LE JOUR DU SEIGNEUR OU TEMPETE SOUS LES MITRES :  LES PRELATS FRANÇAIS BRANDISSENT LA CROSSE !

Publié le 16 Décembre 2018

Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.
Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.
Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.
Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.
Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.

Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd'hui ... l'interpellation des évêques de France.

 

 

« Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd’hui. Tristesse de se voir ainsi, et de ne pas arriver à se rassembler pour l’élan dont il est capable, alors même que les épreuves et les incertitudes demandent que nous nous retrouvions. Il y aussi le risque de ne plus voir notre vie en société que négativement, oubliant combien nous avons de la chance de vivre dans ce pays, et que beaucoup envient nos conditions de vie. Allons-nous continuer à nous désoler, à nous opposer, à ne plus croire à nos capacités, mais aussi à ne plus voir tout ce qui, le plus souvent silencieusement, fait de manière bonne et heureuse la vie de ce pays : le travail bien fait, la disponibilité auprès de ceux qui souffrent, la vie de famille…? Il y a beaucoup de richesse cachée dans les cœurs, et de l’espoir qui vient de l’action de beaucoup. Et pour nous chrétiens, il y a l’invincible espérance que nous donne le Christ d’une lumière qui l’emporte sur toutes les obscurités.

Alors, allons-nous encore laisser passer les années sans nous situer à hauteur des enjeux de responsabilité et de sens que la vie en commun nécessite ? Sommes-nous prêts à regarder les choses en face et à en tirer toutes les conséquences pour nos conduites personnelles et collectives ? 

Chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace. Des qualités qui n’ont jamais déserté le cœur de notre pays ».

 

REFLEXIONS

Il y a deux ans, la conférence des évêques de France publiait un ouvrage de réflexions dans lequel les prélats libéraient leur conscience dans un contexte qui ne laissait pas encore entrevoir le tsunami social que d’aucuns, dans la sphère politicienne, n’ont pas vu venir et qui crée aujourd’hui un climat de tension extrême.

Contrairement à ce qu’affirment aujourd’hui les évêques, cette lame de fond n’est pas seulement la résultante de l’attitude indifférente et méprisante des responsables en charge des affaires du pays mais également sinon surtout des disparités profondes générées par les lobbys de la finance et de l’économie.

Les évêques invitent à l’écoute mais n’est-ce pas trop tard ?

 

Le 11 décembre dernier, dans un « appel aux catholiques de France et à nos concitoyens »le conseil permanent de la Conférence des évêques de France prenant acte de la gravité de la « crise dite des gilets jaunes » suggérait la réunion de « groupes d’échanges et de propositions ». 

Il faisait suite au court message du président de la CEF, l’archevêque de Marseille, Georges Pontier, publié le 6 décembre, et par lequel  les évêques de France ont décidé de prendre au sérieux les revendications des manifestants et de s’impliquer plus vigoureusement dans la recherche d’une « sortie de crise ».

Toujours selon les évêques :

« Celle-ci est révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques. En sortir sera donc difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir ».

 

Trois semaines après le déclenchement de la crise des gilets jaunes Mgr Georges Pontier déclarait encore :

«  Cette crise montre à l’évidence un déficit d’écoute et de dialogue dans notre pays, des ruptures et des incompréhensions que vivent beaucoup de nos concitoyens, une méfiance croissante dans toute institution et la perte de confiance dans les corps intermédiaires (...) Les changements profonds qui marquent notre société, des choix politiques mal compris accentuent le sentiment d’exclusion. »

QUELLES SOLUTIONS 

« Il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements » estimaientdéjà il y a deux ans et en amont des élections présidentielles, dans un texte prémonitoire intitulé : «  Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. »

Mettant en exergue le fait – je cite encore – qu’il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national.

Suite du constat :

« Aujourd’hui, les lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble manquent. Un manque aggravé par l’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical ».

« Où nos concitoyens trouveront des lieux appropriés pour engager les solutions ? s’interrogent encore les évêques.

Selon eux,  l’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. » 

Elle doit donc et tout naturellement s’impliquer. :

« À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse », affirment les évêques de France.

Concrètement.

Ils suggèrent d’entreprendre (…) dans les semaines à venir (…) une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire en suscitant « partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi .

 

Ainsi et à titre de manières de « pistes de réflexion », les évêques proposent cinq questions :

 « Quelles sont en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ? » ; 

« Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ? »  ;

 Et enfin, «  Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ? ».

UN ROLE PASTORAL

Etant entendu, qu’entre « bien commun » et partage des ressources aujourd’hui confisquées, en trop importante partie, par certaines classes privilégiées préoccupées de préserver jalousement leurs intérêts au détriment du plus grand nombre et notamment des moins nantis à tous niveaux, la voie est de plus en plus étroite quant à espérer des lendemains qui chantent pour chacun. Quant aux solutions elles sont de plus en plus compliquées à trouver.

Pour reprendre l’injonction des prélats français, dont c’est aussi le rôle, au moins au plan pastoral, de se faire entendre et pour ceux qui ne manqueront pas de les critiquer estimant qu’ils ont mieux à faire le titre pour le moins prémonitoire d’un qu’ils firent paraître il y a environ deux années :

 « Dans un monde qui change il faut retrouver le politiquement correct. »

La politique, est-il encore utile de le rappeler, hors sa signification restrictive (lorsque notamment elle s’applique à la pratique du pouvoir), indépendamment de sa notion polysémique, a surtout trait au collectif et à son organisation juste et équilibrée au regard d’une société diversifiée où l’individualité est en même temps une richesse et un problème. Une équation qui réclament des qualités d’exception.

Des caractéristiques aussi qui, malheureusement, sont de moins en moins prises en compte sinon en considération. La politique, sous l’effet de l’intempérance, de l’intrigue et de la comprissions, étant devenue, en son expression péjorative, tout bonnement politicienne. 

Nous sommes loin, très loin du sens grec : agir pour la cité.  

Le principe du chacun pour soi et du bon Dieu pour tous prévalant et certains crétins et autres crétines éditorialistes de service, misérables donneurs de leçons – pour quelques-uns somptueusement rémunérés – gardant jalousement le haut des plateaux de télévisions et autres studios de radio inféodés à la stratégie politique du moment, n’arrangent pas les affaires d’une société déboussolée.

Je ne parle pas de ceux – et non des moindres politiquement et bien sûr responsables au premier chef – qui n’ont même pas le courage, la décence ou simplement l’honnêteté intellectuelle d’appeler un chat un chat et qui gomment de leurs minables discours le nom de ceux qui, épuisés et désespérés de vivre, ont légitimement mis le feu aux poudres. 

Pour faire bonne mesure, l’entêtement et l’intelligence du cœur ne sont pas enseignés  dans les facultés, mais cela est une autre affaire.

Et aujourd’hui, pour plagier le dicton :

Tout est important …  demain risque d’être un autre jour !

 

Bernard VADON

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

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