Politiquement incorrect,  ou, à la manière de Pierre Desproges : « Je vous « hais » … compris ! »

Publié le 12 Décembre 2018

L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...
L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...
L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...
L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...
L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...
L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...

L'Histoire est parfois un éternel recommencement mais quid des solutions ...

 

L’Histoire est un éternel recommencement. Les acteurs changent mais parfois certaines petites phrases leur survivent. 

Dans cette manière d’exercice linguistique, le général De Gaulle faisait figure d’orfèvre.

Du « Québec libre »en passant par « la ménagère qui veut le progrès mais pas la pagaille »ou le clin d’œil mexicain« Marchemos la mano en la mano » et  « Ce vieux pays tout bardé d’habitudes et de circonspection » mais encore le« Moi De Gaulle, j’ouvre la porte de la réconciliation » ou le « Paris martyrisé, mais Paris libéré »et surtout l’inoubliable et légendaire « Je vous ai compris »,on pourrait ainsi à satiété poursuivre la litanie d’un authentique et incomparable chef d’Etat que d’aucuns s’évertuent en vain à imiter. 

Suivez mon regard. 

 

LE BIEN DE LA FRANCE

Le général, lui,  savait parler aux Français de cette France qu’il aimait, respectait et sublimait.  Incontestablement.

Mais n’est pas De Gaulle qui veut.

Pour exemple, le 4 mars 1967, lors de l’une de ses nombreuses interventions.

C’était à la veille du premier tour des élections législatives, le général, alors Président de la République, s'adresse aux Français en leur montrant en quoi il est nécessaire que de leurs votes sorte une majorité stable au Parlement afin qu'il puisse travailler de façon cohérente avec son gouvernement. Un exercice de haut vol politique quasi inimitable. Un texte d’anthologie médiatique rare et dit naturellement sans papiers ni prompteur.

Nous ne sommes pas encore dans ce cas de figure – quoique -  mais combien de professionnels dans le genre pourraient un jour humblement s’en inspirer.

C’est à vous mon Général :

 

« Françaises, Français, à la veille du jour où le pays va voter, après avoir entendu tant et tant d'arguments opposés, j'ai le devoir d'évoquer devant vous ce qui nous est commun à tous, je veux dire le bien de la France. 

Car chacun sait au fond de lui-même, que par-dessus toutes les tendances, tous les souhaits, tous les griefs, il y a le salut ou le malheur de notre peuple. 

Chacun sait qu'au long de notre vie nationale, autrement dit de notre combat contre les difficultés du dedans, la concurrence du dehors, Parfois l'agression étrangère, tous, nous gagnons ou nous perdons, suivant que notre pays gagne ou perd. Chacun sait pour quelles raisons historiques et constitutionnelles il m'appartient d'exprimer et de soutenir au-dessus des compétitions ce qui est l'intérêt supérieur permanent collectif de la Nation. 

Car du flot des multiples débats concernant les affaires publiques et auxquelles nous venons d'assister, il se dégage trois conclusions dont je crois bien qu'en dépit des partis pris électoraux, elles sont en réalité partagées par tout le monde. 

La première, c'est qu'à l'époque et dans l'univers où nous sommes, et compte tenu des terribles épreuves qu'a subi notre pays et des graves retards qu'il a longuement accumulés, en dépit de tout cela eh ! bien, beaucoup de difficultés sont à vaincre pour que nous puissions assurer à la France le progrès, l'indépendance et la paix. 

La deuxième conclusion, c'est que quoi que ceux-ci ou ceux-là puissent contester ou réclamer, pour les besoins de leur cause, beaucoup est accompli à l'heure actuelle. La troisième, c'est que pour aller plus avant sur la route qui nous mène à laprospérité économique, à la justice sociale, à la coopération européenne et mondiale,il nous reste beaucoup, beaucoup, beaucoup à faire. 

Mais justement, comment le faire ? 

Si les pouvoirs de l' Etat devaient être comme naguère paralysés par les crises, comment le faire ? 

Si moi-même, confirmé à la tête de la République par le mandat de notre peuple, chargé comme je le suis de garantir le destin de la France, par conséquent de conduire sa politique, et de nommer son gouvernement, je trouvais au sein du parlement les partis en mesure de m'empêcher d'accomplir ma tâche et ainsi de bloquer le fonctionnement régulier des pouvoirs, sans être capables de remplacer par rien de cohérent les institutions stables et efficaces que nous avons établies, Comment faire tout ce que nous avons à faire si du coup notre pays se voyait lui-même et se montrait à l'étranger comme voué de nouveau à d'absurdes et ruineuses secousses ? 

Au contraire, tous les espoirs sont permis à la Nation, si notre cinquième République l'emporte. Car alors, elle prendra le départ pour une étape nouvelle de notre marche en avant. 

Alors, l'action qu'elle mène à l'intérieur pour le progrès dans tous les domaines sera sans nul doute renforcée par la confiance des citoyens et élargie ensuite par l'adhésion d'un nombre grandissant de ceux qui jusqu'à présent se sont tenus à son égard éloignés ou incertains. 

Alors, elle aura encore plus de poids et de crédit à l'extérieur pour accomplir la mission de notre pays, pour aider l'Europe toute entière à s'unir et à s'organiser, et pour travailler à la paix du monde. 

Françaises, Français, vous le voyez une fois de plus, au moment décisif, je vous ai parlé pour la France. Vive la République, vive la France »

 

AVIS AUX AMATEURS

Même si nous étions encore dans cette période faste de forte croissance économique dite des « Trente Glorieuses » et qu’un an plus tard, lors des événements de « mai 68 », les fameux accords de Grenelle permettront – le rêve aujourd’hui – de relever le SMIG (aujourd’hui le SMIC) de 35% et les salaires de 10% avec en prime la semaine des « 40 heures » , le général, auquel d’aucuns faisaient toutes sortes de reproches, souvent liés à un contexte historique singulier notamment marqué dans les années 60 par la guerre d’Algérie, possédait un sens inné de la communication qu’il n’a eu de cesse depuis son historique émission via Radio-Londres « Les Français parlent aux Français », de peaufiner sinon d’affiner  grâce à une  fine et efficace maîtrise de la radio puis de la télévision dont la reprise de la précédente allocution est une remarquable illustration. 

Avis aux amateurs du moment !

 

Bernard VADON 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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