Noël à Lourdes ou, quand l’espérance prime l’espoir.

Publié le 24 Décembre 2021

Le temps liturgique de Noël a commencé la nuit du 24 décembre pour s’achever dans quelques jours avec la célébration du baptême de Jésus.

Une période brève, mais dense faite de célébrations et de mystères marquée par les fêtes de Noël durant laquelle – chez les chrétiens -  Dieu se dissimule dans l’humilité de la condition humaine en filigrane de la naissance de Bethléem dans une étable.

Sous la roche de la Grotte de Massabielle : le peuple a vu se lever une grande lumière ...

La prophétie, celle d’Isaïe, est autrement révélatrice de ce singulier événement :

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres

a vu se lever une grande lumière ;

et sur les habitants du pays de l'ombre,

une lumière a resplendi.

Tu as prodigué la joie,

tu as fait grandir l'allégresse :

ils se réjouissent devant toi,

comme on se réjouit de la moisson,

comme on exulte au partage du butin.

Car le joug qui pesait sur lui,

La barre qui meurtrissait son épaule,

le bâton du tyran,

tu les as brisés

comme au jour de Madiane – personnage de la Bible et du Coran dont le nom est associé au pays de Madiân, à l’Est de la Mer Morte

Et les bottes qui frappaient le sol,

et les manteaux couverts de sang,

les voilà tous brûlés :

le feu les a dévorés.

Oui, un enfant nous est né,

un fils nous a été donné !

Sur son épaule est le signe du pouvoir ;

son nom est proclamé :

Conseiller-merveilleux, Dieu-fort,

Père-à-jamais, Prince-de la Paix. 

Et le pouvoir s’étendra,

et la paix sera sans fin

pour le trône de David et pour son règne

qu’il établira, qu’il affermira

sur le droit et la justice

dès maintenant et pour toujours. »

Le prophète nous présente la figure d’un libérateur qui porte en lui  les dons de la lumière, de la joie et de la libération pour un peuple dans les ténèbres et n’ayant plus d’espoir.  

La Covid est tristement passée par ces lieux de pèlerinages quasiment désertés.

Une situation de fait qui s’intègre dans la mouvance sociétale actuelle où, plus que jamais, s’impose la différence entre l’espoir, qui implique le désir de quelque chose de meilleur et l’espérance, sentiment spécifiquement chrétien par lequel la confiance est essentiellement, sinon exclusivement, placée en Dieu.

Comme l’écrit dans ses confessions Saint-Augustin :

« Dans notre pèlerinage sur la terre nous avons reçu de Lui le gage de devenir lumière. Il nous a déjà sauvés en espérance, et des fils de la nuit et des ténèbres que nous étions, il a fait des fils de la lumière et des fils du jour. »

Au cœur de l’incertitude manifeste du temps présent, l’espérance prime l’espoir.

 

Bernard VADON