Politiquement incorrect : la tentation de la violence et de l'immoralité !

Publié le 16 Mai 2019

 

 

Quitte à nous répéter au regard d’une actualité de plus en plus brûlante et préoccupante, le président du moment représente toujours, physiquement et intellectuellement, tout ce qu’une mère souhaiterait pour l’une de ses filles quant aux qualités réunies dans l’idéal d’un futur beau fils.

Et qui plus est, un prénom – Emmanuel – dont l’étymologie « Dieu avec nous » est en soi porteuse d’autant de d’espoir et de sécurité par rapport au commun des mortels.

Alléluia !

Fin de la séquence laudative.

Son livre – un de plus dans la sphère politique – modestement intitulé « La Révolution » lors de sa parution fit l’effet d’une tempête dans un verre d’eau si l’on en croit, outre les thuriféraires du sérail, ceux qui ont eu le courage de découvrir une confession de plus mais sans tellement d’intérêt dans le genre. Pas de quoi en faire à terme un Goncourt. Et dans la confession, on a lu mieux. 

Albert Camus : Les gouvernements n'ont pas de conscience !

 

En clair, une vue de l’esprit qui n’est d’ailleurs toujours pas en phase avec la réalité.

Mis à l’épreuve du pouvoir quelques mois durant et sans prouesses notables, avant de tourner, sans états d'âmes, le dos au capitaine qui l’avait approché pour veiller sur un portefeuille ministériel, et non des moindres par les temps qui courent, celui de l’économie.

Emmanuel (Macron) le bien prénommé – dont André Santini qui n’est pas n’importe qui assure sans rire qu’il est instruit mais pas intelligent - au-delà de la brillance de son élocution et riche d’une formation bancaire affutée sur les marchés financiers ( un secteur professionnel pourtant vomi en campagne par son mentor (on n’est pas à une contradiction prés avec ces gens là ) était bien parti pour nous refaire, bis repetita, une nouvelle version du mythe de Sisyphe, le fil d’Eole, le Dieu du vent dans la mythologie grecque (aucune allusion perfide au dieu Hollande … et pourtant) qui fut condamné, philosophie de l’absurde, à rouler une énorme pierre jusqu’au sommet d’une montagne éternelle. 

Le Brutus – il n’est pas seul - du siècle présent qui n’en est pas à une trahison prés sur le dos d’une partie du peuple apte à avaler toutes sortes de couleuvres et prendre facilement des vessies pour des lanternes, se prélasse, à l’aise, dans une société qui a jeté aux orties les plus élémentaires valeurs. 

Dernièrement, un journaliste s’est amusé (façon de dire) à reprendre les déclarations peu laudatives de quelques personnalités politiques, aujourd’hui bien en cours (suivez mon regard), sur celui qu'aujourd’hui ils honorent alors même qu’hier ils disaient pis que pendre sur ce singulier produit de la génération spontanée. 

Qu’importe s’il est archi prouvé que l’honnêteté intellectuelle n’est pas ce qui caractérise le mieux la gent politicienne. 

Pavoisant en jaune dans les rues de France. La suffisance a encore de beaux jours devant elle!

 

Investi, à l’époque, seulement par le quart du corps électoral représentant quelques milliers de fans et de rêveurs – merci Madame Le Pen - balayant d’un revers de manche des primaires qui, pour la première fois de sa vie, lui aurait peut-être permis de tester la réalité du suffrage universel (en ancien trader, il connaît le sens des prises de positions), peu rompu au contact populaire mais s’affirmant en homme providentiel (au secours mon général !) le prétendant au poste national suprême, était alors dans le droit fil du prénom qui lui a été donné à sa naissance : « Dieu avec nous ! »

Rien que ça ! Quant au retour des « Trente Glorieuses » vous repasserez car il n’y a rien à voir.

 

Un goût amer

Depuis le fiasco des prévisionnistes lors des fameuses et stupides primaires, la panique à droite comme à gauche en passant par le centre - auquel on peut faire confiance lorsqu’il s’agit de faire pencher la balance – ne s’est pas apaisée et Monsieur M, comme on dit dans cette rue où il convient qu’il apprenne à marcher, s’en tape comme de sa dernière chaussette. Au diable les « réfractaires et autres ignorants » pavoisant en jaune dans les rues.  La suffisance de ceux qui les taxent ainsi a encore de beaux jours devant elle.

C’est cela l’ambition et la suffisance sous couvert de vouloir sauver une société qui sensément défaille.

Situation ubuesque fascinante et en même temps déconcertante pour ne pas dire affligeante dénoncée à force d’accents gaulliens. A cette différence qui n’est pas négligeable que De Gaulle peut s’imiter (encore que) mais pas se remplacer.

« En marche » certes mais dans quelle direction et surtout embarqué par des gens qui ont eu des opportunités pour faire changer les choses alors qu’ils étaient en charge des responsabilités de l’Etat ? 

Suivez toujours mon regard. 

La comparaison s’impose  pour celui qui passera quand même à la postérité politique en laissant son nom à la énième loi concoctée par les républiques et autres gouvernements successifs. Une « macronnette », comme l’avaient alors surnommée quelques méchantes langues.

Ce ne sera donc pas la loi du siècle si l’on en juge par son accouchement difficile ayant nécessité une césarienne de type  49-3.

Pour mémoire : faite de bric et de broc, cette loi de circonstance, qui a généré pas moins de 1700 amendements, eut beau se parer des atours de la modernité économique et d’avancées sociales, il en restera un goût amer. Ce qui a suivi, n’est guère mieux.

Un demi quinquennat rendu glorieux – si l’on peut dire – par quelques malheureuses circonstances militaires ou islamiques et autres drames exploités à dessein. Sans oublier l’incendie de la cathédrale de Paris dont on ne sait toujours pas s’il est criminel ou accidentel alors que sur les cendres encore chaudes quelques architectes en mal ou non (on s’en fiche) de notoriété, griffonnent une cathédrale-bis.

La foi chrétienne n’en est pas à sa première épreuve : le Temple de Sion fut détruit puis reconstruit et de nouveau rasé. Saint Pierre de Rome n’a pas été épargné durant le premier millénaire et les croisés en savent quelque chose avec Jérusalem.

Des opportunités peut-être pour établir la nuance entre « le signifiant », en l’occurrence le lieu, et le « signifié », le Christ en gloire. La cathédrale est encore un lieu de culte chrétien, que je sache.

Jean-Jacques Rousseau : Un gouvernement si parfait ne convient pas aux hommes.

 

De Rocard à Rousseau

Un renoncement à suivre le père initiateur, assorti de la honte avouée de s’être trompé. Invoquant le fait que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis et ceux qui ne font rien ne se trompent pas. Ah, bon !

Certes, l’excuse est un peu spécieuse pour des gens susceptibles d’avoir les compétences nécessaires pour conduire le bateau – fut-il un pédalo – dont les commandes leur ont été confiées par les urnes interposées.  Mais c’est ainsi en politique où la malhonnêteté intellectuelle est aussi une seconde nature.

Michel Rocard : la tentation de la violence et de l'immoralité ...

 

Michel Rocard, à l’époque, n’y allait pas de main morte lorsqu’il considérait que la démocratie donne à voir principalement les conflits entre les hommes, pour le pouvoir d’abord (ceux que tout pouvoir autoritaire cherche à cacher) et pour le partage de la richesse évaluée en monnaie. Ce qui justement, dans les activités humaines, n’est déclencheur ni de bonheur ni d’enthousiasme, et laisse place si souvent à la tentation de la violence et de l’immoralité.

Qu’on les aime ou pas, les « gilets jaunes » qui depuis ces derniers mois occupent les espaces publics et bougent les lignes d’un pouvoir dont M. Santini dirait qu’il n’est pas dans les clous de l’intelligence, en appellent aux consciences. 

Comme nous l’avons déjà souligné et au risque de nous répéter, c’est toujours le même problème de la démocratie posé (déjà) en 1762 par J.J Rousseau qui affirmait : 

« S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. »

 

La foi chrétienne n'en est pas à sa première épreuve !

 

Vous avez dit renaissance ? Alors, bon courage pour les prochaines consultations électorales.

Dans un petit mémoire au titre guerrier (« Indignez-Vous ») de seulement 30 pages, Stéphane Hessel, dans cette course imbécile au « toujours plus », invitant à une insurrection pacifique, citait Albert Camus :

« Les gouvernements, par définition, n’ont pas de conscience. »

Je partage.

 

Bernard Vadon

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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