MAROC DANS QUELQUES SEMAINES, L‘ARCHEVEQUE DE RABAT - MGR CRISTOBAL LOPEZ ROMERO -  RECEVRA LE PAPE FRANCOIS : BISMILLA ARRAHMAN ARRAHIM ! (au nom de Dieu miséricordieux et compatissant)

Publié le 20 Février 2019

Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."
Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."

Monseigneur Cristobal Lopez Romero dans sa cathédrale Saint-Pierre à Rabat : "Je suis venu pour vous aimer."

 

Depuis presqu’un an, le P. Cristóbal López Romero officie comme nouvel archevêque de Rabat, archidiocèse couvrant une grande partie du Maroc. 

Retour de circonstance sur la feuille de route de celui qui se réclame d’un prénom aussi lourd de responsabilité mais extrêmement beau dans sa signification originelle à savoir porteur du Christ.

D‘ailleurs, lors de son installation le nouvel archevêque de Rabat s’est employé à définir sa mission pastorale en quelques mots simples et directs mais en parfaite osmose cultuelle avec la pensée du pape François qui, prochainement (les 30 et 31 mars)  sera également l’hôte du roi Mohammed VI :

 « Je suis venu pour vous aimer. Le service principal que je vous offre n’est pas d’organiser une activité, diriger les paroisses ou entreprendre des initiatives pastorales, mais plutôt le service de l’amourMon tableau de marche aura comme point de référence le Pape François » a en effet déclaré en substance Monseigneur Cristóbal.

 

SANS AMBIGUITE

Pour le souverain pontife, outre l’importance accordée par l’église de Rome à la recherche d’une paix durable, le dernier voyage du Saint Père aux Émirats arabes a, en quelque sorte, donné le ton de ce grand défi au travers d’une parole aussi mystérieuse, énigmatique et qui sait dérangeante mais ô combien puissante :

« Combien de cœurs qui aiment et qui prient, rassemblés dans le feu de l’Esprit . »

La fraternité a singulièrement, et parfois sans tellement de compréhension de la part de certains, marqué cet important déplacement.

Mais aujourd‘hui ce focus sur le Père Cristóbal López Romero est aussi l’occasion de revenir sur les grandes préoccupations que posent les migrations et  la prévention des abus. Des thèmes longuement évoqués lors de la dernière assemblée des évêques de la Région Nord-Afrique et sujets particulièrement chers au Pape François.

A cet égard, la position de l’Église en général, et celle du Maroc en particulier, est claire et Monseigneur Cristóbal López Romero, au nom de ses confrères, en a de nouveau fixé les règles. Sans ambiguïté :   

« Nous voulons attirer l’attention sur les souffrances des migrants dont le voyage vers l’Europe est marqué par la souffrance, les injustices, les violences en tous genres. C’est un calvaire pour des milliers de personnes. Nous dénonçons le manque de respect des droits humains qui doivent s’appliquer à cette innombrable humanité portée par l’espoir d’un avenir meilleur mais affaiblie par la souffrance. »

Concrètement, au Maroc, l’Église a alloué 1,5 millions d’euros pour son action et a mis en place un programme pluriannuel baptisé « Kantara » (ou Pont). L’objectif vise à prendre en charge quelques milliers de migrants grâce à l’engagement de médecins, psychologues, éducateurs, enseignants et médiateurs culturels. Une initiative que complètent l’assistance sanitaire et psychologique, l’éducation scolaire en faveur des mineurs, la formation professionnelle et l’insertion dans le monde du travail.

Monseigneur Cristóbal aime également faire allusion à Kénitra, autre lieu marocain dédié, un temps, à sa pastorale. Kénitra, hier encore nommée Port-Lyautey, signifiant en langue berbère « petit pont »  :

« C’est exactement cela que je veux être,  un petit pont qui unisse les uns et les autres, les chrétiens des différentes confessions et de tous pays, les musulmans et les chrétiens, les pauvres et les riches, les Européens et les Africains, l’Orient et l’Occident, les adultes et les plus jeunes. Quand il y a beaucoup de monde engagé et pressé pour construire des murs pour nous séparer, n’est-ce pas la tâche de chaque chrétien, dont l’évêque en premier, d’être plutôt des bâtisseurs de ponts, de faire que chacun devienne un petit pont, un petit kénitra ? »déclare t-il avec un bel enthousiasme.

 

DIALOGUER AVEC LES MUSULMANS

Pour les évêques de cette région du monde, c’est, en filigrane, une réponse cinglante à l’indignation et la tristesse que suscite l’attitude égoïste des gouvernements en général. Les fidèles ne sont pas épargnés car un grand nombre d’entre eux ne voient pas le visage du Christ dans le regard de ces frères en souffrance :

« Une prise de conscience qui donne la mesure de notre place en Afrique du Nord.  Nous désirons être une Église présente, vivante et active. Nous souhaitons poursuivre et entretenir le dialogue avec les musulmans en favorisant l’évolution de ces sociétés vers un pluralisme religieux et vers la liberté de conscience. Dans cette optique, il faut améliorer la formation des prêtres et des opérateurs pastoraux. »explique Monseigneur Cristóbal.

Pour ce dernier, de Saint François de Salles à Don Bosco le chemin est tracé :

« La devise épiscopale que j’ai choisie, (« Que ton Règne vienne »), illustre ma conviction que l’objectif des chrétiens n’est pas de travailler pour l’Église, mais de construire le Règne de Dieu, un règne qui est de paix et de justice, de liberté et d’égalité, de vie et de vérité, de miséricorde et d’amour. Cette tâche,  nous devons l’accomplir ensemble avec tous les croyants et avec toutes les personnes de bonne volonté. Ma feuille de route a comme point de référence le magistère du Pape François.  Son encyclique Evangelii Gaudium donne des orientations claires et précises sur cette mission. Mais quand je parle du magistère du pape, je ne veux pas le réduire aux documents et aux discours de François, je pense surtout à son exemple en tant que pasteur, à son témoignage de vie. En le regardant, j’ai beaucoup appris et j’espère apprendre encore plus. »

Quant à la récente béatification des martyrs chrétiens victimes de la barbarie islamique, elle n’était pas dirigée contre les musulmans pour la simple raison que le terrorisme est aveugle et qu’il a aussi et notamment frappé une centaine de d’Imams qui n’ont pas accepté de cautionner les violences des fondamentalistes. Donc, ce qui importe, c’est bien la recherche de la paix dans le respect de chacun et surtout celui de ses convictions au-delà de tout prosélytisme d’où qu’il vienne.

Enfin, les abus en tous genres qui requièrent l’intransigeance papale, ont également sensibilisé les évêques d’Afrique. Ceux-ci ont, pour ce faire, mis en place, dans chaque diocèse, une commission à l’écoute des victimes potentielles. Une initiative complétant l’engagement déjà pris de créer des milieux sûrs pour les mineurs.

« L’important dans tout cela, nous aimer les uns les autres, construire ensemble le Règne de Dieu, marcher comme Église sur les chemins du dialogue et de la fraternité avec tous les croyants et les personnes de bonne volonté : voilà le noyau d’un projet qui n’est pas le mien, mais bien celui du Christ, de l’Évangile, de l’Église, et notamment celle de Rabat. »  affirme l’archevêque de Rabat qui s’en remet encore au Pape François, et à dessein à sa précieuse recommandation : 

« Que tu sois un père à aimer, un maître à écouter, un gardien à vénérer… » 

 

 

Bernard VADON

 

 

Le P. Cristobal López Romero est né le 19 mai 1952 à Vélez-Rubio, dans le diocèse de Almeria (Espagne).

Il est entré dans la Famille Salésienne en 1964. Après avoir terminé les études secondaires au Séminaire Salésien de Gerona, il est entré su Séminaire Salésien de Barcelona, où il a étudié la Philosophie (1973-75) et la Théologie (1975-79). 

Il a obtenu une Licence en Sciences de l’Information, section journalisme, à l’Université Autonome de Barcelona (1982)

Il a fait sa première profession le 16 août 1968 et la profession perpétuelle le 2 août 1974. Il sera ordonné prêtre le 19 mai 1979.

Après son ordination sacerdotale, il a assumé diverses responsabilités : 

1979-84 : ministère en faveur des marginalisés à ‘La Verneda’, Barcelona ; 1984-86 : Pastorale des jeunes au Collège salésien de Asunción (Paraguay) ; 1986-92 : Délégué provincial pour la Pastorale vocationnelle des jeunes à Asunción ; 1991-92 :Directeur  du Bulletin Salésien à Asunción ; 1992-94, Curé à Asunción ; 1994-2000 : Provincial de la Province salésienne du Paraguay ;  2000-2002 : Directeur de la Communauté, pastorale et enseignant au Collège d’Asunción ; 2002-2003 : ministère dans les Missions du Paraguay ; 2003-2011, directeur de la communauté, de la pastorale paroissiale et scolaire au Centre de formation professionnelle à Kenitra, Maroc ; 2011-2014 : Provincial de la Province Salésienne de Bolivie ; depuis 2014 : Provincial de « Maria Auxiliadora » en Espagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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