COVID 19 : L’URGENCE OU LE TEMPS DU DÉSESPOIR !

Publié le 7 Mai 2020

Si l’on en croit M. Édouard Philippe, le Premier ministre français, oiseau de mauvaise augure s’il en est, il se profilerait, dans les semaines à venir, un risque sérieux de seconde vague du Covid 19 potentiellement plus meurtrière que la première (sic) 

Le risque d’une seconde vague, qui viendrait frapper un tissu hospitalier fragilisé, qui imposerait un re-confinement, qui ruinerait les efforts et les sacrifices consentis […], est un risque sérieux”. »  a t-il déclaré.

Un sympathique et encourageant présage évoqué lors de la présentation du plan de dé-confinement applicable le 11 mai prochain.

La deuxième vague, c'est de la science fiction ...

 

Dans la foulée, le talentueux et génial Professeur Didier Raoult qui, en dépit de ses immenses qualités est chaque jour dénigré au nom d’un politiquement correct à mourir de rire si ce n’était cette pandémie, affirme : 

La deuxième vague, c’est de la science-fiction ! ”.

Une opinion toute en nuances et assortie d’explications cohérentes comme il le fait en permanence lorsqu’on l’interroge sur un sujet dans l’étude duquel il reste un exceptionnel spécialiste mondialement reconnu. Pratiquant un art consommé de l’explication avec cette bonhommie qui tranche singulièrement avec les scénarii catastrophes dont on nous gratifie au quotidien, le professeur marseillais nous rassure. Et par les temps qui courent nous en avons bien besoin.

Quant aux témoignages confirmant, en France comme à l’étranger, les taux de réussite lors de l’application du protocole du professeur Raoult, on ne les compte plus tant ils sont nombreux. Jusqu’aux marocains dont on vante, à  l’international et à juste titre la gestion de la crise, qui ont acheté le stock de chloroquine de la société Sanofi à Casablanca pour la distribuer gratuitement dans les hôpitaux du Royaume  

Trouver un vaccin, c’est bien mais traiter dans l’urgence et efficacement c’est encore mieux.  

LA VÉRITÉ SACRIFIÉE

Mais que penser de toutes ces divergences au sein de la communauté scientifique ?

J’ai personnellement mon idée sur la question mais dans les courriels que je reçois au quotidien, l’analyse de la philosophe et politologue (elle se reconnaissait plutôt dans l’analyse de la théorie politique)  aujourd’hui disparue, Hannah Arendtrescapée du nazisme et spécialiste des systèmes totalitaires connue pour ses travaux sur la modernité et la philosophie de l’histoire, répond  sans atermoiements à la question de savoir comment la vérité est sacrifiée. 

Accrochez-vous bien dans ce flash-back historique :

Selon Hannah Arendt, les régimes totalitaires prennent un pouvoir total sur les individus en les inondant d’informations contradictoires jusqu’à ce qu’ils n’aient plus aucun moyen de savoir où se trouve la vérité.

Hannah Arendt : le pouvoir total des régimes totalitaires.

 

Pour preuves, sous Hitler et sous Staline, le citoyen ne savait jamais à quelle sauce il allait être mangé car la propagande gouvernementale ne consistait pas simplement à mentir aux citoyens en leur racontant d'énormes "bobards" qui auraient pu facilement être dénoncés. Non, c’était beaucoup plus subtil et vicieux, et à terme plus efficace. 

Explications de la philosophe :

« Pour empêcher véritablement tout débat, pour obtenir des citoyens qu’ils se découragent totalement, qu’ils cessent d’essayer de comprendre,  de penser, et qu’ils perdent donc tout moyen d’agir et de résister, les médias d’État les plaçaient sous un déluge continu d’informations contradictoires, mêlant le vrai et le faux jusqu’à ce que plus aucune personne ne puisse savoir de bonne foi ce qu’il fallait en penser. Florilège dans ce sinistre pensum : de nous gagnons la guerre à nous la perdrons en passant par les rations vont être augmentées ou vont être diminuées ; ou encore, l’économie est en croissance il va falloir travailler et  vous pourrez sortir sans autorisation mais les contrôles vont être renforcés !” 

Bref, manifestement, un art consommé du chaud et du froid.

SCIENCE-FICTION

Mais cette diabolique stratégie ne s’arrêtait pas là : 

Pour ajouter à la confusion, les autorités ne parlaient plus d’une seule voix, mais au contraire via une multitude de porte-paroles dont il était impossible de savoir lequel portait la véritable parole de l’État.

Vous me suivez toujours ? 

Car, aujourd’hui et sans faire de science-fiction, il suffit tout bonnement de vivre  l’actualité au quotidien.

Autant pour la confusion inconsciemment entretenue par tous ceux qui sont chargés ou se croient chargés de véhiculer ces pseudos informations : des journalistes aux blogueurs en tous genres et la foultitude des penseurs de pacotille, aboyeurs et râleurs  véhiculés par les réseaux sociaux notamment en passant par le plus banal des « on dit » : le voisinage. Peut-être le pire ennemi dans cette entreprise de lavage de cerveau.

Jean Gabin, une figure de légende et un refrain mythique ...

 

Dans cette abominable gabegie il est peut-être encore temps de fredonner « But Now I Know » de Harry Philip Green (en français « Maintenant je sais) , immortalisée par Jean Gabin et d’échapper à  cette logique de la communication gouvernementale qui propage et entretient la confusion et les contradictions.

Bien malin toutefois celui qui parviendra à différencier le faux du vrai.

Démonstration :

Lorsque le Président de la république française annonce le dé-confinement à partir du 11 mai, son Premier ministre, étrangement, explique que le dé-confinement ne touchera que certaines personnes dans certaines zones. Puis au même moment, le président du conseil scientifique Covid-19, principal conseiller de l’Élysée, affirme que les personnes âgées resteront confinées jusqu’à la fin de l’année. Information démentie, sur le champ , par le Ministre de l’Intérieur. Puis la farce – genre théâtral de circonstance privilégiant le grotesque et la bouffonnerie  -  se poursuit avec l’entrée en scène de la comique de service, la bien nommée Sibeth, porte-parole du gouvernement, annonçant sans ciller que :

 « Bien que le dé-confinement commence le 11 mai, mieux vaut prévoir ne pas partir en vacances en août ! » 

Ce qui est pour le moins contradictoire ! 

Et pour noyer plus encore le poisson, une virologue experte, une certaine Anne Goffard, commise devant les micros de France-Inter (où, précisons-le quand même, le professeur Raoult n’est pas spécialement en odeur de sainteté) révèle le plus sérieusement du monde  que plusieurs études de modélisation dans différents pays concluent (sic) à une deuxième vague épidémique très probable au plus tôt fin août, à moins que ce ne soit en octobre ou en novembre. 

Pour citer Didier Raoult, on nage en plein délire !

 Alors que dans le même temps sur le plateau d’une chaîne de télévision deux de ses confrères rejetaient cette sombre probabilité de deuxième vague du Covid19.    

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ... 

 

CONFUSION

Ce qui se conçoit bien s’énonçant clairement, la formule de Nicolas Boileau que par ailleurs je prends toujours un malin plaisir à citer, ne semble pas être très prisée par nos gouvernants et autres serviteurs du régime actuel. Ce qui permettrait peut-être et à fortiori de décrypter la pensée « macroniste »  consistant à comprendre que le dé-confinement n'est que partiel et sera probablement suivi d'un re-confinement ce qui amène automatiquement la question de savoir pourquoi on dé-confine si c'est pour préparer une seconde catastrophe. Vous avez dit confusion ?

Et mon informateur d’en rajouter une couche pour me persuader de cette situation pour le moins ubuesque :

« Ainsi, de son côté, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer annonce la réouverture de toutes les écoles dans toutes les zones, en précisant toutefois que les enfants étant probablement des vecteurs potentiels du virus, il conviendra sans doute de fermer les collèges, les lycées et l’enseignement supérieur. »

La ministre du travail, Muriel Pénicaud, s’exprimant sur France-Info, considère quant à elle comme  raisonnable de dire qu’un télétravail massif aura lieu au moins jusqu’à l’été. 

Ce qui, quasi systématiquement et tant qu’à faire, achève de rendre caduque (à priori)  l’annonce d’un dé-confinement le 11 mai !

Référence enfin à la publication d’une carte en trois jolies couleurs dont on nous explique qu’elle pourra servir, ou non, à définir des dates différentes d’ouverture des différents secteurs de l’économie ;  mais aussi aux annonces contradictoires des bienfaits du confinement, des masques, des tests de dépistage sans oublier l’affaire de la chloroquine et, cerise sur ce gâteau empoisonné, la foire d’empoigne avec des experts tout aussi incontestables les uns que les autres et qui se prononcent en faveur ou en opposition totale au traitement de Didier Raoult ; pour enfin conclure sur le fait que les enfants et les jeunes sont susceptibles d’être les victimes de la maladie ou au contraire d’en être protégés. On siffle la fin de la partie ?

En tout cas le diagnostic de mon correspondant est sans appel :

Si à ce stade de cet exposé vous êtes la proie de soudaines et violentes névralgies ainsi que d’une irrépressible envie de vous évader, c’est exactement l’effet recherché par les autorités des pays totalitaires lorsqu’ils assomment leurs citoyens sous un déluge d’informations de contre-informations et de ré-informations.

De fait, les réseaux de résistance se diviseront,  les citoyens se décourageront, la critique sera obsolète alors que l’action, la réaction et la révolte perdront leur sens.

Conclusion :

Comme il n’y a plus de vérité, il n’y a plus de réalité. Rien n’a de sens. On peut penser tout et son contraire. Exit l’expérience des siècles passés :

Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut pas se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et, avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez”, conclut Hannah Arendt.

Bernard VADON