APRES SON RETOUR DU MAROC LE PAPE FRANÇOIS A ANNONCÉ LA COULEUR CHRISTIQUE ! 

Publié le 4 Avril 2019

 

 

 

 

 

 

 

« Christus vivit »,autrement dit : « Le Christ vit ».

Tels sont les premiers mots pour ne pas dire les mots clés de la dernière exhortation apostolique du pape François. Un texte puissant qui résulte du travail du Synode sur les jeunes, en octobre dernier, au Vatican. 

Ce texte, dont nous avions dernièrement révélé la teneur à la veille du voyage du pape au Maroc, a été signé par ce dernier et de manière très symbolique lundi matin 25 mars – jour de l’Annonciation faite à Marie -  sur l’autel de la minuscule, mais émouvante, par ce qu’elle représente, « Sainte Maison » de Lorette, en Italie près d’Ancône dans la région des Marches. Une « maison » relique de par sa construction réalisée à partir de pierres transportées par les Croisés, depuis la ville de Nazareth, dans la nuit 9 décembre 1294.

Le quatrième mur de la maison de la Vierge Marie à Nazareth étant, quant à lui, constitué de la paroi de la grotte aujourd’hui abritée par la basilique de l’Annonciation. 

 

 

Les trois murs de Lorette ont été par ailleurs enserrés dans un écrin de marbre blanc au XVIème siècle, le tout constituant une basilique fortifiée dominant la côte adriatique.

Quelques sceptiques ne sont pas convaincus de l’origine de ces fameux murs qui constituent  pourtant un authentique vestige de la maison de la sainte Famille sinon un détail qui devrait les interroger concernant les pierres de la bâtisse qui ne seraient pas d’origine géologique de la région de Lorette mais rappelant plutôt celles que taillaient les Nabatéens à l’époque de Jésus. 

Par ailleurs, lors de travaux, cinq croix d’étoffe rouge de la période des Croisés ont été retrouvées. Ce pourrait être en tout cas un commencement de preuve.

PORTEE MYSTIQUE

Selon la tradition, au XIIIe siècle, des anges auraient ainsi porté la demeure de la Vierge depuis Nazareth jusque dans cette localité italienne. C’est là que Marie aurait reçu la visite de l’ange Gabriel, prononcé son fiat et que le Christ aurait grandi. Une source parmi d’autres qui n’ altère pas la portée mystique exceptionnelle de cet événement qui sera suivi de bien d’autres puisqu’il est écrit que l’Archange Gabriel, le mystère de l’Incarnation accompli en ce jour de l’Annonciation, devait accompagner Marie et sa sainte famille tout au long de leur pèlerinage terrestre jusqu’à lui annoncer sa mort trois ans avant qu’elle n’arrive. 

 

« Il vit, le Christ, notre espérance et il est la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc : Il vit et il te veut vivant !».

 

 

 

Au lendemain d’un voyage exceptionnel de deux jours au Maroc, marqué par cette autre exhortation du Souverain Pontife se disant « porteur d’espérance », on renoue presque naturellement avec Saint Gabriel dont un autre saint - Vincent Ferrier – écrivait qu’il était porteur de la joie de la résurrection :

 

"Et comme l'aube n'était pas encore venue, la sainte Vierge se mit en prière, disant avec le Psalmiste : "Levez-vous Seigneur dans votre vie nouvelle". Et alors, le Christ envoya l'Ange Gabriel pour annoncer à sa Mère sa résurrection. Et l'Ange dit :"Reine du Ciel, réjouissez-vous". Et Marie répondit sur le champ : "Quand viendra-t-il ? Quand le verrai-je ?" Et, à ces mots, le Christ apparut et la salua, disant : "Je vous salue, Mère de la vie et de la consolation." Et la Vierge baisait les marques laissées par les plaies du Christ, et elle dit : "Puisque vous voilà ressuscité, ma passion est finie, le repos est venu pour moi, désormais on sanctifiera le Jour du Seigneur : le Sabbat n'existe plus."

 

EXIGENCES DIVINES

Pas surprenant que dans cette énigmatique mouvance spirituelle, le pape François ait choisi d’offrir ce document magistériel à la Vierge à qui il entend confier et protéger cette jeunesse du monde. 

il existe une pluralité de mondes jeunes, reconnaît et met, en garde contre « une tendance à homogénéiser les jeunes, à dissoudre les différences propres à leur lieu d’origine, à les transformer en êtres manipulables, fabriqués en série ».

Il exhorte chaque jeunes : 

« Jésus, plein de vie, veut t’aider pour qu’être jeune en vaille la peine. Ainsi, tu ne priveras pas le monde de cette contribution que toi seul peux lui apporter, en étant unique et hors pair comme tu es ».

Voyant la jeunesse comme « l’aujourd’hui de Dieu » et « un temps de rêve de choix », pour « vivre et expérimenter », le pape reprend le thème qui lui est cher, celui de la coopération entre générations et invitant les jeunes à se mettre à l’écoute des anciens :

« Si quelqu’un vous fait une proposition et vous dit d’ignorer l’histoire, de ne pas reconnaître l’expérience des aînés, de mépriser le passé et de regarder seulement vers l’avenir qu’il vous propose, n’est-ce pas une manière facile de vous piéger avec sa proposition ? »

 

Pour le pape François,  il importe que les jeunes s’inspirent de l’exemple de la mère du Christ. Une volonté qui d’ailleurs transparait dans les thèmes de la journée annuelle de la jeunesse consacrée à la Vierge Marie.

 

 

Selon le pape François :

« La Sainte Maison de Lorette est la maison des jeunes car Marie est le modèle de toute vocation et l’inspiratrice de toute pastorale vocationnelle. Lorette est un lieu privilégié où les jeunes peuvent venir à la recherche de leur vocation à l’école de Marie ; en particulier, à travers les activités du Centre Jean-Paul II.  En Marie, les jeunes peuvent trouver l’aide pour discerner le projet de Dieu sur eux et la force pour y adhérer ».

Et de poursuivre : 

« Dans l’événement de l’Annonciation, apparaît la dynamique de la vocation exprimée dans les trois moments qui ont rythmé le Synode : l’écoute de la Parole-projet de Dieu, le discernement et la décision. Il y a chez Marie une attention à saisir toutes les exigences du projet de Dieu sur sa vie, à le connaître dans ses nuances, pour rendre sa collaboration plus responsable et plus complète. Enfin, Lorette est aussi la « maison des familles et le sanctuaire des personnes malades qui doivent être accueillies au sein de la famille ».

Conclusion. 

À celui qui aide les jeunes au discernement, trois règles sinon sensibilités, sont conseillées :

La première est dédiée à l’attention et à l’écoute de l’autre qui se donne lui-même dans ses paroles.  La seconde consiste à discerner, autrement dit, épingler le moment précis où l’on discerne la grâce, ou la tentation. Enfin, la troisième sensibilité consiste à écouter les impulsions que l’autre expérimente “en avant”. 

C’est en somme l’écoute profonde de “ce vers quoi l’autre veut vraiment aller”» 

Lorsqu’on écoute l’autre de cette manière, à un moment donné, on doit disparaître pour le laisser poursuivre le chemin qu’il a découvert. C’est disparaître comme le Seigneur a disparu à la vue de ses disciples. Il faut susciter et accompagner des processus, et non pas imposer des parcours. Et ce sont des processus de personnes qui sont toujours uniques et libres. C’est pourquoi, il est difficile d’établir des règles.

Et le Pape François de conclure à sa façon très personnelle cette exhortation sous la forme d’un souhait :

«Chers jeunes, je serai heureux en vous voyant courir plus vite qu’en vous voyant lents et peureux. Courez, attirés par ce Visage tant aimé, que nous adorons dans la sainte Eucharistie et que nous reconnaissons dans la chair de notre frère qui souffre. […] L’Église a besoin de votre élan, de vos intuitions, de votre foi. Nous en avons besoin! Et quand vous arriverez là où nous ne sommes pas encore arrivés, ayez la patience de nous attendre».

 

Bernard VADON