Haro sur l’Église catholique A Lourdes, les évêques de France s’emploient à tirer les enseignements d’un véritable séisme.

Publié le 3 Avril 2019

 

 

 

 

Image mythique et forte du livre de la Genèse que celle du ruisseau de Yabbok rappelant, par "filiation", ce tableau de Sylvie Tschiember, "un petit ruisseau qu'on ne lâche plus. Fenêtre bleue sur fond bleu bis" avec, en filigrane, le combat singulier entre le patriarche Jacob et cet être mystérieux sous la forme d'un ange qui pourrait être Dieu, qui est Dieu. Une aventure étrange, selon Elie Wiesel sinon l'éternel conflit entre l'homme et le divin. Ainsi, "Toute victoire humaine est au prix d'une blessure et toute blessure cicatrisée aguerrit." 

 

 

Deux films qui font scandale, un livre qui déflore certaines mœurs « vaticanesques », des paroles qui se libèrent et des prélats cités à la barre, l’Église catholique passe un mauvais quart d’heure. C’est le moins que l’on puisse dire.

 

La vérité si je mens, version spirituelle. Au-delà de dérapages avérés d’aucuns en profitent pour régler les comptes. Pas très glorieux.

L’occasion aussi de jeter l’opprobre sur toute une communauté et d’en rajouter une couche sur les raisons de croire ou ne pas croire. Au passage, Dieu en prend un sacré coup. Il en a vu d’autres. Tant qu’à faire, donnons en partie raison aux partisans de la haine et de la violence dont on sait par expérience qu’elles ne sont pas génératrices de reconstructions comme ce fut le cas par le passé. Du Concile de Trente à Vatican I puis Vatican II, l’Église n’a pas toujours navigué sur un long fleuve tranquille.    

Aussi, demain sera certainement un autre jour et comme dans toutes catastrophes, naturelles ou humaines, le temps – heureusement – fera son œuvre.

Même si le choc psychologique est violent il ne fait guère de doute que l’Église s’en remettra. Une fois encore.

Le temps d’un salutaire ménage et d’une sérieuse remise en question de l’institution. 

Il n’y a pas un milliard et 300 millions de gens insupportables et plus fidèles au mal qu’au bien.

L’ivraie n’a jamais nuit au bon grain qu’il est toujours temps de séparer. 

La dernière assemblée plénière de printemps des évêques à Lourdes qui tout en faisant profil bas – difficile de faire autrement –ont cependant pris le temps de décrypter le malaise créé par certains et pas les moins importants dans la hiérarchie épiscopale : 

 

Crise des abus sexuels, mouvement des « Gilets jaunes », lois de bioéthique, avenir de l’Europe ,migrations, Mgr Georges Pontier en sa qualité de président de la conférence et archevêque de Marseille, n’a pas éludé les difficultés que doivent affronter l’Église et la société, mais a tenu à croire en l’espérance « plus forte que tout ».

Clin d’œil au pape François qui, pour son dernier voyage réussi au Maroc, avait opportunément choisi le slogan en forme de signe : « porteur d’espérance » :

« Chacun commente les événements et prend position. Ce phénomène est amplifié par le caractère universel de notre Église : tout ce qui touche un pays a un retentissement dans tous les autres. Il n’est pas étonnant qu’un trouble profond se soit emparé de beaucoup : évêques, prêtres, personnes victimes, religieux, fidèles laïcs, observateurs de la vie en société. Nous-mêmes, évêques, nous nous efforçons d’exercer notre exigeante mission. Nous avons rappelé l’appel à la conversion qui résonne dans l’Évangile en ce temps de Carême. Le mensonge profond qui peut marquer des vies, même celles de prêtres ou consacrés, est à l’origine des fautes, des péchés, de bien des souffrances dans notre Église comme dans la société. »a déclaré en substance Mgr Georges Pontier. 

Faute avouée, faute à moitié pardonnée ? Pas tellement sûr mais il faudra bien faire avec.

 

 

Les loups sont dans la bergerie et sur les plateaux de télévision en boucle invités par les pseudos éditorialistes pas toujours au fait des arcanes de l’institution et qui disent n’importe quoi et plus encore. 

Tel M. André Bercoff, journaliste franco-libanais, spécialiste des pseudonymes et des coups de gueule (souvenons-nous de son édito contre le Pacte de Marrakech)  qui s’est autorisé l’autre soir – c’est son droit mais ce n’est pas en l’occurrence parole d’évangile -  à dire pis que pendre sur le Pape François incapable - à ses yeux – de remplir la mission qui lui a été confiée et qui, par exemple, – cerise sur le gâteau – a trouvé la solution pour l’accueil des migrants en suggérant au Souverain Pontife de démolir le Vatican (sic) pour y loger ces pauvres gens. Ses voisins de plateau quelque peu hallucinés affichaient une drôle de mine.

Pour paraphraser un leader politique qui s’exprimait sur un autre leader politique : Il est instruit mais pas intelligent.

Il est vrai que l’imbécilité a ses limites. La signature de la déclaration commune signée entre le Pape François et le roi du Maroc afin que soit conservé et promus le caractère spécifique multi-religieux de Jérusalem (Al Qods)  , ville sainte et patrimoine commun de l’humanité, a continué de nourrir l’incendie. 

En tout cas, venant d’une opinion publique qui se repaie facilement des malheurs d’autrui et plus apte à verser de l’huile sur le feu qu’à se laisser porter par la miséricorde, le challenge n’est pas facile.

Pas évident de prôner le pardon dans un pareil et détestable climat. 

Simplement, M. Bercoff oublie que le pape n’est pas une personnalité politique mais qu’il porte en revanche un pouvoir moral fort et le comparer au passage au Dalaï-lama n’est pas très sérieux. Le milliard 300 millions de catholiques apprécieront.

A ce titre, sa parole ne peut pas être entendue et surtout comprise de la même façon. 

Contestable enfin le fait de mettre en doute son jugement.

 

A Lourdes, les évêques s’efforcent de tirer les enseignements d’un véritable séisme. Mission difficile et délicate mais pas impossible.

Ils pourront toujours s’imprégner de la Parole et pas n’importe laquelle :  

 

« HEUREUX SEREZ-VOUS LORSQU’ON VOUS OUTRAGERA A CAUSE DE MOI ! »

 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :