ce qui relève de la transcendance – comprise, acceptée ou pas – il est toutefois singulier d’imaginer que cette forme d’obscurantisme républicain (ou autre) émane d’enseignants dont la passionnante mission est de transmettre des connaissances et des méthodes de raisonnement sinon et plus simplement des valeurs universelles. Dans le sens le plus large qui soit. La réflexion spirituelle y afférant naturellement. Avec une large ouverture au jugement sur la base élémentaire du bien et du mal. Où est le problème ?

Le reste n’étant que billevesées.

L'orchestre national du Capitole à Toulouse : Une référence musicale.

Et de stigmatiser, en prime, le texte de « l’Ave Verum » en manière de coup de couteau dans le cultuel :

« On ne peut pas proposer à des élèves, dans le cadre de l’Éducation nationale, de chanter de telles paroles – catholiques par définition – dans un sanctuaire marial. » 

Selon le secrétaire départemental FSU-SNUipp 65, il s’agit d’une » atteinte grave à la neutralité religieuse découlant de la Loi de 1905, la grotte de Lourdes étant considérée par le clergé catholique comme un haut lieu du catholicisme ». 

De quoi en révolter quelques-uns  autrement réalistes qui, non sans humour, suggèrent aux tenants du « tout sauf la soutane » de chanter « la Marseillaise » ou pourquoi pas, « la Carmagnole », chanson révolutionnaire célébrant la chute de la monarchie, en 1792 !

CONCERT DE l’AMITIÉ

Pas de quoi impressionner les organisateurs de la deuxième édition de « L’Offrande musicale » festival considéré comme « hors normes » qui se déroulera du 29 juin au 11 juillet prochain, initié par le pianiste David Fray, soucieux, pour cette deuxième version du festival, de « faire vibrer par la musique et sensibiliser le public à la cause du handicap ».

Riccardo Muti : de Stravinsky, Prokofiev, Debussy, Ravel, Chausson et Richard Strauss sans oublier l'incontournable Giuseppe Verdi

Richard Galliano, Renaud Capuçon, le chef d’orchestre Riccardo Muti, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, John Neumeier et le ballet de Hambourg notamment seront à l’affiche de cette version 2022 placée sous le parrainage de Dominique Farrugia.
L'Offrande musicale est à l’origine une œuvre instrumentale de Jean-Sébastien Bach composée en 1747 durant la période où le musicien travaillait à Leipzig. La partition s’inspire d’un thème musical proposé par le roi de Prusse Frédéric II, un passionné de musique, bon flûtiste et compositeur amateur.

Renaud Capuçon : une carrière de soliste mais également de chambriste qui l'a conduit à jouer avec de nombreux et prestigieux interprètes. 

L'Offrande musicale est considérée comme l’une des plus grandes œuvres de Jean-Sébastien Bach, au même titre que L'Art de la fugue et les Variations Goldberg.

Les Petits chanteurs à La Croix de Bois mais aussi ceux de Vienne : aux quatre coins de la planète ont été les interprètes de l'Ave Verum.

C’est donc au terme de ce « concert de l’amitié » placé sous le signe de la solidarité et de l’humanitaire que, durant trois petites minutes (le temps dévolu à cette pièce) les enfants, à l’instar de tant d’ensembles et chœurs, aux quatre coins de la planète et durant des décennies, donneront (c’est à espérer au-delà de ces minables querelles de clochers )  leur version de cette œuvre aussi courte que riche d’émotions et de beauté musicale – et ( pardonnez-moi mesdames et messieurs les enseignants)  mais aussi pétrie de cette spiritualité dont Mozart fut l’incomparable et divin autrement dit sublime et merveilleux traducteur dans son approche de la perfection.

 Bernard VADON

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :