COVID 19 - Elizabeth II d’Angleterre  : Royale et exemplaire !

Publié le 8 Avril 2020

L’essentiel de son discours était profondément imprégné de la gravité de la situation

L’essentiel de son discours était profondément imprégné de la gravité de la situation

 

Entre le fantasque président américain et bien d’autres gouvernants des États de la planète, pour la plupart guère plus convaincants, notre inclassable et incalculable  président français se révèle dans sa fonction comme un grand spécialiste de l’oxymore, cette figure de style – par extension, je vous rassure, et seulement pour respecter l’art de la rhétorique – consistant, dans la réalité, à se complaire selon la formule employée par Pierre Corneille, tel une « obscure clarté ».  

Cette expression pouvant être retranscrite en langage politique sous le terme d’antilogie ou antithèse poussée jusqu’à l’absurde.

Comme l’écrit James Joyce sans éviter le pléonasme : 

« S’élancer en avant derrière la musique. »

Ou encore :

« Le silencieux tintement de clochettes » relevé chez Alain Robbe-Grillet.

En plus explicite :  unir ce que la réalité logique oppose.

 

INATTENDUE

Dans l’actuelle gabegie politico-imbécile et ce chaos incroyablement inquiétant perpétré par le corona virus hier encore inconnu au bataillon des tueurs de l’ombre et qui s’en donne à cœur joie, depuis des semaines, semant la terreur au sein de tous les peuples de la terre sans distinction de races ou de position sociale, il n’est pas un chef d’État qui n’y aille longuement et platement de son discours de circonstance.

Jusqu’à ce dernier dimanche 5 avril où la reine d’Angleterre Élisabeth II s’est exceptionnellement manifestée. La gravité du moment n’y est pas étrangère.

Et en l’occurrence, pour la cinquième fois au cours d’un règne de près de 70 ans : en 1991, lors de la guerre du Golfe puis en 1997, pour les funérailles de la princesse Diana ; en 2002,  après le décès de la Reine Mère et enfin, en 2012, pour fêter le soixantième anniversaire de son évènement.

Une intervention aussi inattendue que royale dans la forme et sur le fond pour la souveraine officielle de quinze royaumes, membres du Commonwealth et que l’on dit, avec le pape, la mieux informée des affaires du monde. Les deux se rejoignant dans leur vision singulière du monde.

Sa formule :  le temps efface tout, consolide le prestige et finit toujours par  forcer le respect.

Churchill ne disait-il pas malicieusement que si un Premier Ministre aux ordres de Sa Majesté gagne une bataille en revanche une victoire lors d’une guerre revient à la royauté.

 

UN TEMPS DE DISRUPTION

Un discours dont la brièveté – moins de quatre minutes -  ajoutait à l’intensité dans le décor approprié pour la circonstance de la salle « White Drawing Room » du Château familial de Windsor.  Un texte particulièrement dense que l’on sentait nourri d’une forte et rare expérience. Avec une reconnaissance appuyée envers les soignants ainsi qu’une touchante compassion témoignée aux victimes de tous âges et de toutes conditions. La Reine participa en qualité d’ambulancière lors de la deuxième guerre mondiale et à ce titre se distingue par rapport à bien d’autres. A ce titre, elle connait surtout le poids terrible de la souffrance.  

Manifestement, un grand moment d’humanité et de lucidité exprimé par une femme responsable, à la veille de ses 95 ans !

Un vibrant appel à la responsabilité mais aussi à la réflexion quant à un monde qui semble avoir perdu ses codes que l’on peut encore retrouver par la méditation, pour les uns et la prière pour les autres.    

Un discours marqué du respect de l’universalité lorsqu’il s’agit de combattre l’adversité sans pour autant perdre de vue la fracture résultant du bouleversement faisant suite à l’émergence brutale du Covid 19 :

 "Voilà venu un temps de disruption dans notre pays qui fait entrer la peine chez certains, des difficultés financières pour beaucoup, et d'immenses changements dans le quotidien de tous"

"J'espère que dans les années à venir tout le monde pourra être fier de la façon dont nous avons répondu au défi qui nous a été lancé et que ceux qui viendront après nous diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres. Et que l'autodiscipline, un sens de l'humour à toute épreuve et la camaraderie caractérisent toujours ce pays." a également déclaré la Reine Élisabeth dont l’essentiel de ce discours était profondément imprégné de la gravité de la situation et qui au-delà de son implication britannique entrera, comme les précédents, dans la grande Histoire.

Quant à ses autres partenaires chefs d’État, ils devraient y trouver une bonne et saine inspiration. Ne serait-ce que dans l’art de la litote et de la forme elliptique.

Suivez mon regard !

 

Bernard VADON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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