MARRAKECH LE MASSACRE DES CHIENS INNOCENTS ! « Il y a une récompense pour tout bien fait à tout être vivant » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

Publié le 13 Juillet 2020

 

Paraphraser l’un des plus effrayants scandales bibliques intervenu après la naissance du Christ – le massacre des saints innocents – n’est pas en l’occurrence (qu’on me pardonne) totalement …innocent.

L'une des plus belles et touchantes photos de ma collection personnelle. C'était il y a quelques années ...S.M. Mohammed VI n'était alors que prince héritier,  respectueux des animaux et principalement des chiens : une éthique définie par le Coran à laquelle le roi du Maroc est particulièrement sensible.

 

Mais venons-en au commencement :  

Place à l’Histoire :

On raconte qu’autrefois chez les berbères, les chiens étaient présents dans les villes et les campagnes. Ils étaient partout à vadrouiller pour sécuriser les villages et les maisons. Ils protégeaient le bétail en épaulant les bergers, disputaient les fauteurs de trouble et signalaient tous les dangers potentiels avant que les hommes ne les remarquent. Cela, c’était hier. 

Aujourd'hui, les chiens sont méprisés et diabolisés, en grande partie à cause des religieux islamistes qui pensent – ces êtres hystériques et pour la plupart incultes - que ces animaux repoussent les anges et de ce fait sont impurs. Du n’importe quoi. 

Des rafles sont cependant et régulièrement organisées pour purger les villes et les campagnes de toute présence canine non réglementée ou domestiquée. Comportement stupide et témoignant d’une rare barbarie.

Entre les outils de torture et les sinistres cages : l'instant de la honte et de l'horreur personnifié !

Pourtant – et nous ne sommes pas les derniers à nous en réjouir - malgré cet acharnement à vouloir les éradiquer, les villages les plus éloignés dans l'Atlas continuent de témoigner à Idann (le chien en langage berbère) un profond respect sinon une grande reconnaissance à ces animaux, car, sans eux, n'importe quel inconnu ou personne mal intentionnée peut sévir la nuit avant que les habitants ne puissent réagir. 

Ainsi, si le chien est aujourd'hui vu par certains hurluberlus comme un ennemi des anges, chez les berbères notamment, il est à juste titre considéré comme un ange, garantissant de sécurité dans le foyer et dans le quotidien des communautés publiques. 

Dans cette communauté, le chien est un véritable phénomène social : les enfants jouent avec lui et il n'est pas rare de voir certains chiens s’installer au pied d'une maison non pas pour être domestiqués, mais pour monter la garde par amour et loyauté. Ils repoussent, assure t-on, les sangliers et les voleurs, et sont les meilleurs amis de l'homme.

STUPÉFACTION ET HORREUR

Mon aÏeul, le général E.M Daumas, fin connaisseur des communautés arabes, et en l’occurrence berbères et kabiles dont il parlait couramment la langue, et sur lesquelles, lors de  ses missions,  il rédigea plus de onze ouvrages dont le fameux bréviaire équestre, une référence dans les milieux équestres : « Les chevaux du Sahara », considérait le chien à la manière de Victor Hugo qui écrivait :

« Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras affirmer qu’il n’a pas d’âme. » (cela pour rafraichir la conscience de certains religieux intégristes) 

Michel de Montaigne estimant pour sa part que l’amitié du chien est sans conteste plus vive et plus constante que celle de l’homme. Je cite.

L'approche avant le crochetage sans appel !

De quoi inspirer – si toutefois leur niveau de culture le leur permet -  le bataillon d’abrutis qui, ce dernier vendredi, aux premières heures de l’après-midi, face au Sofitel, en plein cœur du très chic quartier de l’Hivernage – plus remarquable par sa notoriété passée que par le spectacle désespérant d’un square aujourd’hui fâcheusement abandonné , négligé et flanqué d’une fontaine aussi sale que vide -  a courageusement – et sur quelle information imbécile – déclenché une réaction de stupéfaction ainsi qu’un fort sentiment d’horreur en malmenant sans pitié quelques six chiens « errants » - selon la formule – mais qui, pour les connaître depuis des mois en ce lieu, honorent la bonne réputation des braves chiens du bled si ce n’était parfois leurs aboiements qui n’ont d’égal que ceux de leurs congénères gardiens d’hôtels et de propriétés alentours.  

En ce vendredi « noir » (ainsi qualifié au nom du respect que nous portons aux animaux) nous avons été servis quant à un spectacle qui, incidemment, n’a pas échappé à cet enfant de quatre ans juché sur les épaules de son père passant inopinément par là et dont les hurlements de terreur ne s’ajoutaient qu’à ceux de ces pauvres chiens que ces sinistres exécuteurs avaient pris soin, au préalable mais sans y parvenir, d’endormir en leur distribuant des morceaux de poulet vraisemblablement imbibés de produit anesthésiant. 

Quid, à ce moment-là, des policiers commis depuis des lustres et 24h/24h à la surveillance du quartier….

STERILISATION

Armés d’outils adéquats, comme on en trouve dans toutes salles de torture dignes de cette appellation abjecte, le commando de sauvages s’est employé de façon minable, après les avoir brutalement molestés, à enfermer sans ménagement les chiens dans des cages pour un ultime voyage. D’autres opérations sporadiques dans le royaume en témoignant si l’on en croit – et nous les croyons – celles et ceux qui souvent avec l’énergie du désespoir et leurs moyens propres s’efforcent à trouver des solutions dignes et respectueuses.

Pourtant, et n’en déplaise à certains « enragés » qui mélangent tout à dessein morbide, le prophète intiment aux musulmans d’être bons pour tous les animaux « avec interdiction formelle de leur faire du mal ». 

Ainsi, l’islam a t-elle fixé des règles pour que le chien, en particulier, soit bien traité et à l’abri du froid : 

« La clémence doit rester la maître mot. » conseille le Prophète.  Ce qui en l’occurrence n’est pas gagné !

Certes, nous sommes à même de comprendre combien il est nécessaire de veiller à la régulation citadine de ces populations. Particulièrement animales et singulièrement canines. 

La stérilisation et la castration sont des méthodes humaines – entre autres - auquel il est impératif de recourir : 

« Il importe au nom du respect de la création de cesser les comportements proprement inhumains. » affirme encore le Prophète.

Loin, très loin des méthodes dignes et respectueuses ...

Une éthique définie par le Coran et à laquelle est par ailleurs très sensible le roi du Maroc.

« Ceux qui nuisent aux créatures d’Allah et que l’on nomme en islam « les corrupteurs » (comme ce fut le cas ce dernier vendredi à Marrakech mais aussi et récemment à Dar Bouazza, Témara et Mdiq ), qui parcourent la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail doivent savoir qu’Allah n’aime pas le désordre. » (Sourate 02 – Al-Baqara : la Vache. Verset 205.) 

Et cela, étrange et triste coïncidence historico-religieuse, en présence d’un matou, apeuré mais épargné, qui ne savait pas qu’il devait, à l’instar de ses congénères, sa protection séculaire au beau – même si on le dit légendaire – geste du prophète Mahomet ayant en son temps coupé le pan de son manteau sur lequel venait de mettre bas une chatte. 

Habitués du square cette chienne et son compagnon ne reviendront jamais en ce lieu maudit...  

En revanche, hors les haras royaux, nationaux ou privés, les chevaux et les ânes n’ont également pas la vie facile. Nous y reviendrons un jour. Seule la ville de Kénitra ferait exception à ces scandales grâce à quelques bonnes volontés soucieuses de se pencher sur la situation des chiens errants en particulier.  

TRISTES INFINIMENT TRISTES !

Pour ce qui est des chiens, j’ai noté, au hasard de mes lectures, cette autre et émouvante anecdote que l’on doit au Prophète :

« Alors qu’un homme cheminait, il fut pris d’une grande soif. Il trouva un puits dans lequel il descendit et but. Quand il en sortit, il vit un chien haletant qui mangeait de la boue sous l’effet de la soif. L’homme se dit : Ce chien est en proie à une soif semblable à celle que je viens d’éprouver il y a peu. » Il descendit alors dans le puits et remplit sa chaussure qu’il tint entre ses dents jusqu’à ce qu’il se hissât en dehors du puits. Ainsi, il donna à boire au chien. Dieu lui en fut reconnaissant de sorte qu’il lui pardonna et le fit entrer au paradis. » 

C'était aussi pour moi, comme pour le roi, il y a quelques années (eh, oui !) : "Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas dire qu'il n' a pas d'âme !"  estimait Victor Hugo.

 

Le soir, nous étions tristes. Infiniment tristes. Et la stridulation du grillon estival, telle un souffle d’air, ajoutait à ce sentiment de dégoût.

Ah, j’oubliais, le retour matinal, au lendemain de ces exécutions, d’un membre de la meute miraculeusement rescapé de la rafle et qui, durant quelques courtes minutes, après avoir vainement reniflé les lieux, a hurlé à la mort avant de s’en aller pour, je l’espère, ne plus revenir en ce lieu maudit. Poignant. Oui, poignant !

J’entends déjà les pisse-vinaigres de service me renvoyer sur d’autres terrains d’horreur. Notamment en France où nous combattons aussi et en particulier la vènerie encouragée, un comble, par la présidence de la République française et les immondes corridas – que notre nouveau ministre de la Justice défend sans vergogne – mais encore les lâches abandons, la chasse sauvage pratiquée sur certaines espèces protégées dont les loups et surtout les ours dans les Pyrénées. L’énumération n’est pas exhaustive mais soyez rassurés, nous assumons et condamnons énergiquement ces agissements dont nous ne sommes pas fiers.   

Je n’oublie pas, dans ce détestable et long registre, les manquements de trop de nations, sous le couvert de rituels ou de motifs culturels surannés, au respect des droits de l’animal. La Chine figurant en pole position. 

Je n’oublie pas ces horreurs et j’en fais repentance sans atténuer l’injustifiable cruauté de ces humains au nom de la fameuse et tolérante supplique du Christ sur la croix :

« Pardonnez-leur Mon Dieu car ils ne savent pas ce qu’ils font  ! » 

Malheureusement, pour moi, ils ne le savent que trop.

Au-delà des aboiements parfois gênants, les chiens des gardiens d’hôtels environnants et les responsables des vrombissements générés par les basses musicales des boites de nuit voisines, seront-ils à l’avenir invités à moins perturber le silence nocturne d’un quartier de Marrakech qui fut mythique et où nous résidons depuis suffisamment de temps pour y être viscéralement attachés et souffrir du peu d’attention qu’il serait en droit de voir se manifester  ?

On peut encore rêver !

Un chien du bled : un regard désarmant de tendresse qui en dit long sur ceux que l'on considère à juste titre comme les meilleurs amis de l'homme ... 

Retour au présent propos et quand même à ce beau Maroc : 

« ô Messager de Dieu, y a -t-il une récompense pour le bien que nous faisons aux animaux . »

Et le Prophète de répondre à la question par cette belle et précieuse affirmation :

« Il y a une récompense pour tout bien fait à tout être vivant » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

 

   Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :