MERCI MONSIEUR CHARLES !

Publié le 4 Octobre 2018

Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.
Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.
Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.
Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.

Souvenir émouvant de ma rencontre et de la réalisation d'un beau livre avec Charles Aznavour.

 

Johan Wolfgang Von Goethe, qu’en matière d’identité culturelle allemande on compare parfois à William Shakespeare pour ce qui relève, quant à ce dernier, de l’identité anglaise, et qui se situe dans la parfaite tradition de la Renaissance et des Lumières, estimait, à propos des rencontres fortuites, qu’il éprouvait souvent un sentiment pénible en voyant tant de jeunes gens disposés à se laisser entraîner par le torrent du siècle :

« Je ne me lasserai pas de faire remarquer que des rames ont été mises entre les mains de l'homme, dans sa barque fragile, afin qu'il ne s'abandonne pas aux caprices des vagues, mais se laisse gouverner par sa raison. » assurait-il.

 

Cette philosophie du bon sens ne m’est pas clairement apparue sur le moment, lorsqu’il y a quelques années, alors jeune journaliste à Nice Matin dans le Sud de la France, je fus désigné par ma rédaction en chef pour faire l’interview de Charles Aznavour. En l’occurrence et pour un quasi débutant dans le métier : honneur rima soudain avec bonheur.

Ce fut pourtant mal négocier avec la cruauté d’une actualité sans états d’âmes.

En effet, l’artiste était déjà au faîte de sa gloire et dans la lumière d’une notoriété selon lui mal reconnue au regard de son pays d’accueil qu’il s’apprêtait à quitter pour la Suisse. Motif : des soucis d’ordre fiscal qu’il jugeait injustes.

La pilule était amère et ne passait pas.

Manifestement, je tombais mal.

D’ailleurs, la réponse justifiée par un vif courroux et relative à l’aide qu’il serait susceptible d’apporter aux jeunes artistes confrontés aux difficultés d’un métier difficile, fut sans appel :

« J’ai personnellement galéré ils n’ont qu’à faire pareil ! »

 

Inconsciemment, du moins je crois, il y avait dans ce singulier conseil un peu du Gandhi sous-jacent celui-ci estimant que c’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire.

 

Mon article exhalait un étrange parfum de dépit. Puis le temps a passé.

 Les japonais ont-ils la bonne réponse quant à estimer que même une rencontre fortuite est décrétée par le destin ?

En tout cas, quelques années passèrent jusqu’à ce que le hasard qui, n’en déplaise à Jacques Monod, ne s’adjoignait pas, comme dans le titre d’un de ses ouvrages, de la nécessité, se manifestât par la rencontre avec un galeriste d’art cannois, relation amicale de Charles Aznavour désireux de publier un ouvrage d’art luxueux sous la forme d’illustrations de vingt et un de ses textes par Alfred Persia, l’un des peintres impressionnistes provençaux qu’il appréciait tout particulièrement.

Le projet auquel j’étais associé fut conduit avec la même exigence que son instigateur appliquait dans la rédaction des textes des quelques mille chansons à son actif.

 

Au terme de plusieurs semaines marquées par le travail des uns et la patience des autres, l’ouvrage d’art – dans toute l’acception du terme en raison de sa qualité exceptionnelle - fut abouti.

 

Avant d’être assemblées dans les ateliers réputés de « La Reliure du Centre » à Limoges, sa naissance fut honorée en Avignon lors de la signature officielle des vingt et une illustrations par l’auteur de « La Mama » et autres « Marguerite » ou « Comme ils disent » et surtout « Emmenez-moi » aujourd’hui d’apaisante actualité

Moment solennel puis sympathique et amical, un temps d’échange aussi, lors du déjeuner offert par Charles Aznavour à l’une des meilleures tables de l’antique Cité des papes.

 

Souvenir émouvant mais pas le moins du monde poignant.

 

« Je fuirais laissant là mon passé

Sans aucun remords

Sans bagages et le cœur libéré

En chantant très fort

 

Emmenez-moi au bout de la terre

Emmenez-moi au pays des merveilles

Il me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil. »

 

Je n’ai jamais été fasciné par les séries télévisées.

Pourtant, il arrive parfois – qu’on me pardonne cet excès sémantique -  que dans un océan de platitude ou de pathos exacerbé, un mot, une phrase, un texte illustrent à merveille un état d’âme.

Comme dans cette fameuse série américaine intitulée « Les Frères Scott » où cette réplique peut faire mouche au cœur de la sensibilité :

« Quand une chanson nous rappelle quelque chose, quand la poussière miroitant dans un rayon de lumière détourne votre attention du monde autour. La nuit quand vous écoutez au loin un train sur les rails, en vous demandant où il va, vous dépassez votre personne et votre monde. Pendant un instant bref, vous entrez dans un royaume magique. C’est ce en quoi je crois. ».

 

Merci Monsieur Charles !

 

 

Bernard VADON

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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