APRES SA DECLARATION CHOC SUR FRANCE-INTER : ET SI MALHEUREUSEMENT NICOLAS HULOT AVAIT RAISON SUR NOTRE MORT ANNONCEE …

Publié le 29 Août 2018

A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...
A méditer s'il n'est pas trop tard ...

A méditer s'il n'est pas trop tard ...

 

 

Il est malheureusement et peut-être tard pour siffler la fin d’une partie sinon d’une récréation au cours de laquelle l’humanité n’a cessé de jouer avec le feu.

Comme bon nombre d’auditeurs fidèles à France-Inter j’ai reçu en direct et de l’intéressé, l’information concernant sa décision de jeter l’éponge sur un ring gouvernemental et sociétal où il n’a eu de cesse de ne pas se contenter de tirer la sonnette d’alarme, d’interférer dans certaines décisions et d’acter quelques modestes avancées pour tenter de réduire l’effet de serre notamment dont la planète risque sous peu maintenant de ne jamais s’en remettre. Ou difficilement.

Quant à la formule classique du « on verra demain » elle n’est plus de circonstance tant la situation est grave.

Ce n’est pas moi qui le confirme mais celui dont on ne comprenait pas très bien cet entêtement à s’accrocher depuis des mois aux branches d’un pouvoir déconnecté de la grave réalité. Des graves réalités.

Sa confession en direct avait manifestement un relent pathétique qui, sur fond d’extrême tristesse, donnait, surtout et en filigrane du désespérant constat écologique, le sentiment d’un rappel tragique de la condition de l’homme qui désire ardemment les biens, qu’il appelle confort et luxe qui ne font pas ce bonheur espéré qu’il ne rencontrera que dans la solidarité avec ces semblables et non pas avec les choses.

 

LA SOLITUDE

Comme tout homme public, Nicolas Hulot est à la portée de toutes les pierres lancées par ceux qui ne partagent pas sa vision des choses ou tout simplement qui ne l’aime pas.

Ainsi va le monde.

Selon Nicolas Hulot, depuis 30 ans des petits pas ont été faits c’est en quelque sorte des avancées modestes mais insuffisantes. Nous sommes passés à côté de l’essentiel.

Les différentes conférences sur le climat ont finalement, ou quasiment pour être aimable, accouché d’une souris.

Qu’en est-il réellement de ce fameux accord de Paris adopté pour lutter contre le réchauffement climatique ?

La réticence des plus importants pollueurs de la planète dont les Etats-Unis est en soi un aveu d’impuissance manifeste. On en mesure aujourd’hui les effets et cela ne fait que commencer.

Dans son essai, « L’attitude équivoque face à la richesse », Naïma Benabdelali donne une version intéressante de l’anti-économisme sinon de ce néo-libéralisme générateur de catastrophes et d’injustices et surtout de pillage des ressources naturelles au nom d’une croissance obsessionnelle :  

 

« Donner c’est également donner un sens à ce qu’on possède, à ces fatras de biens qui submergent et peuvent provoquer une certaine amertume, l’amertume du satisfait à l’excès, l’amertume de l’indigestion, du comblé qui n’apprécie déjà plus la valeur des biens qui l’inondent. En donner, c’est en lire la valeur dans la joie du donataire. Exploser en largesses, c’est la manière qu’a le prince de sortir de la solitude dans laquelle le confine sa trop grande fortune, de rétablir un lien avec ceux qui ont su l’entourer. Une richesse non partagée est comme le pouvoir despotique, elle engendre la solitude. »

 

DESESPERANCE

Gouverner ce n’est pas seulement faire croire.

Nicolas Hulot, au-delà de son élégance sémantique quant à ne pas éclabousser ceux en qui il pouvait avoir confiance, en ressent aujourd’hui une cruelle déception, une désespérance poignante.

Ce n’est pas ce qu’attendait de cette lourde et capitale tâche écologique et sous ce titre pompeux, le ministre d’Etat et ministre de la Transition écologique et solidaire.

En tout cas, pas cette tristesse infinie et réfléchie dans son propre miroir et avouée, à l’issue d’un long temps de réflexion et de solitude, devant un micro de grande écoute, face à des journalistes ébahis et quelque part, marris d’avoir été pris de vitesse.

Quelle leçon pour les chasseurs de « scoop » attitrés,

champions d’un journalisme ou d’une communication de circonstance qui en seront pour leurs frais et que l’on ne va pas plaindre.  

Est-on pour autant à la veille d’une nouvelle révolution copernicienne ?

En tout cas, plus que jamais, demain n’est plus un autre jour mais un aujourd’hui en forme de boulet que chacun de nous reçoit en pleine figure.

 

Nicolas Hullot, l’aventurier, dont nos générations ont pu apprécier les exploits dans les années quatre vingt, tire donc sa révérence mais ne semble pas vouloir renoncer à la concrétisation de ses idéaux. Hors la politique des petits copains et loin des fastes élyséens.  

L’élasticité, en physique classique, consistant en la propriété d’un matériau solide à retrouver sa forme d’origine … après avoir été déformé, est une illustration de ces rêves insensés dont certains de nos gouvernants se gargarisent … jusqu’à ce matin.

Nicolas Hulot leur a asséné un coup et nous a préparé un réveil douloureux.

Allons-nous émerger de cette incohérence dans la gestion sinon de notre devenir – quoique- et en tous cas de celle des générations à venir ?

Les climato-sceptiques continueront ils longtemps à se frotter les mains et à rire des supposés fouteurs de pagaille qui sont en réalité de précieux lanceurs d’alerte ?

D’un continent à l’autre la nature s’emballe, le réchauffement climatique s’amplifie, les rivières débordent et la mer s’étale, la terre gronde, les glaces, d’un pole à l’autre, fondent à vue d’œil, les forêts s’enflamment, la planète et ses hôtes n’ont jamais été aussi déboussolés et les ambitions humaines tout autant démesurées.

Le constat est tout simplement apocalyptique, épouvantable, eschatologique, catastrophique et dantesque.

 

Qui se souvient du film « Le syndrome du Titanic » ?

C’était il y a dix ans.

Nicolas Hulot en était le co-auteur qui au-delà des belles images en appelait d’urgence à la raison et à l’action politique sur la crise écologique. Une relation d’exception avec la planète ponctuée d’émotions mais surtout un homme comme vous et moi tout simplement conquis et surtout convaincu par la planète Terre.

A méditer s’il n’est pas trop tard !

 

 

Bernard VADON

                                       

     

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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