QUAND SOLITUDE RIME AVEC LE « CLIC » DISCRET D’INTERNET.

Publié le 13 Juin 2018

A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali
A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali

A chacun son sentiment et en la circonstance, de Gilbert Bécaud à Hubert Reeves en passant par Sophie Kinsella, Luc Fayard, Didier Hallépée et Jacques Attali

 

 

Dans les années 70 Gilbert Bécaud la chantait et la rejetait avec le talent qu’on lui connaissait.

Non, pour Bécaud « la solitude ça n’existe pas ».

Et comme à l’époque, Internet ne montrait pas encore le bout de son nez au grand public l’auteur s’en tenait à ces mille et une réalités qui pouvaient à la limite tromper l’ennui.

« Chez moi, il n’y a plus que moi et pourtant ça ne me fait pas peur.

La radio, la télé sont là pour me donner le temps et l’heure.

J’ai ma chaise au Café du Nord, mes compagnons de flipper et les petites sœurs des cœurs.

Entre le club Méditerranée, Hawaii, Woodstock ou ailleurs pour retrouver des milliers qui chantent pour avoir moins peur. » chante Gilbert Bécaud.

 

Puis Internet et les outils technologiques de toutes sortes ont envahi notre quotidien.

Je suis moi-même intrigué par ce temps qui passe, souvent très vite, trop vite.

Il ne trouve guère de jours sans que tout un chacun y face référence.

Je leur répondrai sans trop de conviction, mais c’est ainsi, par cette confidence de Hubert Reeves à l’une de mes consoeurs :

 

« On envie ces périodes où les gens vivaient plus lentement. C’est la vitesse d’évolution de notre cadre de vie – avec tous ces produits technologiques et Internet – qui donne l’impression que tout s’accélère. Mais si je me questionne sur la période dans laquelle je vis, je sais que je n’en changerai pas, je suis de ce temps. »

 

Je préfère, quant à moi, des remarques résultant de la simple observation et parfois du simple bon sens.

Je n’aime pas spécialement Jacques Attali mais sa réflexion me convient assez 

 

« L’Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident : Parce qu’il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique. »

 

Et puis il y a les facétieux qui jouent sur le bon sens tel Didier Hallépée – écrivain et informaticien - :

« Grâce à Internet, vous pouvez connaître le temps qu’il fait sans même avoir à tourner la tête vers la fenêtre ! »

 

Le pire, c’est avec Luc Fayard à propos du terme barbare d’interactif qu’il définit ainsi :

« Tout ce qui vous empêche de communiquer avec vos proches, parce que vous passez des heures sur un PC à surfer sur internet ou à jouer en réseau. »

 

Finalement, l’aventure qui me plait assez parce que riche d’humour c’est celle qu’a vécu Sophie Kinsella – écrivaine anglaise - :

« En perdant mes portables, je me suis libérée. Quarante huit heures sans mails, sans Internet, sans même un téléphone. Le comble ! Et tu sais quoi ? J’ai survécu ! »

 

FABRICANTS D’ILLUSIONS

Tout a donc commencé avec la guerre froide entre les Etats Unis et l’Union Soviétique mais c’est historiquement le 29 octobre 1969 qu’Internet fait officiellement son apparition sur la scène internationale pour intéresser dans les années 90 les particuliers et les entreprises.

Le phénomène n’aura de cesse de s’amplifier par le biais de l’informatique, de l’audiovisuel et des télécommunications sans parler des forums de toutes sortes, de la messagerie et du commerce électroniques et la diffusion à grande échelle de tout ce qui directement ou indirectement touche à l’information autant générale qu’individuelle, Internet se développe dans le monde entier.

Comme la langue d’Esope il est la meilleure mais aussi parfois la pire des choses.

 

Un fidèle correspondant révèle une information intéressante sur les dangers que peut engendrer l’usage excessif des réseaux (et malheureusement la preuve est faite à chaque instant des illusions que le système procure dans les domaines relationnels et singulièrement en matière d’amour et d’amitié). Il suffit d’observer autour de soi pour juger de ces « clics » tueurs, fabricants d’illusions en tous genres.

Et tout cela, dans une solitude extrême.

 

Ainsi, selon une étude publiée dans le Journal of Developmental & Behavioural Pediatrics, les garçons commencent à regarder des films pornographiques sur Internet à partir de 12 ans en moyenne. Ensuite, 63 % continuent à les regarder toutes les semaines, et 10 % tous les jours soit, 73 % en totalité).

 

À grande échelle, ce sont donc des machines, des mémoires d’ordinateurs qui fournissent à la plupart des usagers non seulement leurs premiers émois affectifs, mais également leur vie affective et sexuelle plus tard, qui ne se fait qu’avec des images et bruitages préenregistrés et reproduits sur écran artificiel.

 

Parallèlement, progresse le nombre des jeunes de 18 à 24 ans qui déclarent souffrir de solitude.

Et ce n’est pas le moins grave.

Ils seraient 49 %, selon une étude TNS-Sofres, à ne pas parvenir à développer assez de liens affectifs satisfaisants avec leur entourage. Sans parler de la sournoise concurrence faite par Internet aux couples dont certains et de plus en plus se désengagent inconsciemment par smartphone interposé.

 

Et mon correspondant de fournir un exemple qui laisse pantois :

 

« J’ai emmené mes enfants au départ en classe de neige. C’était au petit matin. Des cars étaient là. Je m’attendais à voir des centaines d’élèves surexcités et ravis de partir quelques jours. En réalité, c’était un silence de mort. Dans la pénombre, je n’ai aperçu que de sinistres silhouettes éclairées d’un halo bleuté (la lumière des écrans) occupées à consulter leurs smartphones et à échanger des messages avec des absents. Chacun était enfermé dans son monde, indifférent aux êtres en chair et en os autour de lui. »

 

Qui a parlé de réseau social ?

 

QUE SE PASSERAIT-IL ?

Paradoxe ou curiosité sinon soudaine et louable prise de conscience, sur Internet, mon correspondant a trouvé cette manière de litanie purificatrice que je ne peux m’empêcher de vous livrer au-delà - et pour quelques accrocs incurables -  de mes illusions depuis longtemps perdues !

 

Donc que se passerait- il :

 

  • « Si, la prochaine fois que je fais la queue dans un magasin, plutôt que de vérifier mes messages, j’engageais la conversation ou souriais aux personnes autour de moi ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que j’ai deux minutes à attendre à un feu rouge, au lieu de vérifier mes messages, je faisais une prière au Créateur de l’Univers ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que j’ai 15 minutes de libre devant moi, plutôt que de vérifier mes messages, j’en profitais pour organiser une soirée spéciale avec ma femme ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que j’ai 30 minutes avant de me coucher, plutôt que de vérifier mes messages, je lisais un chef-d’œuvre de spiritualité qui changeait ma vie et celles des autres autour de moi ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que je suis à la cantine de mon entreprise, plutôt que de vérifier mes messages, j’engageais une conversation profonde avec un de mes collègues et que je lui posais des questions sur sa vie ?
  •  
  • « Si, au moment de la publicité à la télévision, plutôt que de vérifier mes messages, je me levais d’un bond et je me jetais sur mes enfants pour les chatouiller et jouer au loup avec eux ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que j’ai une heure durant le week-end pour me relaxer, plutôt que de vérifier mes messages, je mettais une belle musique et je me laissais emporter par sa beauté ?
  •  
  • « Si, la prochaine fois que je rencontre une nouvelle personne, plutôt que de me renseigner sur elle grâce à Facebook en rentrant chez moi, je risquais l’aventure et le mystère de la découvrir en passant vraiment du temps avec elle ? »

 

Chaque rêve finit par trouver sa forme écrivait Gustave Flaubert alors, employons-nous a en définir les formes de la façon la plus réelle qui soit.

 

Bernard VADON

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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