Les enjeux du pape François . Un cardinal au Maroc : une reconnaissance pour les Églises d’Afrique du Nord et une Église ouverte. 

Publié le 6 Octobre 2019

Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.
Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.
Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.
Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.
Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.

Son éminence Cristobal Lopez Romero en compagnie du pape François le sanctuaire marial de Lourdes pendant le dernier pèlerinage : le Dieu des pauvres.

Le Pape François, lors d’un consistoire ordinaire public, ce dernier samedi 5 octobre en la basilique Saint-Pierre, a élevé au rang de cardinal treize nouveaux venus du collège cardinalice.

Parmi ces nouvelles éminences, Mgr Cristobal Lopez Romero, salésien espagnol, et archevêque de Rabat. Un profil marqué par une vocation missionnaire et un attachement au dialogue interreligieux :

«Ce n’est pas un problème d’être peu, le problème serait d’être insignifiant, d’être une lumière qui n’illumine personne». 

Ainsi, l’archevêque de Rabat, Espagnol de 67 ans, résume t-il l’expérience de son Église au Maroc, royaume où l’islam est religion d’État, et où l’on compte vingt mille catholiques.

 Pour Mgr Cristobal Lopez Romero, cette élévation au rang de cardinal est  une première pour le Maroc : 

 «Une reconnaissance du Pape François de l’action de l’Église dans toute l’Afrique du Nord, en Tunisie, en Algérie, mais aussi en Libye» expliquait-t-il récemment à Radio Vatican.   

Mais aussi et toujours selon le nouveau cardinal, un  important signe pontifical d’encouragement : 

«Le Pape veut rendre visibles des Églises qui ne le sont pratiquement pas».

 

UN ACTE POLITIQUE

Rappelons-le, et nous nous en étions fait l'écho en son temps, Mgr Cristobal Lopez Romero avait accueilli le Pape François au Maroc, les 30 et 31 mars, derniers.

En tout cas, une opportunité pour le Saint Père d’apprécier, sous la conduite éclairée de son hôte, la présence, d’une part,  et l’importance, d’autre part, de l’Église au Maroc et partant en Afrique du Nord.

Il s’y ajoute, et ce n’est pas l’aspect le moins notable de cette « création », la dynamique du dialogue interreligieux. Notamment, avec l’Islam.  

Ce consistoire, motivé par la création de nouveaux cardinaux, avait été  annoncé, à la surprise quasi générale, en septembre dernier, par le pape François. 

Un acte particulièrement politique dans ce pontificat d’exception au sens large du terme. Même s’il suscite quelques remous chez certains nostalgiques partisans de l’immuable et de l’éternel comme l’écrivait Baudelaire à propos d’une forme de modernité; même si celle-ci, toujours selon l’auteur des « Fleurs du Mal », se définit aussi comme « le transitoire et le fugitif ».

Les problèmes actuels de société occultant trop souvent le dialogue et la tempérance. Mais qu’importe le flacon ...  ou l’encensoir !  

Le profil des treize hommes sélectionnés par François apparaît manifestement comme un message pour l’Église catholique au travers de la volonté d’un pape souhaitant une Église militante au sein du combat mené au nom de l’écologie et qui – indifférent aux grincements de quelques dents - tend la main à l’islam.

Une Église surtout engagée pour les plus pauvres – le dernier pèlerinage de l’Assomption à Lourdes en attestant – comme celui du Rosaire, ce dernier week-end, sur le thème des pauvres et que nous avons suivi. 

 

ORIENTATION FERME

Ce pape, qui s’interdit de juger et de ce fait, perturbe les bonnes âmes ou celles qui croient l’être, ne se prive pas de bousculer l’establishment au grand dam de celui-ci et de ceux qui l’approuvent. La Curie en pole position, si je peux oser. 

De plus, la méthode caractérisant ces nominations a changé et la transgression de certaines règles est manifeste. Une orientation ferme et souhaitée qui transparaît aussi dans la méthode de ces nominations. Le Pape s’est ainsi clairement affranchi des règles traditionnelles qu’il avait en partie respectées lors des cinq consistoires précédents. Particulièrement, la notion de «siège cardinalice» qui voulait que l’archevêque d’une grande ville devienne cardinal étant systématiquement écartée. 

L’exemple le plus marquant est celui de Milan, Cracovie ou Venise, qui ont pourtant donné trois papes, Jean XXIII, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, et qui ne sont plus pourvues. Leur archevêque serait pourtant et automatiquement devenu cardinal il y a peu.

François a personnellement choisi les nouveaux venus du collège cardinalice comptant désormais 128 prélats âgés de moins de 80 ans et habilités à élire son successeur, le jour venu. 

En leur remettant la «barrette» ou chapeau rouge de cardinal, François aura ainsi nommé 53 % des cardinaux électeurs en seulement six ans de pontificat.

Nul doute qu’en temps voulu, ces choix prendront une autre importance face à une Curie où la prépondérance romaine composant les dicastères aux côtés du pape a quasiment toujours fait autorité. Une réponse entre autres à la question de certains : 

Mais au fond, que veut le pape François ?

En tout cas, ne pas faire entrer l’idéologie dans la doctrine : 

« Lorsque la doctrine ruisselle d’idéologie il y a effectivement possibilité d’un schisme. »estime François.

Prônant la  critique constructive et le dialogue, le pape assure, et en tout état de cause s’efforce, de respecter la ligne sociale d’un Saint Jean-Paul II.

Dont acte et la feuille de route des nouveaux cardinaux - dont mon ami Cristobal Lopez Romero attaché au principe d’une « église de migrants au service des migrants »  et l’Italien Matteo Zuppi, emblématique, quant à lui,  de ces « évêques de rues » -  en ce mois extraordinaire de la Mission, prône une église ouverte et proche du monde.

 

Bernard VADON

 .

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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