« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » … c’était il y a presque 20 ans. Que reste t-il de ce constat ?

Publié le 10 Août 2018

Manifestement, de Charybde en Scylla ... de l'eau au feu en passant par les tremblements de terre et autres tsunamis, du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, peu de populations sont épargnées. Et selon les spécialistes sérieux si on ne fait immédiatement rien l'avenir de la planète est particulièrement sombre. Il est donc temps de se réveiller ... si toutefois il n'est pas déjà trop tard..
Manifestement, de Charybde en Scylla ... de l'eau au feu en passant par les tremblements de terre et autres tsunamis, du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, peu de populations sont épargnées. Et selon les spécialistes sérieux si on ne fait immédiatement rien l'avenir de la planète est particulièrement sombre. Il est donc temps de se réveiller ... si toutefois il n'est pas déjà trop tard..Manifestement, de Charybde en Scylla ... de l'eau au feu en passant par les tremblements de terre et autres tsunamis, du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, peu de populations sont épargnées. Et selon les spécialistes sérieux si on ne fait immédiatement rien l'avenir de la planète est particulièrement sombre. Il est donc temps de se réveiller ... si toutefois il n'est pas déjà trop tard..
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Manifestement, de Charybde en Scylla ... de l'eau au feu en passant par les tremblements de terre et autres tsunamis, du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, peu de populations sont épargnées. Et selon les spécialistes sérieux si on ne fait immédiatement rien l'avenir de la planète est particulièrement sombre. Il est donc temps de se réveiller ... si toutefois il n'est pas déjà trop tard..

 

Qu’importe que cette phrase, au demeurant prophétique, ait été pensée par Jean-Paul Deléage  - physicien, géo-politologue, maître de conférences aux universités d'Orléans et de Paris, militant et historien de l'écologie – pour dénoncer, non sans panache, un évident manque de prise de conscience universelle.

C’était en août-septembre 2002 et celui qui lançait ce cri d’alarme n’était autre que Jacques Chirac alors Président de la République fraîchement élu qui s’exprimait à l’occasion de l’assemblée plénière du IVème Sommet de la Terre, à Johannesburg.

Qu’importe encore que cette phrase, d’un réalisme hallucinant face à la légèreté des responsables politiques (rien depuis n’a tellement changé) ait été inspirée par la chanson "Beds are Burning de Midnight Oil" en 1986,  « How do we sleep while our beds are burning » dans le texte et cela alors que l'Australie était en proie à d’importants feux de forêt.

Qu’importe l’inquiétant constat d’une nature victime de la boulimie industrielle et commerciale de ses habitants. La réalité, c’est qu’alors, le réchauffement climatique en était (déjà) la cause essentielle, en tout cas selon les militants écologistes tenus par ailleurs pour de doux « fadas », comme on dit familièrement dans le Midi de la France.

 

Tous responsables

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » est au fond, et aujourd’hui plus que jamais, une mise en cause du comportement humain face à une nature qui lui donne tout mais à laquelle il ne concède rien.

Et comble du temps qui passe, on considérait alors comme tardive cette prise de conscience officielle qui n’eut évidemment et quasiment aucun effet immédiat sinon une collaboration de principe avec le Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair, quant la mise en place d’une taxation des billets d’avion pour financer l’aide au développement ! Ah, bon !

On croit rêver.

 

Oui, notre maison brûle et continue de brûler allègrement pourrait-on écrire sans rire. Pourtant, le président français de l’époque n’y allait pas de main morte quant à la situation du moment. Qu’on en juge :

 

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.  La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l'humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables. »

 

Et en prime, d’énumérer les grands problèmes environnementaux et de développement humain qui se posaient déjà, continent par continent.

De l'Europe frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires à l‘Amérique du Nord et son économie boulimique en ressources naturelles et atteinte d'une crise de confiance dans ses modes de régulation, en passant par l'Amérique latine qui voit resurgir « la crise financière » et ses contrecoups sociaux. Enfin, et pour faire bonne mesure, l'Asie menacée d'empoisonnement par une pollution exponentielle. Il n’oubliait pas dans son propos l'Afrique « accablée » par les conflits, le sida, la désertification, la famine ainsi que certains États insulaires menacés de disparition du fait du réchauffement climatique.

N’en jetez plus !

Et que faut-il encore au peuple de terre pour comprendre l'urgence de la situation et apprécier sa responsabilité ?

 

Les dérèglements s’accélèrent

Les commentateurs de l’époque n’y allaient d'ailleurs pas par quatre chemins quant à saluer ce diagnostic stigmatisant indirectement la suffisance des États-Unis, champions toutes catégories en matière de pollution mais refusant de ratifier le protocole de Kyoto. Notamment.

Aujourd’hui, c’est pire.

 

Presque 20 ans … et rien de tellement nouveau sous un soleil que la couche d’ozone en particulier et autres particules fines contrarient dangereusement.

L’espèce humaine - et avant elle animale et végétale - est en péril mais la course au profit perdure au grand dam de quelques chevaliers de l’écologie qui se décarcassent, souvent avec l’énergie du désespoir, face aux lobbies, politiques et autres, toutes catégories.

 

En cette année 2018, tous les compteurs sont au rouge et les climatologues ne sont guère rassurants.

Les dérèglements s’accélèrent – toute la nouveauté du phénomène pourtant encore contesté par quelques rêveurs qui se trompent de siècle en argumentant sur des catastrophes antédiluviennes ignorant non plus les effets mais plutôt les méfaits de l’action humaine en certains domaines – la pollution poursuit son travail de mort (13% seulement des mers et océans seraient encore épargnés) et le thermomètre affiche partout, du Nord au Sud, des températures inhabituelles ; les glaces de l’Antarctique et arctiques fondent tout comme les glaciers français, les forêts s’embrasent de plus belle et les inondations mettent à rude épreuve des communautés entières.

 

Oui, la maison plus que jamais brûle alors que nous regardons un peu moins ailleurs. Mais il ne semble pas que l’homme ait compris le véritable sens des phrases sans lendemains et des occasions perdues.

 

La sensibilisation à cette préoccupation avait fait son œuvre.

Pour le reste c’est malheureusement une autre affaire dont

Jacques Chirac était conscient :

« Les textes du sommet sont ce qu'ils sont. Ils ont une portée limitée, peut-être, mais incontestablement ils sont un moment de prise de conscience et une avancée. C'est bien ce que l'on attendait de ce sommet difficile »

 

Plus que jamais la leçon vaut pour tous les responsables de la planète :

« Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. »

 

Quand on vous le dit et comme le chante Jacques Higelin :

« Le monde est fou, le monde marche à l’envers ! »

 

Bernard VADON

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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