LA PANDEMIE PASSÉE, LA SOCIÉTÉ EST-ELLE PRÊTE POUR « LE SAUT QUANTIQUE » ?

Publié le 30 Juin 2020

 

Jean Gayral : notre "réalité" ne s'arrêterait pas au monde physique.

 

Ingénieur et mathématicien de formation Jean Gayral a commencé sa carrière au CERN où, dans le cadre de ses travaux, il a découvert des convergences intéressantes entre la physique moderne et le mysticisme oriental en totale incompatibilité, précisons-le quand même, avec le ritualisme occidental. En clair et selon le chercheur, notre « réalité » ne s’arrêterait pas au monde physique. 

A l’institut américain Monroe (organisation de recherche et d’enseignement à but non lucratif soucieux de l’amélioration des usages et de la compréhension de la conscience humaine) Jean Gayral a étudié son moi intérieur et découvert que l’homme est en connexion avec le Tout. 

 

Au cours de sa carrière de consultant stratégique, il s’emploiera à conjuguer l’analyse systémique des situations complexes avec sa compréhension spirituelle des modes d’évolution. 
Ses expériences l’amèneront à la conviction que la société humaine ne pourra changer de paradigme (voir et vivre autrement) qu’avec l’expansion de conscience de chacun de nous et grâce à notre interrelation avec l’univers.

R.P. Pierre Teilhard de Chardin : la vision d'une humanité en voie de planétisation. 

 

RISQUES D’EFFONDREMENT

Lors d’une de ses récentes interventions et compte tenu de l’actuel contexte épidémique qui frappe cruellement et dangereusement la planète, il n’a pas manqué d’évoquer les risques d’effondrement qui menacent notre société.

Présentant les lois de l’Univers régissant tous les systèmes  (physiques, biologiques ou sociétaux) et comment évoluent, selon ces Lois universelles, les différentes sociétés humaines, Jean Gayral a posé la question de comprendre ce que sont les moteurs qui les font évoluer différemment et provoquent les crises, dérèglements et ruptures que l’on constate aujourd’hui. 

 

Albert Einstein : Dieu ne joue pas aux dès ...

 

Faisant référence à Albert Einstein, qui affirmait que « la solution aux problèmes actuels ne peut être trouvée au niveau de conscience qui les a créés », il a expliqué que c’est notre propre niveau de conscience qui conditionne la société dans laquelle nous vivons et qu’il nous appartient donc de tout mettre en œuvre, à notre niveau, pour élever notre conscience, changer nos habitudes et mieux impacter la société. 

Quelles sont les clés du changement de paradigme auquel nous participons sans toutefois que nous nous en rendions pleinement compte ; comment vaincre les résistances aux changements et maîtriser les interrelations qui procèdent de la propre évolution de notre esprit, de notre intellect et de notre vécu lequel détermine notre niveau de conscience jusqu’à l’interrelation entre nos valeurs, notre volonté et notre capacité d’action qui déterminent notre impact sur la société. Les questions restent posées. 

Pour Jean Gayral, tout changement de paradigme s’accompagne toujours d’une période de chaos et la durée et l’intensité du chaos qui surviendra immanquablement à l’issue de la pandémie dépendra de nous et de la manière dont cette épreuve nous aura fait évoluer : 

« Il nous faut donc donner l’exemple, entraîner le plus grand nombre à faire de même, et faire ainsi en sorte qu’une "masse critique" d’humains conscients se constitue rapidement et provoque, selon la Loi universelle d’évolution, le "saut quantique" qui réalisera le changement de paradigme de la société toute entière. » conseille le chercheur.

 

PROBABLE CORRÉLATION

Jean Gayral a également évoqué la probable corrélation entre le niveau de vibration de la planète et celui de l’humanité.

Déjà et dans le droit fil de Vladimir Vernadski - minéralogiste et chimiste russe, fondateur de la géochimie moderne et de la biochimie -  Pierre Teilhard de Chardin - prêtre jésuite français paléontologue,  théologien, philosophe et chercheur -  appelait la "Noosphère" la sphère de la pensée humaine. Un terme dérivé du grec noüs (ou l’esprit) et sphaira (ou sphère) par analogie lexicale avec « atmosphère » et « biosphère ». Ce néologisme – sphère de la pensée humaine - a été introduit en 1922 par Teilhard de Chardin dans sa « cosmogénèse ».

Dans la théorie originelle de Vladimir Vernadski, la noosphère est la troisième d'une succession de phases de développement de la Terre, après la géosphère(matière inanimée) et la biosphère (la vie biologique). Tout comme l'émergence de la vie a fondamentalement transformé la géosphère, l'émergence de la cognition humaine transforme fondamentalement la biosphère. 

Ernest Renan imagina, dès son époque, que l'union structurée de plusieurs organismes ou individus crée des sortes de consciences imbriquées et le mentionne d’ailleurs dans ses « Dialogues philosophiques ». 

 

Concrètement, la noosphère est la représentation d'une couche de faible épaisseur entourant la Terre (qu'on comparerait presque aujourd'hui à un biofilm) qui matérialiserait à la fois toutes les consciences de l'humanité et toutes ses capacités. 

Ce néologisme est en lui-même une proposition cosmologique, exprimant cette idée qu’une couche de pensée et de conscience, une « nappe pensante » envelopperait la surface de la Terre de la même façon que la biosphère.

Ce serait vraiment une nappe nouvelle, la « nappe pensante », qui, après avoir germé au Tertiaire finissant, s’étale, depuis lors, par-dessus le monde des Plantes et des Animaux hors et au-dessus de la Biosphère : une Noosphère. 

Teilhard de Chardin a développé sa vision d’une humanité en voie de « planétisation » (ce qui se rapprocherait du terme contemporain de « mondialisation », avec une connotation plus spirituelle). C'est la vision d'une humanité dont l’imaginaire, les pensées, les idées, les découvertes, en d'autres termes le psychisme ou la conscience, tissent progressivement une « noosphère » de plus en plus serrée et dense, génératrice de toujours plus de conscience de plus en plus solidaire et de plus en plus planétaire. 

 

CONSCIENCE COLLECTIVE

Par « noosphère » Teilhard désigne le milieu ou la dimension, de pensée et de conscience qui, depuis le début de la vie sur Terre, a progressivement évolué pour finir par envelopper et imprégner toute la biosphèreà la manière d’une autre atmosphère, faite cette fois non pas d’oxygène, mais de psychisme. Parce que l’humanité se multiplie et se répand sans cesse à la surface d’une terre limitée géographiquement, Teilhard voit les humains se resserrer les uns sur les autres et cette densification de l’humanité équivaut pour lui à une densification de la noosphère donc une intensification de la conscience. Cette densification progressive amène à un retournement sur elle-même de la conscience, phénomène que Teilhard appelle « le Réfléchi ». Il voyait l’humanité prendre progressivement conscience d’elle-même et de ses possibilités sur une terre rendue de plus en plus petite sous l’effet de la croissance d’une population humaine toujours plus serrée sur elle-même, donc plus « échauffée » psychiquement, donc plus consciente d’elle-même : vision prophétique de la mondialisation, qu’il appelle « planétisation ».

La noosphère se juxtapose à la lithosphère (la masse inerte) à la biosphère (la masse vivante) et à la sociosphère (ensemble des relations humaines et ou écologiques) et elle englobe l'ensemble de l'activité intellectuelle de la Terre : il s'agit d'une sorte de « conscience collective de l'humanité » qui regroupe toutes les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l'information.

Vladimir Vernadski : théorie originelle 

 

À partir du milieu du XXe siècle, les géographes commencent à considérer les éléments culturels et immatériels en plus des réalités matérielles :

 « Le plus grand événement dans l’histoire géographique de la Terre, ce n’est pas tel plissement de montagne, tel déplacement de mer, telle modification de climat, c’est l’apparition avec l’humain d’une sorte de sphère spéciale, plus extraordinaire que la pyrosphère, l’hydrosphère, l’atmosphère ou même la biosphère ; ce qu’on pourrait appeler la sphère pensante, que le R. P. Teilhard de Chardin a appelé la « noosphère », enveloppe immatérielle sans doute, qui cependant s’inscrit matériellement dans le paysage » écrit le géographe français Pierre Deffontaines.

Selon certains vulgarisateurs scientifiques le cerveau des humains fait partie de l’extelligence ainsi que l’ensemble des infrastructures de stockage créées par lui. En revanche, la noosphère est née grâce à la montée de conscience des individus au fur et à mesure de leur maturation, depuis l'apparition du vivant et jusqu'à nos jours. Sa manifestation la plus probante est la naissance d'organisations « humanisantes » telles que les lois, les notions d'éthique, la politique, la culture, les organisations humanitaires tout comme la multiplication dans l'histoire, d'inventions faites aux mêmes moments, mais à différents endroits.

L'impression d'être un individu unique provient du fait que les différentes parties du cerveau - et pas seulement bien sûr les hémisphères droit et gauche - communiquent souvent, rapidement et avec un fort débit d'information entre elles.

 

Auguste Comte : savoir pour prévoir ...

 

Que va-t-il se passer à mesure que cette fréquence, cette rapidité et ce débit augmentent aussi dans les échanges entre personnes, élevant ce que Paul Valéry nomme la « température intellectuelle » de l'esprit, telle qu'on peut la constater dans les grandes métropoles comme Le Caire ou Tōkyō ?

DIEU NE JOUE PAS AUX DÉS

Doit-on s'attendre à un changement qualitatif similaire au changement de phase des physiciens constaté quand, par exemple, une différence minime de température fait passer l'eau de l'état liquide à l'état vapeur ? 

Le R.P. Teilhard pensait que oui, et que les frontières du moi cessent à partir d'un certain débit d'échange de devenir aussi nettes. 

Le réputé jésuite va même - mais nous quittons ici, dans l'état actuel des connaissances, le domaine de la cybernétique - jusqu'à supposer que cette augmentation technique du couplage entre les individus s'accompagne d'une solidarité croissante de fait et que celle-ci possède des caractéristiques qui sont exactement celles de l’amour (cette hypothèse, manifestement inspirée par le dogme trinitaire n'est cependant pas indispensable à la compréhension du concept de noosphère.)

 

Teilhard de Chardin prédit ainsi une unification croissante des activités intellectuelles (voire « spirituelles ») de la planète, de même que les activités humaines se sont unifiées dans les cadres des sociétés et des civilisations, ou celle des cellules dans les organismes. Non pas relié à un théisme, comme pour Henri Laborit – chirurgien et neurobiologiste - dans « Dieu ne joue pas aux dés » (une citation, je crois, d’Albert Einstein) mais de façon purement technique parce que les gains d'efficacité y conduisent aussi sûrement que des questions de potentiel conduisent une réaction chimique à se produire ou des atomes de deutérium à fusionner si toutefois la température s'y prête. 

Sigmund Freud, avec son idée de sentiment océanique reprise par Romain Rolland et Henri Laborit avec son idée d'organisme étendu tout comme Richard Buckminster Fuller – écrivain et futuriste américain -  dans son ouvrage « No more secondhand God » trouvent un même point de convergence dans la noosphère. 

Le développement d’internet n’a fait qu’amplifier l’agitation intellectuelle et la notion de Dieu, solidaire de la nature, du philosophe néerlandais Baruch Spinoza.

Lors de la découverte de la rotondité de la Terre, au Moyen Age, le concept de « conscience collective globale », était déjà ressenti.

 

Ce que Teilhard de Chardin nomma noosphère à l'époque contemporaine. 

Dans son introduction à « La place de l'Homme dans la nature » de Pierre Teilhard de Chardin (considéré avant l’heure et entre autres futuristes comme un authentique penseur d’internet, sorte de nouveau système nerveux universel de la noosphère), le paléontologue Jean Piveteau écrit : 

« L’avènement de l’Homme marque un palier entièrement original, d’une importance égale à ce que fut l’apparition de la vie, et que l’on peut définir comme l’établissement sur la planète, d’une sphère pensante, surimposée à la biosphère, la noosphère. En elle, l’immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s’achever, en direction de l’organisation collective ou socialisation. »

A ce jour, personne ne sait exactement de quoi demain sera fait.

Le covid19 : trouble-fête et un coup fatal au volontarisme !

Entre le fatalisme d’ Œdipe et le volontarisme de Dostoïevski relayé par Jean-Paul Sartre lui aussi défenseur du volontarisme – si Dieu n’existe pas tout est permis – une autre carte reste à jouer.  Laquelle ?

Entre temps, le covid19 est venu jouer les trouble-fêtes et du même coup porter un coup fatal au volontarisme.

Pour paraphraser mon mystérieux et préféré correspondant H16, tout ceci semble avoir été pensé pour que soit fusillée dans l’œuf toute reprise d’activité économique, c’est-à-dire la remise en route de ce qui permet aux individus de se nourrir par leur travail et leurs productions de richesses en dehors des subsides de l’État avec en prime, un lot considérable d’idées loufoques condensées dans les discours d’une vacuité insolente de la petite élite bobo dégoulinante de « moraline » que les médias grand public et les rats bien connus des plateaux de télévision (suivez mon regard)  s’empresseront, comme à leur détestable habitude, de relayer « putassièrement » sans souci déontologique ou moral. 

A notre modeste niveau , le « Monde d’Après » se dessine déjà, sous nos yeux, et de façon fort prévisible, il est encore rempli de peur des lendemains, de mépris des laborieux, de cette haine de soi qui signe les fins douloureuses d’époques décadentes.  

C'est bien  (mentalement) reparti... comme avant ! 

A moins que la prédiction du R.P. Teilhard de Chardin quant au concept de  « conscience collective de l'humanité »  ne réduise au silence les partisans de la théorie du chaos apocalyptique. 
 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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