MICHEL CARRERE- BORDEHORE : une façon de célébrer l’abstrait de la beauté.

Publié le 8 Octobre 2021

Les sentiments et les impressions que l’on peut éprouver en matière d’art en général et de peinture en particulier sont aussi nombreux que divers.

Le choix n’en est que plus difficile et compliqué.

De Léonard de Vinci à Pierre Bonnard ou encore de Joan Miro à Edgar Degas en passant par Paul Gauguin, on se perd en conjectures quant à trouver la référence qui convient.

Même si le philosophe Alain semble au plus près définir le ressenti de Michel Carrère-Bordehore (1) en estimant que la peinture est une cérémonie en solitude, ce serait à mon sens Paul Cézanne qui le définirait au plus près de sa personnalité en écrivant :

 « Il ne s’agit pas de peindre la vie, mais de rendre la peinture vivante » -

QUAND L’ŒUVRE CACHE L’ARTISTE

Ou peut-être Eugène Delacroix qui considérait que dans la peinture s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages (même suggérés comme il est de règle dans l’abstraction) et celle des spectateurs.

Cet abstrait de la beauté dont nous avons un peu perdu le sens je l’avais découvert, entre autres auteurs, chez Oscar Wilde, notamment dans son œuvre intitulée « Le portrait de Dorian Gray » où il confessait que l’art est toujours plus abstrait que nous ne l’imaginons :

« La forme et la couleur nous parlent de forme et de couleur. Voilà tout. Il me semble souvent que l’œuvre cache l’artiste bien plus qu’elle ne le révèle. » écrit-il.

Et parfois cela peut prendre un peu de temps. Au terme d’une carrière, par exemple.

INTENSITE EMOTIONNELLE

Ce qui fut le cas de Michel Carrère-Bordehove qui, au lendemain d’avoir fait valoir ses droits à la retraite donna libre cours à une passion sous-jacente entretenue consciemment lors de visites dans les salles d’expositions ou de rencontres. (à l'initiative du conseil municipal et de son maire Marc Labat il exposait dernièrement dans une salle de la mairie de Igon dans les Pyrénées Atlantiques en France).

Auparavant, son métier gourmand de pâtissier lui avait offert  l’occasions de développer sa passion en décorant, par exemple et à la demande, des gâteaux d’exception,  d’anniversaire ou de mariage.

Son jardin est aussi un terrain de jeu idéal pour moduler des formes, des animaux ou des personnages. Inconsciemment, le sujet relève de la pulsion. Un moment de grande intensité émotionnelle. Surtout lorsqu’il en ressort des représentations abstraites voire cosmiques ou ésotériques :

« D’aucuns y verront des formes et des êtres différents nourris dans leur imagination. » confie Michel Carrère-Bordehove.

Dans sa quête à perfectionner son art, son amie Laure, artiste peintre professionnelle, touchée par les premières ébauches de l’artiste se proposera de lui ouvrir les portes de la connaissance picturale.

En somme, lui enseigner les règles fondamentales qui lui ont ensuite permis de consolider les œuvres naissantes tant dans l’usage de la couleur que des formes.

JARDIN SECRET

A l’art pictural s’ajoutera vite celui de la sculpture, une autre manière de d’exprimer.

Avec infiniment de modestie Michel Carrère-Bordehove consent à se livrer. La peinture c’est un peu son jardin secret, sa tour d’ivoire qui lui servent d’écrin et le protège d’une notoriété même modeste qui pourrait porter atteinte à une modestie bien tempérée :

« Mes peintures ne délivrent pas de messages. A présent et c’est un des secrets de l’abstraction, d’aucuns peuvent en découvrir comme ils découvrent d’ailleurs des formes et des personnages auxquelles je n’avais même pas songé. »

Une forte modestie qui n’atténue en rien ce besoin sinon cette volonté d’être un artiste porteur de message. Même s’il s’en défend. Tout simplement parce qu’un artiste, un écrivain, un musicien ou un chanteur ont un besoin viscéral d’exister.

Souvenons-nous des paroles de Luc Plamondon sur une musique de Charles Aznavour passée à la postérité du monde de la variété :

« Je voudrais être un artiste

Pour faire du laid, pour faire du beau

Pour pouvoir dire pourquoi j’existe. »

Je suis un admirateur de la peinture de David Hockney … plus de 80 ans … eh oui, et l’un des artistes peintres britanniques actuellement les mieux côtés sur le marché de l’art. Pour un peintre d’exception même s’il n’est pas le seul.

Il écrivait un jour et précisément à propos de l’art :

« Je suis très au courant de l’évolution de l’art depuis soixante-quinze ans. J’en ai tenu compte et je pense qu’à ma façon, j’ai essayé de l’assimiler à ma peinture. »

Bernard VADON

 

Il réside et travaille ses oeuvres à Igon, un petit village du Sud-Ouest de la France dans les Pyrénées Atlantiques.