POUR LES PAUVRES DEPUTES, SENATEURS ET AUTRES PSEUDOS SERVITEURS DE L’ETAT : A VOTRE BON CŒUR FRANCAISES, FRANÇAIS !

Publié le 13 Juin 2018

Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...
Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...
Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...
Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...
Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...
Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...

Une moralité républicaine manifestement à géométrie variable ...

« Eh bien, voyez ! C’est bien ce que je disais : le Parlement démontre qu’il n’est rien. Il fracasse, il pérore, il fait un peu de bruit et de scandale, mais tout cela n’émeut absolument pas l’opinion publique. Le Parlement, en réalité, s’est tué lui-même. Il est mort, il n’existe plus. À l’époque où nous sommes, nous ne pouvons plus continuer à croire à ces jeux stériles. D’ailleurs, personne ne s’y trompe, sauf ceux qui font profession d’y croire. Alors, bien sûr, ceux-là s’agitent, écrivent des éditoriaux dans les journaux, font des déclarations à la radio, mais tout cela, c’est de l’agitation qui ne touche pas le pays et il faut bien que vous en soyez convaincu. »

 

Ce n’est pas aujourd’hui et encore moins hier et avant-hier, mais un certain 21 avril 1967 que le général De Gaulle se confia, en ces termes peu amènes à l’égard des parlementaires, à Jacques Koch-Foccart l’incontournable « homme de l’ombre », responsable de la cellule africaine de l’Elysée sous le général avant Georges Pompidou jusqu’à François Mitterrand qui consultait, mais plus discrètement, celui que l’on appelait aussi Monsieur Afrique.

 

Epoustouflante

Si hier n’est pas aujourd’hui, comme dirait Jacques II Chabannes de La Palice qui, selon la légende ou une affirmation tautologique, un quart d’heure avant sa mort était encore vivant, cette réflexion n’a pas pris une ride.

Sans contester leur relative utilité – nos sénateurs n’ont rien à leur envier et je n’ai pas oublié, lors d’un agréable déjeuner sous les palmiers de la palmeraie de Marrakech, l’époustouflante révélation de cet ancien ministre du président Giscard d’Estaing, figure sympathique et emblématique du Lot-et-Garonne (nous n’en dirons pas plus eu égard sa mémoire) réfugié comme tant d’autres sous les ors de la chambre haute du Parlement et affirmant, sans rire, que la place était trop bonne pour la quitter !

 

De ce côté là, il était au moins honnête.

 

Il en est cependant qui, non contents de la planque, en rajoutent avec un rare aplomb plusieurs couches.

A cette différence cette fois que le propos est proprement indécent et scandaleux.

 

Seuil du bien vivre

 

Ainsi, dans le sillage nauséabond d’une de ses collègues LREM se lamentant d’en être réduite à manger des pâtes, de renoncer à faire du shopping et de devoir ressortir de vieux vêtements de sa cave, un parlementaire du Haut-Rhin, Jean-Luc Reitzer, affirme, quant à lui et à nouveau sans rire, que les députés devraient toucher plus que leur indemnité mensuelle actuelle (5 300 euros nets par mois) pour "lutter contre les tentations" comme la "corruption" ou "les mauvais esprits" qui peuvent traîner ici ou là.

 

L’économiste Jean-Luc Ginder lui rend poliment mais fermement la monnaie pourrait-on dire. Je le cite :

 

« Le député Jean-Luc Reitzer, dans le cadre de son mandat, représente 3.000.000 de petits Français pauvres disposants souvent de moins de 2 euros par jour (moins de 88 fois ses indemnités) et environ 8,9 millions de pauvres selon le seuil de pauvreté utilisé par l’Insee (moins de 769 euros par mois pour une personne seule). Près de 12 % des Français sont dans ce cas et vivent quotidiennement l’absence d’un repas. »

Et d’ajouter :

« 50% des français gagnent moins de 1538 euro/mois pour une personne seule, 2061 euros/mois pour une famille monoparentale, pour rappel aussi 50% de nos compatriotes gagnent moins de 1820 euros par mois. Cette demande traduit un manque de culture sociale et économique mais surtout une définition personnelle du seuil du bien vivre en France aux frais de l’institution, donc, des Français. »

 

Un petit malin suggère même de mettre ce député ainsi que ses collègues au Smic désindexé.

Pourquoi pas, histoire de rigoler ?

 

Mon seul adversaire

Mais le député ne s'est pas arrêté là. Il a profité de l'occasion pour dire tout le mal qu'il pensait des nouvelles règles imposées aux parlementaires ces dernières années, dans le sillage de l'affaire Jérôme Cahuzac, l’homme-clé du scandale poiitico-financier sous Monsieur Hollande, et dictées par une volonté de transparence.

Les yeux dans les yeux, également ?

Non, vous ne rêvez pas !

Dans le droit fil d’un autre de ses ex-collègues, un certain Jacques Myard (il a perdu l’an dernier son siège) qui n’en est pas à sa première déclaration déplacée (souvenons-nous en 2011 de son coup de gueule contre les homos) le député du Haut-Rhin de jérémiader :

 "On passe son temps maintenant à collecter les factures, les notes de restaurant et autres. (...) Moi, je ne m'en occupe pas, c'est mon épouse qui fait tout mais je sais que, quand elle doit le faire, elle passe un mauvais quart d'heure. Franchement, il y en a marre. Nous ne sommes pas des truands".

Ah, bon !

A moins de parler de moralité à géométrie variable.

Bref, que devrait dire alors la multitude des petits élus conseillers municipaux sans indemnités sans oublier les membres d’associations et ces français bienveillants qui donnent de leur personne sans limite, luttent au quotidien sans contrepartie financière, sans corruption, juste pour un regard, un sourire, un bien commun. Et ce n’est pas toujours le cas mais ils sont déterminés.
 

Comment ne pas conclure en évoquant une fois encore le général De Gaulle qui, entre autres soucis de ne rien devoir à un Etat qu’il gouvernait selon une rectitude morale qui à ce jour n’a pas encore trouvé son pareil, et qui, pour l’anecdote tant il trouvait cela normal, insistait notamment pour régler, et pas seulement, ses factures d’électricité à l’Elysée. Le général qui déclarait :

« Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’argent. »

Suivez bien mon regard !

Bernard VADON

 

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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