DANS LA SINISTROSE DE LA COVID 19 : LE TEMPS DE L’AVENT CHEZ LES CHRÉTIENS DOIT ÊTRE UN CHEMIN D’ESPÉRANCE

Publié le 30 Novembre 2020

 

Un geste simple, la première bougie du temps de l'Avent : une lumière éclairante plus qu'elle ne brûle ... pour paraphraser Saint-Bernard.

En ce dernier dimanche mettant en même temps un terme à l’année liturgique et ouvrant la période de l’Avent, préfigurant, chez les chrétiens, l’événement prochain de la Nativité, le Père Vincent Cabanac, membre de la Congrégation des assomptionnistes et conseiller national spirituel des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) invitait à méditer la Parole du jour sur le thème de la vigilance: 

 « Veillez donc car vous ne savez ni le jour, ni l’heure. »

S’entend, le retour au Père.

UN MODELE DE VIGILANCE

L’occasion pour celui qui remplit également les fonctions de directeur du Pèlerinage national de focaliser son propos sur la situation sociétale :

 « Dans le climat actuel, toujours confinés chez nous, nous éprouvons un sentiment diffus : l’obscurité semble dominer plus que la clarté. Et de nombreuses incertitudes nous inquiètent. »

L'intérieur de Notre-Dame de Paris après son incendie, le 15 avril 2019. N'en déplaise aux agnostiques et autres athées, une fois encore, elle ressuscitera au nom d'une question toujours d'actualité, Dieu et l'absolu. En tout cas, en ce jour funeste, l'illustration de la Croix glorieuse, mystère d'anéantissement et de victoire pascale ! 

 

Et de rappeler cette invitation à la « vigilance » lancée par le Pape François, soi-même, lors de l’Angélus du 3 décembre 2017 :

« La personne vigilante est celle qui accueille l’invitation à veiller, c’est-à-dire à ne pas se laisser accabler par le sommeil du découragement, du manque d’espérance, de la déception ; et, dans le même temps, qui repousse la sollicitation des nombreuses vanités dont le monde déborde ».

Le Père Cabanac poursuit :

« En ce temps de 2e vague épidémique, sous le poids de la fatigue, du fatalisme, de l’inactivité, nous pouvons nous assoupir, nous laisser aller, tomber dans le désespoir, voire la dépression.
Si nous éprouvons la solitude ou qu’il ne nous est pas possible d’échanger, de pratiquer notre foi en communauté, de la nourrir ou de la vivre par l’exercice du partage, si nous ressentons une profonde fatigue physique et spirituelle, à défaut de vivre notre foi de manière habituelle, prenons le temps de contempler et découvrir la Vierge Marie, comme un beau modèle de vigilance afin de nous relever. »
       

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Notre Dame de la Garde, figure emblématique de Marseille : "Ô Vierge de la Garde, ô ma mère du ciel " comme l'invoquent les marseillais.

Dans l’actuelle cacophonie gouvernementale et confrontés à cet entêtement singulier et au fond faussement raisonnable consistant, concrètement et de façon stupide, à soumettre l’Église à des règlementations incohérentes en totale inadéquation avec la réalité, le Père Cabanac qui assistait le frère Thierry Hubert, producteur du Jour du Seigneur – alors que cet office dominicale, si toutefois la situation sanitaire l’avait permis, devait se tenir à Notre Dame de la Garde, à Marseille -  nous suggère des pistes pour ne pas perdre l’espérance :

« Redécouvrons le sens d’un geste simple. Au début de notre célébration nous avons allumé la première des bougies de notre couronne d’Avent. Peut-être l’avez-vous fait chez vous ou votre curé, pour vous, dans votre église paroissiale, peut-être allumerez-vous un cierge devant une statue ou une icône de Marie, un lumignon dans votre espace de prière personnel ou familial. Cette lumière aussi faible soit-elle, vient éclairer notre nuit.
Qu’elle manifeste donc notre vigilance dans la prière, notre désir de demeurer prêt, notre espérance que l’obscurité ne domine ni notre cœur, ni notre esprit, ni notre vie. »

Dans l'enceinte des sanctuaires, face à la Grotte des Apparitions, l'église Sainte Bernadette inaugurée en 1988, : moderne, lumineuse et polyvalente avec une capacité d'accueil de 5000 fidèles dont 300 voiturettes pour les malades. Vous avez dit jauge sur la base de 30 personnes ? En quelques sorte, un simulacre de miracle à l'envers !

Le temps des palabres n’est cependant et malheureusement pas terminé. Les évêques ne décolèrent pas, et le président de la Conférence épiscopale à sa tête, font le siège des autorités gouvernementales.  La jauge, terme administratif pour quantifier le nombre de fidèles lors de chaque office, est d’une profonde imbécilité et témoigne d’une rare méconnaissance de ce qui motive le croyant. Ne parlons pas d’une mesure commune plaçant sous le même régime de capacité aussi bien la petite église de quartier ou de village que les cathédrales et autres basiliques. En quelque sorte, et au mépris de la surface du lieu de culte exit le trente et unième priant. Du grand n’importe quoi !

LE FRUIT DE LA VIE

Tout comme la ministre de la culture assumant sur le plateau dominical de France2 son agnosticisme au demeurant respectable mais qui, juchée sur un échafaudage surplombant la nef martyrisée de Notre Dame de Paris, avouait avoir versé une larme sur un édifice qui doit cependant et n’en déplaise à ses convictions, son existence à la foi des bâtisseurs de cathédrales. Et quelles cathédrales portant en royauté divine et au nom de cet absolu que votre incroyance rejette, une certaine Marie de Nazareth. Celle dont le Père Cabanat estime, je cite :

« Elle a été la mère qui a gardé en elle et autour d’elle cette lumière, cette aptitude à veiller et demeurer prête. Elle l’a dit à sa première rencontre avec l’ange : « qu’il me soit fait selon ta parole ».
Et ce fiat n’a jamais été démenti.

 

Effigie en pierre de taille, depuis des années elle veille sur notre maison : "Marie a cheminé non sans porter en elle le fruits de la vie et de l'amour."

Comme pour toutes les mères, l’attente fut celle d’une grossesse, temps d’espérance avant la naissance, temps des possibles mais aussi des incertitudes. Se confiant toute entière à Dieu après l’annonce de l’ange Gabriel, Marie a cheminé non sans porter en elle le fruit de la vie et de l’amour.
Et on imagine combien le Seigneur lui a donné de voir apparaître le signe de sa présence : par l’étoile dans la nuit à Bethléem, par le sourire de l’enfant, par ses paroles qu’elle gardait dans son cœur.
Ensuite, depuis les premiers temps de la mission de Jésus lors des noces de Cana durant lesquelles elle dira aux serviteurs “Faites tout ce qu’il vous dira”, jusqu’au pied de la Croix où elle se tiendra présente, elle nous communique toute sa foi vigilante. »

FRATELLI TUTTI

La preuve, s’il en est, que la foi ne renverse pas seulement les montagnes mais qu’elle peut aussi générer des joyaux. Notre Dame de Paris en est un magnifique exemple et ce n’est pas le seul.

Dans la séquence intitulée « La Parole Inattendue », qui  traditionnellement conclut, la messe télévisée, fut singulièrement  sinon opportunément donnée à l’islamologue franco-algérien Ghaleb Bencheikh. Elle fut le prétexte « inattendu » à illustrer l’universalité religieuse dans le contexte d’une société humaine actuellement affectée par un extrémisme tous azimut et en bute à cette question somme toute cruciale :

« Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir ? »

L’islamologue, par ailleurs président de la Fondation de l’Islam de France et producteur de l'émission "Questions d'Islam" d’affirmer alors et selon lui sa priorité :

« Témoigner de valeurs d’accueil, de générosité, d’ouverture et d’hospitalité, dont la bonté ; c’est ça, témoigner de sa foi, que l’on soit juif, chrétien ou musulman. »

Comme nous y invite, dans son encyclique sociale, le pape François : " Fratelli Tutti".

Bernard VADON
 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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