EN CE DERNIER 15 AOÛT 2019 De Lourdes à Bétharram, la Vierge Marie invite à l’engagement. 

Publié le 16 Août 2019

 

Comme tous les ans à pareille époque, nous avons, dans le recueillement et la joie, vécu l’anniversaire de la dormition de la Vierge Marie au pied de la chaîne des Pyrénées.

Quel endroit mieux choisi sinon mieux béni que cette route reliant le sanctuaire de Lourdes à celui de Lestelle-Bétharram qui, 500 ans avant celui de Lourdes, fut un lieu prisé de pèlerinage, caractéristique justifiée par plus de 80 miracles et dont le patronyme « bétharram » signifie en langage local  « beau rameau » en référence au geste de la Vierge Marie et de son fils ayant sauvé des eaux du fleuve Gave une jeune fille qui s’y noyait en lui tendant la « branche du Salut ».

 

Aujourd’hui, la colline dite du Calvaire  - jalonnée d’oratoires de style roman représentant les scènes de la Passion – placé sous la responsabilité de l’association des amis des sanctuaires de Bétharram est surmontée d’une chapelle de style roman abritant notamment une sculpture de Renoir et relatant le miracle d’une croix abattue par un souffle violent  avant de se redresser miraculeusement.

Le calvaire historique est actuellement et depuis l’an dernier en période de restauration. Nul doute qu’à son terme Bétharram trouvera un légitime et intéressant regain d’intérêt.

Ici, Marie, dit-on, n’invite pas à la résignation mais elle appelle à la responsabilité et à garder nos cœurs ouverts à tous les souffrants de la vie.

D’ailleurs, une sorte de sympathique connivence unit les deux cités mariales de Lourdes et de Bétharram entre lesquelles se partagent les pèlerins venus d’Asie, d’Afrique et des Amériques.

On raconte même que Bernadette Soubirous y aurait acheté un chapelet qu’elle égrena lors des apparitions à la Grotte de Massabielle.

Restons-en à la réponse de Saint-Michel Garicoïts – fondateur de la congrégation religieuse du « Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram » (qui accompagna (déjà, mais en sens inverse) les migrants basques et béarnais en Argentine et en Uruguay, quant à la question relative à l’existence de ces deux sanctuaires-phares de la chrétienté  à seulement quelques kilomètres l’un de l’autre: 

« Peu importe, Bétharram ou Lourdes, pourvu que la vierge soit honorée. »

Et Michel Garicoïts, que ceux-ci pardonnent notre impertinence, n’était pas jésuite !

 

 

En cette nuit de veille du 15 août 2019, depuis la fenêtre de mon bureau, à seulement quelques kilomètres à vol d’oiseau de Lourdes d’où chaque soir j’en appelle aux grâces mariales, une pleine lune s’est élevée coiffant, silencieuse et lumineuse, le Pic du Jers et sa croix scintillante protégeant la cité mariale. Pour la première fois depuis quelques années de présence se manifeste ainsi et mystérieusement une bouleversante énergie produite au travers de cette soudaine relation entre la nature et la puissance supérieure. En somme, quand conscience et attention se rejoignent.

Goethe, à ce propos,  n’a t-il pas écrit que le miracle est l’enfant chéri de la foi ? 

« Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire. Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place. Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! »

 

Bernard Vadon

 

  1. 1ère lecture en ce jour de l’Assomption de la Vierge Marie : « Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds » (Ap11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean