A quelques jours de son prochain voyage au Maroc, le pape François, sur le thème du Carême, invite à méditer sur l’une des grandes problématiques concernant l’avenir de la planète. 

Publié le 6 Mars 2019

Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
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Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).
Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement  représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).

Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n'est pas le centre auto-référentiel de la Création ... symboliquement représentée par le peintre Philippe Jayat-Hugo (notre tableau).


 ​​​​​​ Dans son traditionnel et récent message de Carême le pape  François a encouragé à la nécessaire conversion du rapport de l’homme avec la Création et condamné les « comportements destructeurs envers le prochain et les autres créatures . » (sic).

En termes encore plus explicites, le Carême peut être le moment propice pour amorcer un changement profond vers plus de respect des fragiles équilibres entre l’homme et son environnement, en quelque sorte, relier le temps de Carême à la protection de la création.

En somme, un « chemin » vers la symbolique pascale, grand fête de la Résurrection pour le monde chrétien.

Ainsi, le pape François reprend les grandes idées de l’écologie intégrale développées dans son encyclique « Laudato Si’ » pour la protection de la « Maison commune », les associant aux quarante jours de conversion du Carême, qui a commencé ce dernier mercredi 6 mars 2019.

L’occasion pour le Saint Père d’inviter les chrétiens – et pourquoi pas les hommes en général -  à retrouver leur juste place dans l’« harmonie produite par la rédemption » mais encore « menacée par la force négative du péché et de la mort ».  

« Tout est lié, tout est connecté, la personne humaine n’est pas le centre autoréférentiel de la Création »a rappelé, pour sa part, un prélat de la Curie, le cardinal Peter Turkson, 

Il y a quatre ans dans ce même blog et dans le sillage de l’encyclique papale sur le thème de l’écologie :  « LAUDATO SI », je posais la question, à savoir pour quelle raison l'Église n'aurait-elle pas son mot à dire ?  

En tout cas, cette encyclique en forme de brûlot, à peine publiée, fit alors son effet en n’épargnant pas les acteurs du dérangement climatique.

Utopie ou réalité surtout en matière de climat : demain sera-t-il un autre jour ?

Quelques mois auparavant ce titre interrogatif m’avait été inspiré par l’un de ces sommets internationaux rassemblant le nec plus ultra de « l’intelligentsia » mondiale mobilisée pour réveiller les consciences quant à des lendemains qui risquent de longtemps ne plus chanter.

En l’occurrence, il s’agissait du sommet sur l’écologie, à New-York.

Conscient de ce bis repetita, je ne peux m’empêcher de reprendre les grands thèmes alors développés et pour l’heure, malheureusement, restés en partie tout au moins sans effets notoires.

Une interrogation assortie de l’espoir de ne pas voir sortir de ce rassemblement exceptionnel une mauvaise version de « Autant en emporte le vent ! » … En l’occurrence, celui porteur de ces promesses dont on sait, malheureusement, qu’elles font parfois les imbéciles heureux !

Sujet récurrent, s’il en est, avec à l’époque, pour le pape, de nouveaux rendez-vous  à New-York, à la tribune de l’ONU, puis à Paris pour évoquer le sujet sur le thème « la maison brûle ».

Le document Laudato Si (Loué sois-tu !) était-il à peine publié que les critiques se firent jour quant à conseiller, notamment, au souverain pontife de retourner dans ses églises pour y faire ce qu’il veut mais surtout pas de la politique.

Opinion d’autant plus déplacée que François (comme la plupart de ses illustres prédécesseurs) par ses origines et ensuite son parcours exemplaire, est mieux impliqué que quiconque pour apprécier le sujet et mesurer combien l’Église est concernée par une question qui met en danger, à très court terme, la maison commune (c’est sa belle expression pour désigner notre planète) si on ne prend pas rapidement les choses en mains. 

Une encyclique pourtant jugée, certes paradoxalement, comme joyeuse en regard de l’espérance en l’homme et dramatique car la fameuse maison commune a commencé de brûler.

Dans le domaine de l’écologie intégrale l’Église de Rome s’est toujours responsabilisée. Précisément et cette fois plus encore par la voix de ce pape d’exception (sensibilisé plus que tout autre par ces origines franciscaines … on connaît l’amour sinon la dévotion de Saint François pour tout ce qui touche à la nature et à ceux qui la peuplent) invitant récemment « à se convertir à un développement qui respecte la création » et qui n’a pas dérogé à ce devoir d’homme citoyen du monde.

Les actions initiées par l’Église 

Du Bangladesh - où Caritas s’implique dans la plantation de milliers d’arbres pour enrayer la déforestation - au Brésil et singulièrement en Amazonie avec la défense de la forêt et de ses habitants, en passant par Constantinople où le patriarche Bartholomée s’était employé à capter l’attention des chrétiens pour la défense de l’environnement mais aussi au Canada avec la dénonciation des gaz de schiste par les évêques canadiens sans oublier bien sûr le Saint-Siège qui exhorte l’industrie mondiale à respecter les peuples autochtones … en clair, une importante et large mobilisation générale et interreligieuse des autorités et communautés concernées. Pour n’en citer que quelques-unes.

Tout ce qui aujourd’hui est fait pour déplaire au géant américain plus enclin à protéger ses royalties en tous domaines et en particulier dans tout ce qui contribue à déstabiliser le climat, est condamnable.

Fidèle à mes propos d’hier, loin de moi l’idée de mettre en évidence des situations difficiles comme c’est actuellement le cas et aller dans le sens de la théorie de certains exégètes en la matière, prônant – ils n’ont pas entièrement tort - le fait que le monde a perdu ses repères et que la boussole commandant la raison a quelque peu perdu le Nord.

Oui le monde est fou et de plus en plus, gouverné par des illuminés et des individus plus soucieux de leurs intérêts personnels. L’exception confirmant la règle comme c’est le cas pour l’ancien président de l’Uruguay Pépé Mujica tant apprécié de François d’ailleurs. Et pour cause.

Cependant, au-delà des faits répercutés par une médiatisation exacerbée, il faut bien convenir que par les temps qui courent tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le climat qui conditionne en partie notre quotidien n’est pas en reste et bouscule quelques idées reçues abandonnant à la nature le dernier mot via quelques caprices et intempéries parfois dramatiques : tsunamis et autres bourrasques et cyclones dévastateurs, tremblements de terre avec, en prime, de terribles et catastrophiques inondations.

Certes.

Je reprends mon constat d’hier …

Autant de signes attestant de ce que la planète communément dite bleue est tombée dans un chaudron infernal qui met à rude épreuve le temps immémorial des saisons favorisant, paradoxalement, un courant froid dans les zones communément chaudes et réchauffant, en revanche, des contrées traditionnellement froides.

Le monde à l’envers dans l’attente de voir, si on n’y met pas un frein, la terre basculer sur son axe !

Sans adhérer aux prophéties de l’extrême, certaines situations leur donnent parfois raison par la réalité de nos malheurs présents et, qui sait, l’angoisse de la dernière heure arrivée. En tout cas, un grand nombre n’y ont pas échappé y laissant souvent leur vie.

Le pape François ne fait au fond que nous inviter à faire un examen de conscience sinon des lieux quant à la façon de reconsidérer nos mauvaises habitudes en ne faisant pas la part belle à la facilité. Le présent Carême arrive si on peut dire à point nommé.

En prenant aussi et particulièrement en compte le fait que le progrès nous a gratifié d’une qualité de vie au fond pas tellement négligeable en matière de confort et d’aisance quotidienne.

Malheureusement, et nous le savons bien, la notion même de qualité au sens large du terme est aujourd’hui profondément dévoyée. Chacun se déchargeant sur l’autre de tous les dérapages qui affectent notre monde économique, social et culturel. Ceux et celles qui dénigrent la position papale ne sont pas les derniers à prendre leur bâton de pèlerin pour combattre celui qui ne fait que leur mettre le nez dans ce que l’on sait. Et le souverain pontife n’y va pas par quatre chemins usant, si besoin, d’arguments et de termes chocs pour secouer l’apathie de ses semblables.

Stigmatisant la pollution de l’air mais aussi celle des esprits par le fait d’une technologie communicative non maîtrisée.

 

La même question

Dans cette course contre la montre à la recherche d’un équilibre perdu, il se trouve encore quelques femmes et hommes, responsables et lucides, pour tirer la sonnette d’alarme et saisir toutes les opportunités pour dénoncer le laxisme général en matière d’irrespect total de l’environnement. Le pape ne manque pas de saluer au passage ces pourfendeurs des théories en opposition à tout ce que la nature nous offre pourtant de meilleur en ne laissant pas systématiquement la part belle au seul profit.

Et si le véritable bonheur s’exprimait justement dans ces instantanés au quotidien et pas forcément dans des prospectives à long terme dont on nous rebat actuellement, et sur tous les tons, les oreilles ?

La réalité se résume au temps présent plus qu’à celui du futur. Une réalité qui en appelle au respect de soi et des autres. Et par voie de conséquence naturelle, à notre environnement.

Aussi, ne fait-il aucun doute que la façon dont on résoudra au plus tôt les problèmes actuels conditionnera la qualité de nos lendemains. En d’autres termes, demain sera-t-il vraiment un autre jour ? Et pour la deuxième fois, je ne peux m’empêcher de poser à nouveau cette même question.

Bernard VADON