Frédéric Saldmann : « Toute mort avant 120 ans est une mort prématurée ! »

Publié le 15 Juin 2022

 

Provocation, coup médiatique, exubérance philosophique, recherche du sensationnel ou délire scientifique, la liste n’est pas exhaustive.

En tout cas, ce genre de constatation ne peut manquer de surprendre.

Et le fait naturel de croire ou ne pas y croire importe moins que celui de digérer cette révélation – façon cavalière sinon familière de parler – est au demeurant stupéfiante.   

Plutôt prolifique, Le Docteur Frédéric Saldmann, avec plus de trois millions de lecteurs dans le monde, est reconnu comme le champion de l’optimisation du capital santé. A son actif, plus de dix ouvrages parmi lesquels des best-sellers dont « On s'en lave les mains » ( règles de l'hygiène élémentaire) ou « Les Nouvelles Epidémies » publiés au moment de l'épidémie de grippe H1N1. 

ET DIEU DANS TOUT ÇA ?

Dans ces manières de « bibles », riches en exemples issus de nombreux domaines et en recommandations concrètes, le docteur Seldmann partage ses conseils de santé pour vivre mieux et donne à chacun les clés d’une vie aussi épanouie qu’équilibrée. Louable, non ?

Une notoriété qui n’attire pas, loin s’en faut, la sympathie de ses confrères enclins à contester ce médecin plutôt qu’à le soutenir ou éventuellement émettre un avis contraire en le justifiant bien évidemment.

A moins que … mais non, ne parlons pas de jalousie d’autant que ce docteur très médiatique ( et médiatisé) ne mènerait pas grand train de vie eu égard une nombreuse famille (sic) à nourrir et des revenus – droits d’auteur notamment – qui ne seraient pas aussi importants qu’on pourrait le croire.

Pour le bon docteur, c’est moins ce que l’on gagne que la manière de vivre qui importe.

Qui oserait le contredire ?

Et Dieu dans tout ça ?

Frédéric Saldmann semble avoir trouvé une piste dans ce qu’il nomme « l’ordonnance de Dieu » et dans laquelle ce qui importe le plus pour un croyant c’est la prière. Ne serait-ce que pour conjurer l’effroi, un sentiment inspiré d’un monde dont Dieu serait absent contrairement à la joie confirmant la présence de Dieu. Surtout en regard d’un « après » nébuleux.

 

Blaise Pascal : Il faut parier ...

A ceci près – selon certains philosophes -  que la raison ne peut être satisfaite que par un dépassement de la contradiction.  Ce qu’ont prétendu accomplir Hegel, Marx et Engels. Alors que Blaise Pascal aurait affirmé la contradiction et nié la possibilité de la dépasser.

D’où son conseil : il faut parier et son fameux pari sur la question de l'éternité . Un argument philosophique qui pourrait se résumer ainsi :

« Que Dieu existe ou qu'il n'existe pas, autant croire en lui pour être sûr de gagner sa place au paradis … si toutefois, paradis il y a. »

Qu’est-ce que l’ambiguïté sinon  le « mélange indissociable du « vrai et du faux » dans la description, par exemple, que donne Pascal de la condition humaine.  Pouvons-nous dire cependant que Pascal propose une vision tragique de celle-ci ?

C’est en tout cas l’impression principale qu’il semble manifester. Mais au fond, l’auteur des « Pensées » n’est pas aussi pessimiste quant à l’issue de cette condition.

L’EFFROI DU VIDE

Dans son analyse, chaque chose est vraie en partie mais également fausse. Rien n’est purement vrai, donc, rien n’est totalement faux. […] Nous n’avons en définitive ni vrai, ni bien puisque le tout est un mélange de vrai et de faux. On se mord la queue dans ce foisonnement philosophique.

Ainsi,  Pascal rejoint-il la première de ses pensées qu’on a pu classer comme dialectique, ou l’art de raisonner, en l’occurrence celui d’Héraclite pour qui :

« Tout est vrai et tout est faux » !

Sur la base de ce principe (…  ou de ce pari) le docteur Frédéric Saldmann en tire un enseignement profondément spirituel sinon existentiel :

« Dans les lieux de culte, on retrouve la même diversité de profils qu’ailleurs: personnes âgées, en surcharge pondérale ou manquant d’activité physique. Malgré tout, ces personnes «à risque» vivent statistiquement plus longtemps que celles qui, avec un profil similaire, n’ont pas la foi. C’est ce qui m’a poussé à prendre connaissance des aspects bénéfiques de la prière sur la santé. Un système de récompense. »

"La prière est toujours une initiative de Dieu en nous" confiait Saint Jean-Paul II.

Jusqu’à cette affirmation incontestablement stupéfiante aux frontières du médicalement correct :

 « Toute mort avant 120 ans est une mort prématurée ! »

Intéressant et pour le moins inattendu. Mais qui n’y souscrirait pas dans la mesure où il conserve précieusement ses capacités physiques et intellectuelles jusqu’à terme ?

L’effroi du vide, pour en revenir à notre analyse préliminaire, est donc bien le sentiment qu’inspire un monde dont Dieu serait absent alors que la joie se nourrit de  la présence de Dieu :

« Dieu se cache ordinairement », mais parfois et rarement il se découvre à ceux qu’il engage à le servir », « il sort alors du secret de la nature qui le couvre et se manifeste par des coups extraordinaires. Voilà pour la démarche spirituelle. Toutes sensibilités quasiment confondues. »

.RÉVÉLATION

En toute rationalité, le non-croyant a donc tout intérêt à croire en Dieu, qu'il existe ou non. Il n'a rien à y perdre mais tout à y gagner. Ce que finalement  sous-entend  Pascal dans son fameux pari.

C'est d’ailleurs le même genre de pari que fait Frédéric Saldmann dans son dernier ouvrage (La Santé devant soi, » publié chez Robert Laffont).

Le rapprochement avec la grâce divine est essentiel.

Et lorsque, par exemple,  Blaise Pascal évoque l'au-delà, le docteur Saldmann s'intéresse, quant à lui, à notre existence ici-bas. Et par voie de conséquence à notre ressenti.

D’ailleurs, dès les premières phrases de son ouvrage, le médecin cardiologue et nutritionniste n’y va pas par quatre chemins pour délivrer son message :

 « Les croyants vivent en moyenne sept ans de plus en bonne santé que les autres ! »

Une affirmation qui défrise quelque peu le lambda, cartésien jusqu’au bout de la nuit. Mais après tout, pourquoi pas :

 «Dieu nous a donné les clés de la santé et de la longévité, à nous de savoir les utiliser. » insiste le docteur Saldmann.

S’en référant aux textes sacrés et aux traditions religieuses et dans le même temps  sacrifiant la règle médicale implacable en privilégiant Dieu, il affirme haut et fort :

« L'ordonnance de Dieu, c’est la clé de l'hygiène de vie ».

Nous y voilà.

Avec sa toute dernière publication, le docteur Frédéric Saldmann accède, si l’on peut oser la comparaison, à une sorte de nirvana littéraire et en même temps entend nous ouvrir les portes d’un monde insoupçonné. Une invitation à prendre conscience de l’existentiel. Et surtout répondre à nos interrogations.

Des chrétiens aux musulmans en passant par les juifs, les Aztèques, les Tibétains et  les Romains jusqu’aux adeptes du vaudou, le docteur Saldmann dispense, comme il l’a toujours fait dans ses autres ouvrages, les meilleurs conseils pour se maintenir en bonne santé. Et parfois briser le tabou de la mort.

Rien de bien extraordinaire et nouveau sinon que cette fois il semble que l’auteur, touché par une forme de grâce, nous précipite dans une sorte de perplexité. Sinon une incitation à croire et à espérer en la « révélation ».

Établissant une passerelle entre la science et la foi, une démarche audacieuse mais de plus en plus largement partagée au nom de la foi qui sauve.

Je n’ai d’ailleurs pu m’empêcher de penser à de récentes lectures, de « Il était temps » de Arnaud de Senilhes, à ce livre aussi conséquent qu’impressionnant intitulé  « Dieu, la science et les preuves » écrit par Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, publié aux éditions Guy Trédaniel, un livre qui a connu un indéniable succès et qui a fait, ici même dans ces colonnes, l’objet d’un article.

Mais retour au récent et détonnant ouvrage du docteur Frédéric Saldmann.

La première moitié du livre s’emploie à montrer que les sciences du XXe siècle attestent de l’idée d’un début de l’Univers et prouveraient donc l’existence d’un Dieu créateur parfois appelé aussi « intelligence créatrice »« concepteur intelligent »« fabuleux programmeur » ou même « super-extraterrestre ». Une sorte de gaz selon certains. En tout cas, une énergie sans égale sinon celle qui peut émaner d’un Dieu créateur. On n’en sort pas !

Frédéric Saldmann  comme mû par une mystérieuse et singulière force occulte diront certains mais nous préférons plus simplement la douce influence de la grâce, établit un parallèle entre l’hier et l’aujourd’hui et incite à regarder différemment les préceptes de santé modernes, parfois trop désincarnés.

LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE

Ainsi, concrètement, marcher 10.000 pas par chaque jour oui, ou encore arpenter les chemins,  c’est bien, mais si l’on ajoute à cet exercice physique une finalité, un pèlerinage par exemple, c'est un gage supplémentaire pour le ticket longévité. Tout comme la puissance de la prière sur le corps et l'esprit.

Sur le Chemin de Compostelle : puissance de la prière sur le corps et l'esprit. 

Et d’en référer également à la saine pratique du jeûne que recommandent d’ailleurs toutes les religions ; tout comme l'aumône qui, selon Frédéric Saldmann, rend plus heureux.

C'est à une véritable quête des sens à laquelle ce dernier nous invite afin d'être autrement efficace dans notre quotidien. Il nous apprend aussi que les personnes qui accordent une place à la pratique d’une religion dans leur vie vivent plus longtemps que les autres. Ses compilations en la matière en attesteraient. Qui ne s’en réjouirait pas ?

Des chercheurs auraient même découvert que les non-pratiquants présentent un risque deux fois plus élevé de mourir plus tôt que ceux qui prient ne serait-ce qu’une fois par semaine. Plus surprenant et encourageant encore, à l’âge de 20 ans, les pratiquants auraient une espérance de vie de sept ans plus élevée que les autres. Fin de citation.

Ces résultats seraient-ils dû au fait que les croyants ont, en général, des modes de vie globalement plus vertueux, disons plus équilibrés, en renonçant à certains excès : du tabac à l’alcool en passant par des comportements moins licencieux. Notamment. Ce qui augmentait leur espérance de vie ?

Acceptons-en l’augure.

Reinhard Bonnke - missionnaire chrétien évangélique charismatique allemand connu pour ses campagnes d'évangélisation sur le continent africain -

a écrit :

« L’homme a besoin de Dieu et Dieu a besoin de l’homme. Quand les deux sont unis autour des objectifs de Dieu, tout devient possible ».

Ainsi, pour résumer le propos, l’osmose surnaturelle dans la foi entre Dieu et un homme ( ou une femme) qui sait prier, serait plus puissante qu’une bombe atomique ! C’est une sorte de partenariat entre le ciel et la terre qui s’exerce quand le peuple de Dieu se met en accord avec les objectifs de Dieu et prie pour que ces objectifs se concrétisent. Et le plus inouï, c’est que ça fonctionne !

La Grotte de Massabielle à Lourdes : quand l'incroyable devient croyable !

Les exemples tout aussi hallucinants soient-ils ne manquent pas de ce que parfois on qualifie de miracles. Moi, je parlerai, par préférence, de « signes ». Cette « vérité de la Parole de Dieu »  correspondant concrètement à ce que dit Saint-Jacques :

« La prière fervente du juste est d’une grande efficacité ».

Je dirais plutôt « puissance », ce terme qui trouve ses racines dans la langue grecque (dunamis) ,  autrement dit puissance, potentiel inhérent, capacité ou faculté à accomplir l’impossible humainement parlant :

« Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse ».

La Bible nous enseigne que lorsque nous prions, nous avons le possibilité d’engager la puissance du ciel au milieu des circonstances de notre vie ou dans les évènements qui se produisent sur terre. La prière pratiquée dans la foi déploie sa force pour abattre toutes les barrières et ouvrir toutes les portes.

En quelque sorte dans la « mystique laïque »  de Michel de Montaigne qui considérait que :

« Chaque homme porte la forme entière de l’humaine

condition ».

Pour Blaise Pascal, à l’esprit autrement plus torturé, la vie de l'homme se limiterait à la dépendance, à l’abandon et au néant. D’où, l’ennui qui menace constamment l'être humain lequel, pour oublier le malheur de sa condition, opte pour le divertissement :

« Une vanité qui ne saurait que masquer le gouffre angoissant de son existence et ne ferait que le détourner des questions existentielles. »

En revanche, la potion priante (qui n’a rien de magique) du docteur Saldmann est autrement plus exaltante. Pas forcément évident, j’en conviens mais et à défaut, comme le préconisait Saint-Augustin, l’un de mes maîtres à penser :

« Si vous ne trouvez pas la prière qui vous convient, inventez-la ! »

Dans le droit fil de la recommandation de Saint-Matthieu et de Saint-Luc ;

« Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.  Car, quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. »

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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