QUAND LE ROI DU MAROC FAIT LA LEÇON AU PRÉSIDENT FRANÇAIS OU L’ARROSEUR ARROSÉ !

Publié le 26 Mars 2020

D'un véritable conseil de guerre au palais royal de Casablanca en passant par la célèbre avenue Mohammed V à Marrakech passée de fourmilière à un désert ou quasiment ...
D'un véritable conseil de guerre au palais royal de Casablanca en passant par la célèbre avenue Mohammed V à Marrakech passée de fourmilière à un désert ou quasiment ...

D'un véritable conseil de guerre au palais royal de Casablanca en passant par la célèbre avenue Mohammed V à Marrakech passée de fourmilière à un désert ou quasiment ...

 

 

L’un des piliers de la culture cinématographique internationale, le film « L’arroseur arrosé »réalisé par Louis Lumière – inventeur et industriel lyonnais avec son frère Auguste  -  et projeté pour la première fois, un jour du mois de septembre 1895 à La Ciotat – dans le département du Var en France – trouve, à ce jour et dans des conditions autrement dramatiques, un écho singulier.

D’autant qu’en ce temps de confinement, les langues ont toute latitude pour se délier. 

Surtout dans un pays – pardon, un royaume – où le monarque apparait comme un guide. En tout cas, aux yeux de son peuple, sans que ce terme, comme en d’autres pays, ne soit péjoratif ou galvaudé.

 

EPISODE INCROYABLE

Il me revient alors en mémoire le règne d’Hassan II qui ne souhaitait pas être vénéré mais simplement tenu pour l’héritier d’une dynastie (propos confié au journaliste Jean Daniel qu’il tenait en vive amitié, les deux hommes se vouant un respect mutuel ) dont la fine intelligence sinon la culture pouvaient, ne serait-ce que dans les réparties, le rendre redoutable. 

Hassan II et notamment son remarquable coup de poker, en ce mois de novembre 1975, avec pour objectif le rétablissement de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Un épisode incroyable de l’Histoire marocaine avec ces quelque 350.000 volontaires seulement « armés » du Saint Coran et du drapeau national et protégés par 20.000 soldats des F.A.R. ( Forces Armées Royales).

Un temps exceptionnel fort et symbolique baptisé « La Marche Verte ».

 

Aujourd’hui, en un autre temps, rare dans sa problématique humaine, son fils et successeur légitime, Mohammed VI, apporte un nouvel éclairage sur cette manière particulière de gouverner avec un rare sens de l’union du peuple marocain et de son roi. 

Et cela, sans pour autant verser dans une forme d’angélisme car le Maroc a également ses problèmes en de nombreux secteurs éducatifs, sociaux, économiques avec des incidences humaines parfois graves. Il n’est pas seul sur l’échiquier international.

Mais comme son auguste père, Mohammed VI sait aussi donner de la voix et taper du poing sur la table pour rectifier parfois plus que des erreurs, des abus. Quelques exemples récents en attestent.

 

UN VRAI CHEF DE GUERRE

Le dernier en date, autrement conflictuel concernant deux personnalités, et qui nourrit entre deux films à la télévision les conversations dans les chaumières, a trait à cette nouvelle incartade du président français « conseillant » au roi de s’activer à prendre des mesures adéquates.

Et cela, sur le ton de la suffisance qui caractérise ce chef d’État, alors que sévit la crise sanitaire internationale placée sous le triste vocable de « Covid 19 ».

Mise en garde hallucinante du français quand nous savons dans quelle situation sanitaire désastreuse se trouve aujourd’hui plus que jamais la France, sixième puissance mondiale!

Point n’est besoin d’entrer dans les détails de ce qui caractérise la gouvernance française actuelle et de tout ce qui en découle au quotidien.

Mohammed VI, en vrai chef de guerre, a su, quant à lui,  imposer sa stratégie avec bon sens et efficacité. Usant de tous les moyens puisés, sans atermoiements, dans tout ce qui fait le tissu économique, financier et militaire du pays. Tout le monde est sur le pont. (1)

Casablanca ayant la bonne fortune d’abriter une société de fabrication des médicament à base de la fameuse chloroquine – Nivaquine et autres Plaquenil -  les autorités sanitaires du pays, toujours sous autorité royale, sans états d’âmes particuliers, ont acheté à Sanofi Maroc tous leurs stocks de médicaments à base précisément de Chloroquine laissant les français et particulièrement à leurs « éminents » gouvernants, le soin de jouer les professeurs Nimbus en se grattant le crâne mais ne manquant pas au passage de vouer aux gémonies ce génial professeur Didier Raoult et son équipe de l’IHU méditerranée de Marseille, que célèbre, au plan international, la majorité de la profession. L’exception confirmant des avis largement partagés et constructifs. Ne parlons pas des effets cliniques. 

Un gouvernement qui pratique le coup par coup, dépassé  de toutes parts par les événements alors que s’allonge la liste des victimes de ce trop intelligent virus. Et que certains consortiums pharmaceutiques préparent en douce une guerre moins glorieuse.

 

Après l’avoir décrié, on apprend – il ne sait finalement  fonctionner que de cette façon  - que par ordonnance le président français a signé une autorisation de mise sur le marché en vue de sa prescription exclusivement dans le milieu hospitalier (une réserve une fois encore difficilement compréhensible), du produit adapté pour la circonstance par le professeur Raoult et son équipe.

La Belgique, la Suisse et bien d’autres pays dont les États-Unis et la Chine leur ayant, depuis, emboité le pas.

 

INGERENCE

Au Maroc, les langues ne se délient pas seulement dans les foyers marocains pour dénoncer la dernière ingérence déplacée de la France celle-là même qui n’est pas capable de rapatrier ses compatriotes (il en resterait quelques soixante mille de par le monde …  et dont nous sommes) tout en nous félicitant par ailleurs de ce confinement marocain doublement forcé loin de la mère patrie, sentiment essentiellement moral et émotif, mais compensé surtout lorsque nous constatons l’efficace façon dont la crise est gérée dans ce pays.

Quant à notre très cher président français que l’on dit amateur d’art théâtral et sans aucun doute de cinéma, il pourra toujours revoir l’œuvre phare de l’une, parmi tellement d’autres, sommités nationales, un certain Louis Lumière.

A lui de transposer le rôle de l’arroseur finalement arrosé ! 

 

Peut-être aussi et surtout l’opportunité de méditer – nous en avons le temps grâce à ce redoutable virus – ce verset de l’Ecclésiaste :

 

« Et j’ai vu que la sagesse a de l’avantage sur la folie comme la lumière a de l’avantage sur les ténèbres. »           

 

Bernard VADON

 

 

 

 

1/ Sur instructions du Roi Mohammed VI, les FAR ont anticipé les évolutions négatives possibles et créé des centres médicaux équipés répartis dans les diverses régions du Maroc. Ces centres actuellement opérationnels le Roi a ordonné qu'ils soient mis à la disposition de la Santé publique en cas de besoin.

Ci-après le texte du communiqué du cabinet royal:

"Le Roi Mohammed VI a présidé, mardi 17 mars 2020 au palais royal à Casablanca, une séance de travail consacrée au suivi de la gestion de la propagation de la pandémie du Coronavirus dans notre pays et à la poursuite de la prise de mesures pour faire face à toute évolution. (notre photo)

"Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi continu par le Roi de l’évolution de cette pandémie, dès le début de sa propagation à l’échelle mondiale et immédiatement après l’apparition des premiers cas sur le territoire national.

"Au début de la réunion, le Roi s’est informé auprès du ministre de la Santé au sujet des derniers développements de la situation sanitaire dans notre pays, de la capacité d’accueil des hôpitaux et des unités de santé dans les différentes régions du Royaume et des mesures prises pour satisfaire tous les besoins en termes de sécurité sanitaire, dont les produits de désinfection et les médicaments.

"Sur la base des données présentées par le ministre de la Santé, et partant du souci du Roi, d'élever les capacités du système sanitaire national pour faire face à cette pandémie, le Souverain, Chef Suprême et Chef d'État-major général des Forces Armées Royales (FAR), a donné ses instructions à l'Inspecteur général des FAR, pour mettre les structures de santé équipées, dont la création avait été ordonnée auparavant par le Souverain dans les différentes régions du Royaume dans cet objectif, à la disposition du système sanitaire avec toutes ses composantes, en cas de besoin.

"Cette initiative royale s'inscrit dans le cadre de l'approche proactive que le Souverain a ordonné d'adopter depuis l'apparition de cette pandémie et du renforcement des mesures préventives sans précédent prises par les secteurs et les institutions concernés pour limiter sa propagation et faire face à ses conséquences sanitaires, économiques et sociales.

"Cette réunion a été l’occasion de passer en revue les étapes de mise en application des mesures qui ont été prises sur orientations du Roi et qui concernent la fermeture de l’espace aérien et maritime marocain devant les voyageurs, l’annulation des rassemblements et des manifestations sportives, culturelles et artistiques, la création d’un Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Coronavirus (Covid-19), la suspension des cours dans les écoles et les universités, la fermeture provisoire des mosquées, la suspension des audiences dans les différents tribunaux du Royaume, outre un série de mesures prises par les autorités compétentes dans le domaine des transports publics et la fermeture des espaces publics non nécessaires.

"Le Roi a donné ses directives aux autorités compétentes pour veiller à la bonne application des mesures efficientes visant à assurer l’approvisionnement des marchés, sur l’ensemble du territoire national, en produits alimentaires et de consommation, produits d’hygiène et de désinfection, d’une manière régulière et permanente, et lutter contre toute forme de spéculation et de hausse des prix.

"Dans le même contexte, le Roi a donné ses instructions au Chef du Gouvernement et à tous les départements concernés de prendre toutes les mesures nécessaires, et de se préparer à une nouvelle étape en cas de nécessité.

"Cette réunion s’est déroulée en présence du Chef du Gouvernement, M. Saad Dine El Otmani, du ministre de l’Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, du ministre de la Santé, M. Khalid Ait Taleb, du général de Corps d’Armée, Abdelfattah El Ouarak, inspecteur général des FAR, du Général de corps d’Armée Mohamed Haramou, commandant la Gendarmerie Royale et du Directeur général de la Sûreté Nationale, Directeur général de la Surveillance du territoire national, M. Abdellatif Hammouchi".

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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