ICEBERG EN « FUITE » : IL N’Y A PAS POUR AUTANT LE FEU AU LAC … MÊME SI LA VIGILANCE S’IMPOSE !

Publié le 5 Mars 2021

Février 2019 : la nouvelle tombe sur les réseaux sociaux : un iceberg pourrait se détacher de la barrière de glace de Brunt en Antarctique pour dériver du sud vers le nord. (Source Nasa Earth Observator)

Explication : la barrière de Brunt, en Antarctique, menaçait en effet de se rompre. La fissure en résultant se manifestant sur une plateforme de glace flottante de 150 m d'épaisseur prolongeant la calotte glaciaire dans l'océan. Lorsque la fissure découpera la calotte sur toute sa largeur, un iceberg de 1.700 km² risquera alors de s'en détacher précisait le Nasa Earth Observatory et se serait alors ,  pour la barrière de Brunt, le plus gros iceberg de son histoire depuis 1915.

Mars 2021 : quasiment deux années plus tard, nouvelle alerte :

Un  gigantesque iceberg de 1.270 km2 environ, soit approximativement la taille de l'agglomération parisienne, est en train de se détacher de la barrière de Brunt, la même plateforme de 150 mètres d'épaisseur, à proximité de la base Halley  en Antarctique et administrée par le British Antarctic Survey.

Et les communicants de préciser que les chercheurs surveillent attentivement  la faille à l'aide de matérielGPS et d’images satellites. Of course ! 

IMPRESSIONNANT

D’ailleurs, en 2016, en prévision de cet événement, la base Halley, actuellement fermée en raison de la période hivernale, avait été, par précaution, déplacée vers l'intérieur des terres afin d’éviter toute éventuelle catastrophe humaine. Les chercheurs n’en poursuivront pas moins leur mission d’observation afin de déterminer si l’iceberg  s'éloignera de la barrière de Brunt ou si, au contraire, il viendra s'y échouer, provoquant d’importants dommages à la plateforme.

Selon les scientifiques – notamment la glaciologue américaine Helen Amanda Fricker - l’événement fait partie du cycle normal des calottes glaciaires.

Baptisé D28, cet iceberg, à ce jour, s’est donc bien détaché de la barrière de glace d’Amery à l’Est du continent ; et selon les observations de deux satellites - européen et américain - Il mesurerait plus précisément 1.582 km2 pour une épaisseur de 210 m d’épaisseur et 315 milliards de tonnes de glace :

« Des chiffres qui peuvent sembler impressionnants mais il faut aussi savoir que la production d’icebergs fait partie du cycle normal des barrières de glace et sont le prolongement de la calotte glaciaire sur l’eau. Les barrières de glace doivent perdre de la masse car elles sont constamment en train d’en gagner. Il est donc important qu’elles gardent naturellement leur taille » explique Helen Amanda Fricker, professeure au Centre d’océanographie Scripps à l’Université de Californie San Diego.

« CE N’EST PAS DÛ AU CHANGEMENT CLIMATIQUE »

Toujours selon l’analyse de Helen Amanda Fricker, le gain de masse vient de la neige qui tombe sur le continent et les glaciers, ou rivières de glace, et qui avancent inexorablement vers les rivages. Il est donc crucial de ne pas oublier que l’Est de l’Antarctique est différent de celui de l’Ouest du continent et du Groenland. Ceux-ci, suite à la dynamique naturelle, se réchauffant à grande vitesse. Donc, halte aux « fake-news » qui pourraient en résulter   :

« Il est important d’éviter la confusion parmi le grand public et de bien comprendre que ce n’est pas le fait ou la conséquence du changement climatique qui motive cette situation. En effet, un iceberg trois fois plus grand s’était déjà détaché il y a deux ans en Antarctique et cela avait généré une certaine panique. Il est essentiel que la calotte glaciaire perde de sa masse, c’est normal. En réponse, il est important de comprendre que cet événement n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la résultante d’un changement climatique mais quelque chose de tout à fait naturel » conclut la glaciologue Helen Amanda Fricker.

Pour sa part, Jane Francis, directrice du British Antarctic Survey  (BAS) se veut rassurante :

« Nos équipes sont à pied d’œuvre et préparées depuis des années à ce qu’un iceberg se détache un jour de la plateforme de glace de Brunt. Elles surveille 24h sur 24h  la progression des failles grâce à un réseau automatisé d’instruments GPS de haute précision disposés autour de la station »

N’en déplaisent à ceux – pas toujours bien intentionnés et surtout soucieux de nous ficher la trouille  – qui mettent le changement climatique – ou dérèglement climatique - à toutes les sauces sans pour autant sous-estimer les graves perturbations ressenties sur toute la planète et leurs graves conséquences, le plus souvent, de certaines pollutions de l’air dans lesquelles les activités humaines ne sont pas étrangères. Un comportement qui doit aussi et en ce cas tenir compte de la révolution industrielle. A ce jour et en dépit d’une louable prise de conscience, trop d’États et autres citoyens du monde, les choses ne paraissent malheureusement pas prêtes de s’arranger.

D’autant que le phénomène peut aussi trouver son explication dans un processus intrinsèque de la Terre ou encore, suite à certaines influences extérieures naturelles, notamment les variations climatiques qui ne sont pas pour autant des sésames dans le but de faciliter la solution à l’ensemble de ces problèmes.

Point n’est besoin de remonter à la Préhistoire et à la paléoclimatologie ou mieux aux écrits des philosophes grecs de Théophraste à Platon et, en l’occurrence aux calendes grecques, pour se faire une raison de ne pas trop désespérer.

Certes, la détresse des ours blancs – par exemple – et tant d’autres espèces sans parler de la flore et des abeilles en particulier n’est pas pour autant un vain mot et secoue notre paresse intellectuelle sinon notre indigence mentale face à une situation dans laquelle nous ne pouvons pas, de manière indécente, rejeter en permanence notre pleine responsabilité.

Cela dit et le plus sérieusement du monde arrêtons de prôner -  pas si inconsciemment que cela - le détestable dicton :

 «Faites ce que je dis et non pas ce que je fais ! »

Le changement climatique est une indéniable évidence. Restons donc vigilants et allons au-delà des bonnes paroles gouvernementales mondiales.

Celles concernant aussi – comme si un mal ne venait pas seul - une pandémie galopante de plus en plus récurrente, dont on ne discerne pas les limites sinon les effets quotidiens d’une privation hallucinante et quasi dictatoriale de nos libertés qui affecte de plus en plus dangereusement notre mental et nous incite à espérer une meilleure visibilité sur nos lendemains.

Quelques utopistes se gaussent de ces exigences se retranchant à l’envi derrière le masque et la distanciation sans parler de l’ultime recours au vaccin dont on voudrait qu’il soit la véritable, sérieuse et définitive solution.

On peut encore rêver mais on sait par expérience que le retour aux réalités d’hier reste terriblement compliqué. 

René Char évoquait, en titre d’un de ses ouvrages, de « La chimère d’un âge perdu ».

Au premier degré, prions pour qu’il n’en soit ainsi et que demain soit véritablement un autre jour.

 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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