Sidération sur le plateau de télévision de BFMTV : le professeur Raoult violemment discrédité par son confrère Christophe Rapp.

Publié le 23 Mai 2020

 
Mais quelle mouche, l’autre soir sur le plateau de BFMTV, avait donc piqué le professeur Christophe Rapp -  spécialiste des maladies infectieuses et tropicales,  infectiologue à l'hôpital américain de Paris … et par ailleurs, médecin consultant pour la chaîne BFMTV – pour dresser soudain et à la stupéfaction des invités de Brice Toussaint un réquisitoire aussi féroce que sans pitié contre le professeur Didier Raoult qui n’avait même pas lieu de se défendre de ces accusations …  puisqu’il était absent du plateau. Appréciez la dérobade.

Courage fuyons !

Brice Toussaint et un autre de ses invités ont tenté de désamorcer la bombe en avançant l'argument difficilement réfutable des nombreuses guérisons.

 

Travelling arrière sur les souvenirs cinématographiques et notamment ce film réalisé dans les années 80 par Yves Robert avec des acteurs mythiques Catherine Deneuve et Jean Rochefort incarnant Martin Belhomme, un lâche de naissance détestable trait de caractère perpétré chez lui de génération en génération. Bref.

De Michel Simon à Depardieu en passant Fidel Castro !

Retour sur le plateau de la chaîne où animé de la volonté tenace de ternir coûte que coûte la réputation de son confrère le professeur Rapp n’y va pas de main morte contre Didier Raoult qui, notamment, aurait déclaré – non sans en fournir comme à son habitude une explication – qu’il y avait eu plus de victimes du Covid 19 à Paris qu’à Marseille où il officie non sans succès. Et cela, sur la foi d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux et sur laquelle, en sa qualité de Directeur général de l'IHU Méditerranée-Infection, basé à Marseille, Didier Raoult pointe du doigt la prise en charge des malades du Covid-19, qui selon lui, aurait été défaillante à Paris. Un point de vue comme d’autre d’autant que ce covid 19 aura généré bien des dérapages en tous genres. On nous promet de sanglants règlements de compte.

Mais comme on le sait : les absents ont toujours tort !

 

 Christophe Rapp : Quand le propos dérape et réduit la charge ... vitale du présumé adversaire !

Ce qui permet encore au docteur Rapp de reprocher à son éminent (en tout cas par le succès qu’il s’est taillé au plan des résultats obtenus) de faire du « populisme scientifique » suite à cette constatation :

"La mortalité de Paris est plus de cinq fois supérieure à celle de Marseille. [...] On voit que ce n'est pas parce que les gens étaient plus âgés, parce qu’il y a des jeunes qui sont morts en Île-de-France, et donc il y a une grande différence dans la prise en charge, ce qui doit amener à se poser des questions très sérieuses sur la gestion de l’épidémie dans cette partie de la France", selon le professeur Didier Raoult. 

Analyse sans concession devant un auditoire de débatteurs rompus à ce genre d’exercice mais soudain et curieusement atone. Et l’infectiologue d’en rajouter, de plus en plus remonté, une nouvelle couche (je cite) :

"C'est un épisode supplémentaire. Sur le plan scientifique ce n'est pas étayé, comme souvent on confond vitesse et précipitation. Je crois que là, il faudra débriefer à la fin, mais sur la forme on est quand même entre Michel Simon dans Boudu sauvé des eaux, Fidel Castro et Gérard Depardieu. Sur la forme, c'est du populisme scientifique qui surfe sur la peur de la population et la défiance face aux élites".

Liaisons dangereuses !

Brice Toussaint, le meneur de revue désigné,  et un autre de ses invités, tentent, en désespoir de cause, de désamorcer la bombe en avançant  l’argument irréfutable des nombreuses guérisons – dont de nombreuses personnalités qui ont souhaité se voir appliquer le protocole de Didier Raoult.

Pas le moins du monde BCBG ce professeur hors normes talentueux et pour ces raisons populaire.

Que n’avaient-ils osé ! Spectacle désolant.

Réponse narquoise du professeur Rapp :

« L’effet placébo, vous connaissez ? ».

 Mais là où le médecin consultant de la chaîne fait fort c’est lorsqu’il met en doute la légitimité de Didier Raoult quant à répondre à certaines interrogations :

"En tant que médecin, je trouve ça confus et pas du tout cohérent. J'ai deux enfants étudiants en médecine, ils sont atterrés de voir qu'on peut raconter des bêtises comme ça quand on est professeur de médecine. Je rappelle qu'il est microbiologiste et non pas infectiologue, alors il faudra arrêter de marquer infectiologue sur le bandeau, car on n'est que 80 professeurs de maladies infectieuses en France et ce n'est pas le même métier". (1)

Qui a parlé d’humilité ?

Sur le fond du sujet, Christophe Rapp insiste à nouveau sur l'importance de prendre ces données avec prudence alors que le professeur Raoult chaque jour de plus en plus vilipendé a toujours fait acte de pondération et de sang-froid dans ses exposés. Presque rassurant.

"Ce qu'il faut dire à la population, c'est que les chiffres ne sont pas consolidés, ce sont des études qui seront publiées ultérieurement. Ce qui est intéressant, c'est que ce n'a aucun lien avec les tests et avec les traitements. Il faut rester prudent, malheureusement l'humilité n'est pas la caractéristique de certains", estime Christophe Rapp.

Une considération qui ne justifie pas une mise à mort.

Et d'en remettre une dernière couche sur l'attitude de Didier Raoult. 

"On est un peu lassés de ça, on est au dé-confinement. Moi, je regrette que le ministère de la Recherche ne s'empare pas de ce genre de dossier, où on peut raconter des bêtises en permanence. Un grand médecin est fédérateur, partage avec ses collègues et peut orchestrer quelque chose. L'autre sujet, c'est les liaisons dangereuses qu'il entretient, il a effectivement le portable des grands de ce pays."

Finalement, qui et que croire ?

Parfois rapproché du héros du film 'The Big Lebowski" des frères Cohen plus par son look que par son mental, le professeur Didier Raoult s'est en quelques sorte vu adoubé par le président Macron. Certainement au grand dam de Big Pharma. 

 

Quant à la visite privée (pour une fois judicieuse) du président de la république à l’institut marseillais du professeur marseillais Didier Raoult,  elle n’est pas, mais pas du tout, du goût de l’infectiologue … parisien… 

Vous avez dit chapelle ou vile querelle de clochers ?

Et en toute dernière minute, le ministre de la santé, le docteur Olivier Véran (histoire de continuer à laver le linge sale en famille)  vient de diligenter une enquête expresse visant à enfoncer le clou quant à une chloroquine dont l’administration serait fatale.

Comme l’écrivait Eugène Ionesco, il y a des choses qui viennent à l’esprit même de ceux qui n’en ont pas !

Jusqu’aux journaux institutionnels de la place qui relayent, le doigt sur la couture du pantalon, en s’interrogeant sur les dangers de la Chloroquine et consorts. 

Si c’est exact, il serait temps, 80 ans après sa découverte, de se réveiller !

Manifestement, derrière ces polémiques minables, sur le thème sacré de la santé,  l’industrie pharmaceutique et autres laboratoires et instituts de recherches sont en embuscade tous comptes (en banque) ouverts.

A faire se retourner dans sa tombe le malheureux Hippocrate de Cos et jeter son serment aux orties.

Quant à nous, puisque l’actualité nous y invite, il  serait bien - qu’on me pardonne ma fibre spirituelle – qu’en ces temps de fête de l’Ascension certains acteurs de ces pièces tragi-comiques ne montent pas mais de préférence descendent du ciel sinon de leur trône artificiel et reçoivent – Pentecôte oblige  - un soupçon d’Esprit Saint dont Saint Bernard assurait « qu’il est le baiser de Dieu ! »

Bernard Vadon

  1. infectiologue et professeur de microbiologie français. Il est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille et à l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU). Lauréat du grand prix de l'Inserm en 2010, il décrit, avec son équipe marseillaise, des virus complexes. Il est l'un des chercheurs français les plus cités, avec de nombreuses publications scientifiques à son actif. Connu pour son franc-parler et ses prises de position iconoclastes. Sous ses airs de troubadour revenu de Woodstock en combi Volkswagen, se cache pourtant l’un des meilleurs scientifiques français et l’un des chercheurs les plus cités au monde. Révélé au grand public par ses chroniques dans « Le Point » et quelques livres à succès, le professeur Didier Raoult est avant tout un infectiologue et un virologue de réputation internationale.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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