UNE CERTAINE IDÉE (PERDUE)  DE LA FRANCE  …

Publié le 10 Novembre 2020

Winston Churchill, dont la plupart des réparties sont passées à la postérité, se plaisait à dire qu’un homme politique grandissait pour devenir un homme d’État lorsqu’il cesse de penser à la prochaine élection pour penser à la prochaine génération.

Nos hommes politiques du moment se limiteraient plutôt à réfléchir au prochain trimestre qui pourrait, au pire, apporter son lot de dépôts de plaintes citoyennes que seule une succession de confinements permettrait d’éviter par épuisement des masses, ou, au mieux, par l’approche de nouvelles opportunités propres à diminuer plus encore la place du peuple dans le processus décisionnel. (sic) 
 

La Boisserie : hier un lieu de méditation et de ressourcement. Aujourd'hui, un sanctuaire. 
 

Plus concrètement,  ils n’hésitent pas à privilégier leurs petits intérêts immédiats et les petites manœuvres menant à l’acquisition d’une parcelle supplémentaire de pouvoir sur la population et sur les autres politiciens concurrents afin de mieux les écraser le moment venu.

Ainsi, ils pensent encore qu’on peut, sans réellement en subir personnellement les conséquences, mettre en faillite tout un pays, ruiner des centaines de milliers de commerçants, d’artisans, d’entrepreneurs et d’indépendants si, au bout, cela leur permet de décrocher la timbale républicaine. Of course, pour paraphraser les anglais.

Mais voilà, nous vivons une époque moderne, pour reprendre le titre d’une géniale émission signée Philippe Meyer et qui eut son temps de gloire sur France Inter, avec ses aléas de toutes sortes.

Charles de Gaulle et sa fille Anne : une affection sans limites.

Quant aux agités du bocal « macronien » ils sont légions et récemment encore sur les plateaux télévisuels le trentenaire de la bande auquel « le patron », sur proposition du sous patron du moment, a confié la délicate mission de succéder à l’inénarrable Sibeth Ndiaye, a relayé la bonne parole du clan. Une responsabilité qu’il a exercé à coups de « copier/coller »  et en la circonstance sur l’air de Machiavel qui estimait que gouverner c’est faire croire. Eh, oui !
Nous sommes en plein délire.

 

TOHU-BOHU

En fait, le confinement-bis tout aussi inopérant que le précédent inspire un constat d’échec en regard d’une gestion désastreuse de la pandémie.

Quant à la supposée deuxième vague et pourquoi pas dans l’attente de la troisième, si toutefois tel devait être le cas, elle aura confirmé un manque total de préparation et aucune amélioration des énormes problèmes de gestion de la bureaucratie hospitalière avec en prime aucun allègement des charges et des contraintes de tous ordres.

Vous avez dit gabegie ?
 

Yvonne et Charles : une tendre complicité.
 

Au-delà d’une suffisance affichée c’est donc un échec cuisant et le discrédit consommé au plus haut sommet de l’État.

Analyse laissant apparaître les contradictions nombreuses et diverses qui ont étayé un discours sanitaire dont il émane une incohérence manifeste et grave sans parler des interdiction et autres dérogations à l’emporte-pièces.

Dans ce tohu-bohu politico scientifique où le ministre chargé de la santé en est même arrivé publiquement à perdre son self-control de la façon la plus ridicule qui soit, je me suis surpris à rêver en ce  9 novembre 2020, jour anniversaire de la disparition du Général de Gaulle marquée par la diffusion – opportunité ou coïncidence - sur Antenne 2 d’une courte série consacrée au chef de la France Libre « L’éclat et le secret ».

En dépit de son incontestable talent – le général comédien, Samuel Labarthe, qui tenait ce rôle délicat ayant fait une bonne partie de ses classes sur les planches de la mémorable Comédie Française – la stature hors normes du modèle pouvait laisser planer quelques doutes quant à la prestation de son double. Finalement, il n’en fut rien sinon une certaine confusion aux premières minutes de la projection avant que la magie cinématographique ne fasse effet.

Une belle et parfois touchante reconstitution historique. Notamment dans les rapports entre Charles de Gaulle et sa fille Anne. Sans oublier une belle et forte complicité avec son épouse Yvonne de Gaulle campée toute en nuances par Constance Dollé.

Difficile de ne pas faire une projection édifiante sur les successeurs du fondateur de la Cinquième République. N’est-il pas tentant pour un fragile président du 21ème siècle de se glisser – enfin de tenter de se glisser – dans le costume trop ample de celui qui malgré tout reste une référence et une exception.

"La lettre d'Irlande" d'une gaulliste de la première heure, Françoise Parturier : "la solitude était ma tentation".

 

Au fond, cette programmation qui a mis singulièrement en évidence le monde d’hier et celui désespérant d’aujourd’hui n’est manifestement pas à l’avantage du premier ou en l’occurrence du dernier venu.

L’HOMME QUI AIMAIT LES ARBRES

Retour sur la matinale de France Inter où Arnaud de Montebourg l’invité de circonstance qui vient de commettre un ouvrage dont le titre « l’Engagement »semble être à son corps défendant d’ailleurs une fenêtre entre-ouverte sur des lendemains électoraux. L’ancien ministre protagoniste du « made in France » n’y est pas allé de main morte pour stigmatiser la politique de l’actuel chef de l’État. Sans s’approprier la comparaison entre l’exécutif du moment et son étrange ressemblance quant à son comportement rappelant celui du transformiste italien Leopoldo Fregoli célèbre par ses changements rapides de costumes.

La nostalgie d’une époque faste marquée en particulier par « les trente glorieuses » illustrées par le mythique tableau d’Eugène Delacroix intitulé « la liberté guidant le peuple » suite à la révolution de juillet 1830. Elle trouvera son pendant politique au lendemain de la deuxième guerre mondiale avec l’accession au commandes de l’État du général de Gaulle qui orchestrera avec brio une révolution industrielle, un cadre institutionnel renouvelé ainsi qu’un nouveau paradigme de politique économique sans oublier l’évolution des sociétés occidentales.

La dédicace du général à son compagnon et ami, Camille Rayon alias Archiduc. 

Quant à moi, à l’époque et en dépit de mon très jeune âge, bien après la libération, j’ai mystérieusement mémorisé l’instant privilégié, sur la place de la Poste à Antibes, où ma grand-mère, résistante discrète et courageuse que j’accompagnais à cette occasion fut présentée au général de Gaulle par son fils, mon oncle, le commandant Camille Rayon, alias Archiduc dans la Résistance qui anima plusieurs réseaux entre Londres et le Sud-Est de la France. Ce même compagnon du libérateur de la France Libre, lui aussi disparu, qui déclarait :

« La guerre est dégueulasse car il n’y a pas  de gagnants … rien que des ruines ! »

François René de Chateaubriand :  une musique commune à Malraux et à de Gaulle qui est chateaubriand.

Charles de Gaulle c’était aussi l’homme qui aimait les arbres pour l’énergie qu’ils transmettent et pour leur propension naturelle à prendre de la hauteur. Charles de Gaulle c’était également l’homme qui ne cachait pas son admiration pour Chateaubriand dont il partageait la philosophie notamment existentielle que l’on retrouve dans ce court  extrait des « Mémoires de Guerre » : 

« Dans le tumulte des hommes et des événement, la solitude était ma tentation. Maintenant, elle est mon amie. De quelle autre se contenter quand on a rencontré l’Histoire ? (…) Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, une source d’ardeurs nouvelles après que j’aurai disparu. A mesure que l’âge m’envahit la nature me devient plus proche. Chaque année, en quatre saisons qui sont autant de leçons, sa sagesse vient me consoler (…) Vieille France, accablée d’Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée, de siècle en siècle, par le génie du renouveau ! Vieil homme recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentir venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance. »

L'homme qui aimait les arbres ... pour l'énergie qu'ils dispensent et leur propension à prendre de la hauteur.

D’un côté, Charles de Gaulle témoignant d’une certaine idée de la France. Et malheureusement de l’autre, une France d’aujourd’hui qui a perdu ses repères et qui n’a pas compris que les ténèbres ne sont souvent qu’un passage obligé vers la lumière.

Et que sans Dieu, l’homme est misérable.

 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :