MA MERE : CE DON DE DIEU !

Publié le 30 Mai 2021

Grand admirateur de l'exceptionnelle cantatrice Jessye Norman malheureusement enlevée à notre admiration sans cesse renouvelée tant en concert que dans ses enregistrements ne retire en rien - au contraire - au choix de la soprano Aïda Gariffulina à la tessiture certes différente mais tout aussi nuancée et chatoyante dans l'interprétation de cet Ave Maria de Schubert qui nous semble tout désigné pour ajouter à la dimension du mystère de la maternité.

Il est manifestement des fêtes singulières que d’aucuns revendiquent à des fins politiques, religieuses ou tout bonnement commerciales.

Honorer les mères fait aujourd’hui partie de de ces événements quasi incontournables.

Les États-Unis et son brassage de populations variées n’ont jamais été en reste.

Exit l’initiative de l’activiste Julia Ward Howe lancée en 1870.

Elle avait été avantageusement précédée par les grecs et le culte de Cybèle, la mère de Zeus dont la fête coïncidait avec le renouveau printanier.

Quant aux chrétiens, ils avaient choisi le quatrième dimanche de Carême – le dimanche de Laetare – pour invoquer en grégorien et au moment de l’introït, le lait maternel :

« Réjouis-toi, Jérusalem ! Et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez. Soyez dans le bonheur, réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse, vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous. »

Qu’importe en définitive si la loi du 24 mai 1950 instaura officiellement un hommage officiel aux mères françaises, il est autrement plus sympathique de souligner dans cette panoplie historique que c’est un modeste village de l’Isère, Artas, qui, en 1906, organisa un hommage en l’honneur des mères de familles nombreuses.

Damant en quelques sorte le pion au Maréchal Philippe Pétain qui, dans cette pseudo solennité, privilégiait plutôt, dans sa démarche à privilégier la natalité, le quantitatif sur le qualitatif. 

Manque émotionnel

Ce dénominateur commun de mère je ne peux en ce jour que le revendiquer, même si la nôtre nous a devancés pour cet ailleurs fait de questionnements divers.

J’avais encore tant de confidences à lui faire.

Quelle meilleure oreille pour ce faire que celle d’une mère !

Cette mère qui a souhaité à ma naissance me consacrer, le temps d’une vie, à la Vierge Marie dont la maternité « s’inscrit au nom même de l’incarnation, dans les normes de la maternité humaine », Marie musicalement et superbement célébrée de Gounod à Schubert en passant par Caccini. Notamment.

Alors, au jour de ce « manque » émotionnel, j’extrais (ci-dessous) d’un de mes recueils de poèmes ces quelques vers à ma mère, aux mères.

De Francis Poulenc sur des textes de Guillaume Apollinaire à Maurice Ravel – « Ma Mère l’Oye » personnage fictif mais nommément représentatif de la famille, une oeuvre tirée des contes de Charles Perrault – mais aussi, toujours de Guillaume Apollinaire , « Les Mamelles de Tirésias » sans oublier Natalie Dessay exprimant une mémorable colère maternelle dans sa remarquable interprétation de la Reine de la nuit dans la « Flûte enchantée » de W.A. Mozart, les références musicales sont innombrables.

 Quant à Alexandre Dumas-fils, dans « La vie à vingt ans »  paru en 1850, il estimait que l’enfant n'a pas de meilleure amie que sa mère. Du latin amicus de même sens, dérivé de amare autrement dit et tout simplement : aimer.

 
 

Une maternité qui s'inscrit, au nom même de l'incarnation, dans les normes de la maternité humaine.

MA MERE

"Le ciel entrecoupé

De brumes furtives

Appelle au souvenir

Qui ne peut revenir

 

Le temps repasse

Sur les grands espaces

Où j’attends tous les jours

Toi la mère, mon océan d’amour

 

Je t’aime, je t’aime, oh, je t’aime

Toi la mère, m mère, mon océan d’amour.

 

Là-bas, la ville blanche

Où je m’en vais

Pieds nus, le cœur

me raconte l’été

où j’ai tant espéré;

Et, si demain, Comme avant, doucement,

Tu prends ma main,

Je laisserai parler

Mon corps libéré.

 

Je t’aime, je t’aime, oh oui, je t’aime

Toi la mère, ma mère, mon océan d’amour.

 

Alors, j’effleurerai ta peau

Jusqu’à retrouver ces mots

Qui m’ont fait t’aimer.

 

Toi, la mère, ma mère, mon océan d’amour.

Je t’aime, je t’aime, oh oui, je t’aime."

 

« De vous à moi » Extrait du recueil de poèmes (Ed. AG Littérature)

Jusqu'où peut aller l'amour maternel ...

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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