Rencontre avec Denis Castagné : PLUS QU’UN OBJET A LA MODE, LE VELO (ESSENTIELLEMENT ELECTRIQUE) A GENERE UNE VERITABLE « VELOSOPHIE »

Publié le 27 Août 2018

Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.
Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.
Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.

Un moyen de locomotion pratique, moderne et adapté à l'exigence écologique. La possibilité aussi de découvrir un environnement autrement.

 

« II faut qu'en mourant chaque âge lègue au suivant ses souvenirs, son flambeau allumé, comme il est dit des générations. Il faut que chaque âge mort soit enseveli et honoré avec piété par son successeur, ou racheté ou expié par lui. De la sorte, les âges se suivent en nous, en n'étant pas étrangers les uns aux autres ni à nous qui les portons ; ils entretiennent et perpétuent l'esprit d'une même vie. Nous arrivons vieux en face d'un âge ami, qui a reçu de ses devanciers les traditions de notre enfance et qui sait de quoi nous parler longtemps ; nous vivons avec cette vieillesse, d'ordinaire fâcheuse, comme avec un saint vieillard qui nous présenterait chaque jour dans ses bras notre berceau. » 
 

TEMOIGNAGE

Le parcours de Denis Castagné est un peu à l’image de ce texte de Sainte-Beuve. En quelque sorte, le témoignage vivant d’une saga familiale dont il est aujourd’hui et pour un certain temps encore le garant avant de passer un jour et à son tour le flambeau à ses enfants.

Pour l’heure, il ne refuse pas de faire le chemin inverse d’une aventure engagée dans les années cinquante par l’oncle de son père, là-bas, en bordure des Pyrénées Atlantiques, territorialement proche de ces Hautes-Pyrénées où quelques familles de souche continuent de perpétuer les traditions d’une région pas tout à fait comme les autres : le Béarn.

En bord du Gave, ce cours d’eau mythique qui depuis sa source au cœur du site de Gavarnie peut prendre des allures torrentielles, le génie de Gaston Fébus s’est illustré par des constructions originales qualifiées de bastides. Particulièrement dans la petite cité de Nay, bruissante de ces dizaines d’activités générées par les métiers de la terre. Ici, l’oncle de Denis Castagné a, sans trop de difficultés, dans les années trente, eu égard son parcours personnel, troqué son uniforme de militaire contre le tablier des techniciens en matériel d’horticulture.

Un bel exemple de reconversion avec pour décor de circonstance et lui faisant quasiment face, la deuxième des plus anciennes maisons de la cité après la fameuse Maison Carrée édifiée eu XVI° siècle par un riche marchand de l’époque, Pedro Sacaze, abritant aujourd’hui un musée et des expositions.

 

Après que son propre père eut repris les rênes de l’entreprise, Denis contracta naturellement le virus familial.

Son naturel curieux et un sérieux sinon une fine intelligence qui n’étaient pas tout à fait de son âge, contribuèrent à cette singulière connivence avec ses proches, responsables de l’entreprise qui par ailleurs portait déjà son nom.

Tout en comblant en parallèle de ses études techniques – il est titulaire d’un diplôme de dessinateur industriel – une curiosité innée, rien ne lui manqua quant à mettre en pratique et grâce à une sorte de bain en entreprise tout ce qu’il avait engrangé sur le terrain familial.

Il ne faisait pas de doute que ce subtil mariage entre une technique adaptée aux exigences de la terre et la nécessité d’établir un lien commercial indispensable pour que vive l’entreprise ont, au fil des ans et avec le concours de son père ayant pris entre temps le relais, propulsé la maison Castagné parmi les entreprises régionales référencées.

 

Aujourd’hui, Denis Castagné – qui ne se ménage pas et ne compte pas ses heures de présence tout en s’efforçant de préserver sa vie de famille – a franchi un nouveau pas en s’installant (depuis 2004) dans la zone commerciale d’Intermarché, à Coarraze, à quelques encablures derrière la colline abritant, sur les terres des barons du Béarn, un monument historique privé où le futur roi de Navarre, Henri IV, vécut jusqu’à l’âge de 7 ans.

 

Dans sa nouvelle et vaste structure comprenant un imposant lieu d’exposition – où sont présentées les machines estampillées des meilleures marques – mais aussi un atelier de préparation et de réparations des machines, Denis Castagné a souhaité développer une activité en pleine expansion, celle de la bicyclette et particulièrement du fameux VAE (ou vélo à assistance électrique).

Avec un évident souci de participer à ce plaisir renouvelé de pratiquer le vélo en proposant des produits de qualité complétée, systématiquement, par un suivi technique et en privilégiant les produits français – notamment Peugeot, Gitane ou encore Neomouv - même si parfois la recherche du meilleur produit le fait opter pour des distributeurs et fabricants étrangers.

Une manière pour cet interlocuteur raffiné et pédagoque de ne pas oublier que le vélo inspire aussi une certaine philosophie curieusement nommée par certains auteurs : la « vélosophie ». Les artistes n’étant pas en reste pour célébrer l’avènement de la petite reine en 1903 lors su premier et mémorable Tour de France. Yves Montand l’a immortalisée à sa façon inimitable.     

Certes, avec l’arrivée du VAE cette tendance a connu un regain d’intérêt depuis seulement trois ans durant lesquels les ventes ont atteint des records qui ne cessent d’être battus.

    

ELOGE DE LA ROUE LIBRE

Du vélo qui constituerait « une sorte de métaphysique incarnée » (dans le texte) car il s'agit d'un sport ou d'un mode de déplacement caractérisé par une vitesse modérée, dénué de chocs et de traumatismes, fondé sur la réitération d'un mouvement circulaire, propice à la méditation (sic) à un « éveil à la fois physique et cérébral », en passant par « les valeurs écologiques et sociales à l'opposé de celles de la voiture qui  favorise la généralisation de comportements agressifs dans l'espace public », il est de fait que les adeptes de la « vélosophie », au travers de leurs sympathiques délires, ont le vent en poupe.

Pour ces nouveaux penseurs, il s'avère (le vélo) comme un élément central des politiques publiques de développement soutenable mais aussi de coexistence sociale. Ni plus, ni moins !

 

Au-delà de ces élucubrations intellectuelles, le sentiment exprimé par Christophe Salaün (dans son « éloge de la roue libre ») la pratique du vélo serait justifiée par trois conditions allant de la volupté à la contemplation du monde en passant par la vertu, le tout générant un hédonisme (la recherche du plaisir en contournant la souffrance) mais aussi une éthique de leffort et une approche esthétique du monde.

En somme et selon cet auteur, un rapport au monde non évasif et discret qui effleure le monde sans le consommer.

 

De là, à reconnaître quon entre en cette spécialité un peu comme on entre en religion, un pas suffisait que Denis Castagné na pas hésité à faire dans sa relation avec une activité professionnelle qui, manifestement, connait à ce jour un regain dintérêt avec le vélo à assistance électrique (VAE). En clair, une bicyclette équipée d'un moteur électrique auxiliaire et d'une batterie rechargeable.

 

Historiquement, les VAE (sur lequel il est indispensable de pédaler pour que le moteur entre en fonction) ont vu le jour au cours des années trente (eh oui !) avec un premier modèle de série. Cependant, ce n’est qu’en l’an 2000, avec l’amélioration apportée aux batteries, qu’il reprit du service.

 

L'Union européenne définit d’ailleurs et juridiquement le cycle à pédalage assisté comme un deux-roues équipé d'un moteur auxiliaire électrique d'une puissance nominale continue inférieure ou égale à 250 Watts, dont l’alimentation s'interrompt si le cycliste cesse de pédaler, et se réduit puis s'interrompt avant que la vitesse du véhicule n’atteigne 25 km/h.

 

DEJA AU DIX NEUVIEME SIECLE

Plusieurs brevets concernant des vélos électriques furent déposés aux États-Unis dans les années 1890 et le 31 décembre 1895, Ogden Bolton Jr. s'est vu attribuer un brevet pour un vélo équipé d'une batterie électrique.

Deux ans plus tard, Hosea W. Libbey, à Boston, inventa un vélo propulsé par un double moteur électrique logé dans l'axe du pédalier.

Enfin, entre 1936 et 1938, EMI/Philips commercialise un modèle de vélo électrique en série alors que l’inventeur allemand Egon Gelhard inventait et brevetait en 1982 ce qui peut être considéré comme le principe du vélo électrique. I

Ce n’est que dix ans plus tard que Yamaha développa le premier vélo électrique qu’il commercialisa en 1993.

Un modèle sur la base du brevet de Hosea W. Libbey fut par la suite réinventé et imité à la fin des années 1990 par Giant.

Une cinquantaine de modèles de vélos électriques furent ensuite proposés entre 1992 et 1998.

En matière de résultats commerciaux, il est intéressant de noter qu’en 2004 les ventes sur le marché intérieur chinois étaient de 7,5 millions d'unités, soit pratiquement le double de l'année précédente, et qu’elles dépassèrent les 16 millions de vélos en 2006.

L’année suivante, toujours en Chine, les vélos électriques constituèrent jusqu'à 10 à 20 % de l'ensemble des deux-roues en circulation dans plusieurs grands centres urbains. Parallèlement, les exportations pour l'année 2006 étaient alors de l’ordre de trois millions d'unités et quatre années plus tard ce pays fut le premier producteur mondial de vélos électriques.

 

Puis, en 2015 est né Alpha, le premier VAE fonctionnant à l'hydrogène, un ambitieux projet conçu et développé par une entreprise de Biarritz (Pragma Industries) et soutenu par l’Agglomération Côte Basque Adour. Ce vélo français se recharge en moins de 5 minutes pour une autonomie de 100 km. Un challenge de taille !

Un problème momentané mais non négligeable est cependant apparu relatif aux stations de recharge. Aujourd’hui, ces bicyclettes très spéciales sont néanmoins opérationnelles dans certaines sociétés et administrations. Aussi,  Pierre Forté, président de Pragma-Industries, affiche sa pleine confiance quant au devenir de ce révolutionnaire moyen de locomotion en tous points pratique et surtout écologique.

 

En témoignent les ventes des vélos à assistance électrique (VAE) qui, l’en dernier, ont presque doublé et représentent 10 % du marché du vélo en France. Un succès qui s’explique au travers de cette autre façon de se déplacer et de la prédominance écologique.

Toujours en 2017, il s'est vendu quelque 255 000 vélos à assistance électrique (VAE) dans l'Hexagone et cela sur 2,78 millions de vélos. Un nombre multiplié par deux en une année pour quasiment atteindre celui des motos et scooters cumulés.

Il ne fait pas de doute qu’au-delà d’un plaisir manifeste le vélo électrique participe aussi à l’engouement des Français pour une mobilité plus douce et surtout agréable dans la mesure où l’effort est équitablement partagé entre l’usager et la machine.

Enfin, si le report modal (qui est de remplacer un mode de transport saturé par un autre afin de décongestionner le premier) entre la voiture et le vélo classique reste faible (autour de 20 %) le VAE réussit à séduire un nombre important d’automobilistes.

Ainsi, selon le cabinet Inddigo, 70 % des acheteurs d’un vélo à assistance électrique auraient abandonné leur voiture en tout cas pour les trajets domicile-travail.

 

Voilà qui laisse augurer des lendemains qui chantent pour ce moyen de transport original et adapté aux exigences de la modernité.

En tout cas pour Denis Castagné l’avenir est également ailleurs et notamment dans la mise en situation d’une continuité familiale.

Comme l’écrivait l’éminente femme d’Etat Simone Veil :

 

« Je n’aime pas l’expression devoir de mémoire. Le seul devoir c’est d’enseigner et de transmettre. »

 

Une philosophie semble t-il mise à profit par Denis Castagné qui, secrètement, souhaiterait bien pérenniser son affaire avec ses propres enfants en leur transmettant le flambeau familial.

 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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