EN ECOUTANT LE PROFESSEUR DIDIER RAOULT …

Publié le 2 Mai 2020

 

Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir, notait Henri Poincaré dans son livre : « La Science et l’hypothèse »

Comme bon nombre de mes compatriotes et sans aucun doute autant de téléspectateurs, hors nos frontières, je n’ai pas voulu manquer le rendez-vous proposé, récemment sur les antennes d’une chaîne de télévision française, à l’une des personnalités actuellement et contre son gré les plus médiatisées, le professeur Didier Raoult soi-même.

En 2003, Didier Raoult avait rédigé, à la demande du gouvernement, un rapport sur le bio- terrorisme et les risques épidémiologiques ... s'inquiétant déjà de l'impréparation du système français en cas de pandémie !

 

Un scientifique notoire – mondialement reconnu et récompensé par ses recherches - autant courtisé qu’il n’est critiqué et souvent par des homologues dont on ne comprend d’ailleurs pas toujours les raisons profondes et sérieuses motivant ce rejet.

MAGIE

Le décor : un bureau des plus ordinaires qu’aurait pu revendiquer n’importe quel universitaire lambda et face au professeur, une journaliste inconfortablement calée sur une chaise posée là pour la circonstance.

Quelques secondes d’ambiance tendue faisant suite à une sorte de documentaire médiocre par son peu d’intérêt sinon quelques interventions manifestement dirigées pour discréditer l’invité et l’interview à visage caché d’une collaboratrice déçue qui à terme incitera Didier Raoult à minimiser des critiques formulées par le plus petit dénominateur commun. Autant dire, circulez, il n‘y a rien à voir.

Place à l’interview et soudain la magie s’opère face à une journaliste vraisemblablement prête à en découdre et le professeur remarquable de sérénité et de confiance en lui ne se démarquant jamais de sa sympathique bonhommie. Didier Raoult c’est l’anti-peur entretenue par les gouvernants relayés par les médias. Avec pour ne pas oublier ce problème certes grave, un listing télévisuel mortifère quotidien.  

On comprend mieux au fil des minutes – l’entretien durera une heure – l’aura populaire de celui qui au fil des questions ne sera jamais mis en difficulté. 

Qui a parlé à son sujet de suffisance ?

Pas question cependant de le faire déroger de ses principes et de sa philosophie. Confiant dans le protocole qu’il propose à base de la Chloroquine, il estime que l’urgence de la situation privilégiait le traitement sur d’éventuels essais cliniques et l’attente d’un vaccin adéquat. Faire aussi comprendre que demain, en médecine, le préventif doit prendre l’avantage sur le curatif. 

ROCAMBOLESQUE

 Au Maroc notamment il a été salué pour sa stratégie et son efficacité dans l’approche du traitement de la pandémie grâce à l’introduction de la Chloroquine et de l’hydroxychoroquine dans la prise en charge thérapeutique des cas confirmés de Covid-19. 

Une mesure approuvée par le comité scientifique mis en place par le ministère marocain de la Santé sous l’autorité du roi Mohammed VI et après avoir été confirmée dans une circulaire signée par Khalid Ait Taleb, le ministre de la Santé.

Le prince héritier Moulay Hassan en compagnie de son père : manifestement à l'écoute 

 

Une série d'actions ont suivi, du port généralisé du masque au confinement, en passant par la fermeture des frontières et l’interdiction de tous rassemblements jusqu’à la fermeture courageuse des mosquées à la veille du ramadan.  

Le coup de chapeau inhabituel du journal satirique français « Le Canard Enchaîné » sans parler de l’intervention flatteuse  d’un parlementaire à l’assemblée nationale ont accrédité s'il était nécessaire ces décisions importantes.

 

 

On est loin des tergiversations de la gouvernance française, sa gestion désordonnée et souvent irrationnelle dans cette épreuve sanitaire. Le rocambolesque épisode des masques n’est pas le moins invraisemblable de l’action spécifiquement politique à laquelle le professeur Didier Raoult refuse de participer :

« Je suis et je reste un scientifique ne mélangeons pas les genres. » affirme t-il en substance.

« JE M’EN FICHE ! »

Comme si sa notoriété pouvait constituer un blanc-seing pour prétendre à quelques responsabilités que ce soit.

 Pourtant auréolé d’honneurs et de récompenses de toutes sortes, alors même qu’il siégeait au conseil scientifique grand ordonnateur de nos destinées sanitaires, il a un beau matin tiré sa révérence parce qu’il se fait une certaine idée de ses compétences et surtout de sa mission. Au risque de s’attirer critiques et moqueries de tous bords. 

Mais ce n’est finalement pas connaître ce célèbre marseillais - il n'a pas dix sans lorsque sa famille s'installe à Marseille alors que son coeur est resté à Dakar où il est né -  doté d'un rare self-control. D'ailleurs, lorsqu’on lui pose la question de savoir s’il est conscient de la réputation sulfureuse qu’on lui fait, la réponse est sans détour :

« Je m’en fiche ! »

Le même sentiment se manifeste à chacune de ses sorties percutantes – scandaleuses pour certains - sur la pandémie.

Ce qui ne l’empêche pas, malicieusement, car l’homme ne se prend jamais au sérieu et ne manque pas d'humour,  de faire remarquer que l’ancienne ministre de la santé aurait conseillé à l’un de ses amis infecté d’opter pour le protocole Raoult.

Placide à souhait Didier Raoult continue de caresser négligemment  sa barbe – sur laquelle comme pour rompre le sérieux de l’interview la journaliste le questionne - :

« Vous savez c’est un peu comme pour vous mesdames, c’est une façon de cacher mes rides et puis ma femme aime ça tout comme mes cheveux longs. »  

Sourires entendus sur le plateau jusqu’à l’évocation de cette bague tête de mort très rockers qu’il porte à l’auriculaire : 

« La tête de mort, c’est tout un symbole et surtout cette référence à la vanité humaine. »susurre t-il  

 UNE CERTAINE IDEE DE LA FRANCE

Jusqu’à ce moment de patriotisme émouvant lorsqu’on lui parle de son pays, la France.  Soudain,  Il y a, sous-jacent, comme du De Gaulle dans sa réponse.

Souvenons-nous de celui qui confessait  une «  certaine idée de la France » :

Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison ...

 

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France… Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur. »

 

De quoi rassurer mes amis marocains fervents admirateurs de notre pays pour une multitude de raisons  et que notre politique actuelle, en particulier dans cette triste affaire de Covid19, rend quelque peu amers. Heureusement, il y a encore des gens comme Didier Raoult, nous font-ils timidement remarquer. 

Cet irrésistible professeur qui le jour – nous espérons lointain – où il abandonnera sa chère et surtout à Marseille sa remarquable réalisation de l’IHU Méditerranée – méritera en apothéose de sa révérence  professionnelle d’écouter la belle chanson écrite par Vline Buggy et Hugues Aufray sur une musique de Jean-Pierre Bourtayre et qui, sur nos bancs d’école nous a émus aux larmes :

« Adieu Monsieur le professeur, on ne vous oubliera  jamais. »

« IMAGINE »

Ici même,  il y a quelques jours, à la surprise générale, dans ce même et simple bureau,  le Président de la République est venu rencontrer le  fascinant et surprenant professeur. Je serais tenté d’ajouter l’attachant tant le personnage est chaleureux. 

Didier Raoult fut tout naturellement honoré par cette visite mais pas pour autant émotionné :

« Il a écouté et a été intéressé par nos travaux et nos résultats. » a t-il confié sans forfanterie.

La visite surprise du présidente de la république  ...

 

Théâtralement parlant, cela c’était côté jardin. 

Côté cour, nous eussions préféré que la rencontre fut suivie d’effet quant à la reconnaissance puis à l’application d’un protocole dans des conditions aussi draconiennes que spécifiques comme le fait d’ailleurs Didier Raoult et ses collaborateurs à l’IHU sur la base d’un produit bon marché qui a fait ses preuves depuis des décennies. 

Tout pour déplaire aux tenants et autres défenseurs (ou profiteurs) d’une industrie pharmaceutique particulièrement cupide qui a flairé l’odeur du gâteau.

De quoi s’attirer les foudres de Big Pharma !

Mais après tout, tant pis.

Cela me fait penser tout simplement à la belle chanson de John Lennon « Imagine » :

Une des dernières photographies de John Lennon.

 

« Imagine aucune possession 

Je me demande si tu peux

Aucun besoin d’avidité ou de faim,

Une fraternité humaine,

Imagine tous les gens ,

Partageant tout le monde »

 

Bernard VADON     

    

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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