MARRAKECH RAPHAEL GAUDIN A LA GALERIE SINIYA 28 : quand la couleur inspire le geste

Publié le 13 Novembre 2018

Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.
Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.
Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.
Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.
Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.
Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.

Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.

 

Le futurisme est-il un avatar du naturalisme qui plus est un naturalisme mécanique ?

Je n’irai pas au-delà de cette question piège sinon pour trouver un lien avec l’art de Raphaël Gaudin entré en peinture par la petite porte sinon par un concours de circonstance familial finalement heureux qui semble aujourd’hui lui permettre de satisfaire comme il le dit lui-même une continuité instinctive au travers de ce qui fut jusqu’à aujourd’hui son activité de graphiste. (1)

 

COMME CHEZ DUCHAMP

Tenter de transmettre l’intériorité du mouvement, l’essence en quelque sorte de la mobilité, l’expression de l’imbrication profonde de l’étendue et de la durée, la transcription des articulations qui nouent l’espace et le temps.

Un peu, comme chez Marcel Duchamp.

Peut-être aussi en référence à l’univers cubiste (qui m’avait curieusement interpelé à la découverte de cette œuvre originale) la peinture a dû se trouver une autre voie d’expression lorsque la photographie née du génie de Niepce.

C’est l’avènement des symbolistes vers la fin du 19ème siècle avec ce que l’on a appelé « l’évanescence des sens ».

Le port du Havre par Monet en est un exemple.

 

Tout et rien, finalement, ne prédestinait Raphaël Gaudin à se projeter dans cet univers où la réflexion sinon l’intériorité des sentiments trouvent un répondant heureux dans ces « volutes » élégantes et singulières, que lui, appelle « ses rubans ».

Un étrange aboutissement pour ce peintre qui a fait ses armes professionnelles dans les arts appliqués et la publicité.

Tous les chemins ne mènent-ils pas à Rome ?

En l’occurrence, le sien, depuis Rennes, sa ville natale, a momentanément trouvé une première halte au Maroc, à Tanger.

Pourquoi pas ?

Tanger, la ville du détroit. Une manière de jonction géographique et culturelle entre l’Est et l’Ouest.

Comment ne pas opérer un rapprochement gestuel entre l’harmonie des courbes de ce peintre et la calligraphie orientale source de savoir par la magie du mouvement suffisamment maitrisé pour à terme donner un sens à cette sorte de concrétisation de l’énergie.

Hegel ne définissait-il pas l’œuvre d’art comme la conjonction entre une idée qui se trouvait réalisée dans une forme par l’artiste ?

Chez les grecs, l’art et la vie n’étaient pas aussi séparés que chez les romantiques.

 

ETAT D’ESPRIT

Chez Raphaël Gaudin les angles sont manifestement bannis au bénéfice de ces arrondis et de ses courbes soulignés par une palette riche de couleurs d’une extrême vivacité. L’exposition s’intitule d’ailleurs « Mouvements de couleurs ».

Tout cela s’imbrique, se frôle, s’entremêle à souhait, se fond dans une sorte d’infini au-delà des règles académiques de la stricte représentation. L’imagination s’installe dans un univers une sorte de mouvement perpétuel.

Comme pour le cubisme la représentation de Gaudin est un état d’esprit.

Guillaume Apollinaire, poète de la modernité qui fut un acteur de la révolution artistique et quelque part de l’avènement de l’art moderne, n’écrivait-il pas à propos de l’art :

« J’aime l’art d’aujourd’hui parce que j’aime avant tout la lumière, et tous les hommes aiment avant tout la lumière, ils ont inventé le feu. »

 

Je lui préfèrerais en la circonstance et à propos justement de la modernité cette autre réflexion de Charles Baudelaire celle-là, pour qui, la modernité c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable.

Peut-être à l’instar de Matisse et de sa peinture semblable à une orange, fruit de lumière éclatante, comme la qualifie encore Apollinaire, l’art de Raphaël Gaudin, avec « ces entrelacs celtiques présents en Bretagne, sa région natale » comme il se définit, se réclamerait plutôt d’un art qui trouve sa plénitude et sa raison d’être dans cet univers où prédomine une forme de liberté d’expression totalement affranchie d’éventuelles sources d’inspiration. Ce qui manifestement la personnalise.

 

Bernard VADON

 

 

(1) Hadia Temli accueille cet artiste français dans sa galerie Siniya 28

28 rue Tarik Ibn Ziad