Colette Maze - pianiste - Au quotidien : trois œufs frais, un verre de Graves (ou tout autre bon cru) un soupçon de Brie et du chocolat. Sa recette pour aller au-delà de cent printemps. Bingo !

Publié le 11 Août 2018

Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !
Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !
Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !
Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !
Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !
Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !

Colette Maze, elle a fêté dernièrement ses 104 ans : défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés. Un bien merveilleux programme !

 

« Je me demandais si la musique n’était pas l’exemple unique de ce qui aurait pu être la communication des âmes s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées. »

 

Cette phrase puisée au fil de « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust resurgit comme par magie à l’occasion de certaines rencontres d’exception.

En l’occurrence celle – par le biais médiatique – de la pianiste Colette Maze.

Surprenante et attachante personnalité qui ne sort pas seulement de l’ordinaire lorsqu’elle se trouve devant le clavier de son Steinway mais également dans un autre ordinaire, pourrait–on dire, celui de son quotidien. Jusqu’à donner des complexes à son « aide à domicile » de quarante ans sa cadette s’efforçant de calquer le rythme de ses activités professionnelles – ne serait-ce que lors des sorties hors de son douillet appartement du 15ème arrondissement de Paris pour faire ses courses ou satisfaire sa coquetterie chez sa coiffeuse attitrée.

Elle est comme ça Colette. Toute emplie d’émerveillement et d’enthousiasme. Une manière de jeunesse éternelle, serait-on tenté d’écrire. Mais de toute évidence, tendrement fidèle à sa philosophie, à savoir de savourer la vie aussi pleinement que sainement.

Alfred Cortot et Nadia Boulanger ont été ses maîtres durant ses études à l’Ecole normale de musique de Paris.

 

L’AMOUR DE SA VIE

Aussi, à l’occasion du centenaire de la mort de Claude Debussy – celui envers lequel elle n’a jamais caché admiration et passion – elle fait paraître un touchant album – intitulé « 104 ans de piano » (Continuo Classics) où s’exprime avec force mais aussi subtilité l’intelligence musicale :

 

« Je joue Debussy depuis toute petite, j’aime sa sensibilité, on entend la nature, la mer, la pluie qui tombe. » confiait-elle lors d’une émission sur un média classique.

 

Dans ce florilège de notes et de mesures spécifiques au compositeur français - qu’on surnommait Claude de France - Colette Maze offre le meilleur d’elle-même. A sa façon certes. Une caractéristique qui n’est pas seulement décelable dans la technique et l’interprétation théorique mais aussi et surtout dans la délicatesse du touché, dans cette « intelligence » et cette subtilité propre dont Claude Debussy avait le secret. Une expression musicale originale et personnelle. Pas une once d’académisme et d’influences scéniques. L’explication peut-être de cette jeunesse hors normes.

Pourtant et même si elle est encore fort loin d’accuser son âge – elle est née le 16 juin 1914, juste après que Raymond Poincaré eut nommé René Viviani président du Conseil et deux mois avant le déclenchement de la première grande guerre mondiale. Elle avait 4 ans lorsque mourut Claude Debussy celui qui resterait « l'amour de sa vie » et dont, selon ses propres termes elle continuera de célébrer « la sensibilité et la spiritualité ».

 

LE FEU DE L’ESPRIT

A 5 ans, elle débute le piano et dix ans plus tard elle entre à l'Ecole normale de Musique de Paris.

Depuis, la virtuose et époustouflante centenaire n’a jamais failli à son éthique basée sur le travail et une remise en cause permanente tant physiquement - elle s’impose une gymnastique élémentaire afin d’entretenir autant ses mains que son buste et ses bras - que techniquement avec quatre heures quotidiennes au piano.

 

Quant à son exceptionnelle longévité, elle l'attribue, sans complexe à la consommation quotidienne de trois œufs frais, d’un verre de Graves, d’un peu de Brie et du chocolat. Pas moins.

 

Mais c'est à son piano et à la musique - dont Claude Debussy affirmait qu’elle n'est pas enfermée dans les livres mais qu’elle se trouve dans les bois, les rivières et l'air - que Colette Maze estime (sic) défier le temps qui passe et rajeunir au milieu des paysages ensoleillés de ses compositeurs préférés.

Dans ce dernier et récent album, c’est un émouvant hommage que rend Colette Maze à Claude Debussy mais aussi à l’Espagnol Federico Mompou ainsi qu’aux célèbres argentins Astor Piazzolla et Alberto Ginastera, avec un respect appuyé au précieux conseil que lui prodigua Alfred Cortot :

« Il faut que la musique fasse jaillir du feu de l'esprit et pas seulement des étincelles du clavier ».

 

Voilà qui devrait interpeler bien des musiciens du temps présent !

 

 

Bernard VADON

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :