Seigneur, où es-tu ? A l’image d’une planète terrassée par la pandémie, Lourdes sinistrée a pieusement fêté la Vierge Marie

Publié le 9 Décembre 2020

 

Dans le péril, l’angoisse et le doute, pensez à Marie.

Ce dernier 8 décembre, les chrétiens, et singulièrement la communauté catholique, avec cette particularité  de l’Église orthodoxe n’adhérant pas comme les protestants d’ailleurs au principe du dogme de l’Immaculée Conception proclamé le 8 décembre 1854 par Pie IX, célébraient cette fête du précepte, identique aux célébrations dominicales où les fidèles sont invités à assister aux offices selon le rite romain et en respect du troisième des 5 commandements de l’Église.

A quelques kilomètres de la cité mariale de Lourdes, là, où la « Belle Dame »comme la nommait Bernadette Soubirous avant qu’elle ne révèle son identité divine « d’Immaculée Conception » ,  il y avait, en ce dernier mardi pluviaux - orageux de la deuxième semaine de l’Avent, comme un souffle étrange entre les sommets neigeux des Pyrénées et ce piémont traversé par l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, proche du site de Bétharram  (beau rameau en béarnais ) et de son spectaculaire chemin de croix en pleine rénovation où la vierge sauva, dit-on, des eaux du fleuve Gave une jeune fille qui s’y noyait en lui rendant un rameau.

Étrange atmosphère sinon une sensation d’irréalité à laquelle la pandémie actuelle particulièrement prégnante n’était pas étrangère.

Dans ce singulier contexte sociétal, la poésie de Théodore de Banville nous interpelle :

« Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux, mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux … »

IMPROBABLE

Mieux, comment ne pas en référer à la genèse, à Adam et Eve et à ce texte surprenant relatant la création du monde et l’action de Dieu parmi les hommes. 

Pourtant, demain ne peut qu’être autrement.

L’avènement d’un temps d’espérance alors que tout prête, à ce jour, à penser le contraire.

Célébration solennelle en la basilique Saint Pie X ...

L’incroyable et improbable annonce faite à Marie me semble essentielle et en même temps universelle quant à une sérénité souhaitée. Une histoire qui pourrait être banale si ce n’était …

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 

à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. 

L’ange entra chez elle et dit :

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » 

À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. 

L’ange lui dit alors :

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. 

Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; 

il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » 

Marie dit à l’ange :

 « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » 

L’ange lui répondit :

« L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. 

Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. 

Car rien n’est impossible à Dieu. » 

Marie dit alors :

« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors, l’ange la quitta.

 

Face à la grotte de Massabielle  et sur une esplanade désespérément vide, un tapis de roses blanches.

LES VENTS DES TENTATIONS

En ces temps d’incertitude que l’on souhaiterait autrement cléments et rassurants, assaillis par les doutes et taraudés par la question-clé lorsque nous nous sentons perdus : « Seigneur où es-tu ? », Saint Bernard de Clairvaux nous invite à « regarder l’étoile et à invoquer Marie :

« Lorsque vous assaillent les vents des tentations, lorsque vous voyez paraître les écueils du malheur, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes ballottés sur les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la calomnie, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, l’avarice, les séductions charnelles viennent secouer la légère embarcation de votre âme, levez les yeux vers Marie. Dans le péril, l’angoisse, le doute, pensez à Marie, invoquez Marie. Que son nom ne quitte ni vos lèvres ni vos cœurs ! Et pour obtenir son intercession, ne vous détournez pas de son exemple. En la suivant, vous ne vous égarerez pas. En la suppliant, vous ne connaîtrez pas le désespoir. En pensant à elle, vous éviterez toute erreur. Si elle vous soutient, vous ne sombrerez pas ; si elle vous protège, vous n’aurez rien à craindre ; sous sa conduite vous ignorerez la fatigue ; grâce à sa faveur, vous atteindrez le but. »

 

Bernard VADON

 



 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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