Quand le Pape François, à l’occasion du carême, dénonce « l’avidité de l’argent .

Publié le 4 Mars 2018

Le rapport à l'autre un comportement aussi naturel que sacré. La prière, un chemin possible contre les doutes...
Le rapport à l'autre un comportement aussi naturel que sacré. La prière, un chemin possible contre les doutes...
Le rapport à l'autre un comportement aussi naturel que sacré. La prière, un chemin possible contre les doutes...
Le rapport à l'autre un comportement aussi naturel que sacré. La prière, un chemin possible contre les doutes...

Le rapport à l'autre un comportement aussi naturel que sacré. La prière, un chemin possible contre les doutes...

 

 

Dans son récent message de Carême, le Pape François a rappelé les vertus de la prière, de l’aumône et du jeûne pour combattre les « faux prophètes » qui éteignent la charité dans les cœurs.

Son sentiment sur le « refroidissement de la charité » pourrait le laisser croire si ce n’était sa référence directe à l’Évangile de Matthieu.

Je cite :

« A cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (Mt 24, 12).

 

En fait, une exhortation, à faire du Carême, qui a commencé le mercredi 14 février, jour de l’imposition traditionnelle des Cendres, un temps pour recommencer à aimer. A se souvenir aussi de notre condition de mortels au sens physique du terme.

Et par la même occasion, un message contre les faux prophètes et les obstacles à l’amour, a précisé de son côté le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le développement humain intégral.

Des « faux prophètes » que le Pape François compare à des « charmeurs de serpents » et à des « charlatans » qui « utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les diriger à leur gré ». (sic)

Car, toujours selon le Saint Père, ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent » :

« Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur! Combien d’hommes et de femmes vivent comme charmés par l’illusion de l’argent, qui, en réalité, les rend esclaves du profit ou d’intérêts mesquins! Que de personnes vivent en pensant se suffire à elles-mêmes et tombent en proie à la solitude» dénonce le pape, comparant ces comportements  à des « solutions simples et immédiates aux souffrances ».

Ainsi :

« Le faux remède de la drogue, des relations prend et jette”, des gains faciles mais malhonnêtes » ou encore de la « vie complètement virtuelle où les relations semblent plus faciles et plus rapides, peuvent se révéler ensuite tragiquement privées de sens. »

 

Pour François :

 « Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent qui entraîne le « refus de Dieu » et qui se transforme lui-même  en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres “certitudes” : qu’il s’agisse de l’enfant à naître, de la personne âgée malade, de l’hôte de passage, de l’étranger, mais aussi du prochain qui ne correspond pas à nos attentes ».  

 

« La création devient un témoin silencieux de ce refroidissement de la charité et par voie de conséquence, l’amour se refroidit également dans nos communautés », ajoute t-il.

 

Une solution toutefois sinon une espérance :

« Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous les signes que nous venons de décrire, c’est que l’Église, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne »,  tempère le pape.

 

L’invitation à la prière peut, aussi et selon lui permettre  à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes mais aussi privilégier l’aumône qui libère de l’avidité et aide à découvrir que l’autre est un frère. La prière, en ce cas, doit devenir  pour chacun un style de vie authentique.

 

Etape complémentaire de ce temps de préparation pascale, le jeûne qui, pour encore se référer aux propos du pape :

« Réduit la force de notre violence, nous désarme et devient une grande occasion de croissance ».

Il invite enfin, dans cette même éthique et au-delà des confins de l’Église catholique, tous ceux qui sont affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde.

Dans moins de trois mois ce sera au tour des musulmans d’entrer dans la sacralité du ramadan durant lequel les mêmes recommandations sont faites quant à la prière, l’aumône et le jeûne. Et Dieu sait si pour le plus grand nombre, le respect de ces règles a valeur d’exemplarité. 

 

Les chrétiens et singulièrement les catholiques sont pour leur gouverne encouragés à participer à l’initiative intitulée « 24 heures pour le Seigneur », mise en place il y a cinq ans avec pour objectif de proposer que tous les vendredi 9 et le samedi qui suit, les diocèses puissent laisser une de leur église ouverte pendant 24 heures afin de favoriser l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle.

En conclusion, le Souverain Pontife espère, pour reprendre ses propos :

« Que grâce à ce chemin du Carême soutenu par l’aumône, le jeûne et la prière et respectueux du rite suggestif du cierge pascal irradiant d’un feu nouveau la veillée de Pâques, chacun revive l’expérience des disciples d’Emmaüs, à savoir d’écouter la parole du Seigneur et de se nourrir du Pain eucharistique afin de permettre à leur cœur de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité. »

 

Etape complémentaire, le jeûne enfin, lequel réduit la force de notre violence et nous désarme pour apparaître comme une exceptionnelle occasion de croissance.

En effet, d’une part, il permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent même du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim;

Et d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu :

« Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim. Je voudrais que ma voix parvienne au-delà des confins de l’Église catholique, et vous rejoigne tous, hommes et femmes de bonne volonté, ouverts à l’écoute de Dieu.

Si vous êtes, comme nous, affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde, si vous êtes préoccupés par le froid qui paralyse les cœurs et les actions, si vous constatez la diminution du sens d’humanité commune, unissez-vous à nous pour qu’ensemble nous invoquions Dieu, pour qu’ensemble nous jeûnions et qu’avec nous vous donniez ce que vous pouvez pour aider nos frères! », exhorte encore, le Pape François.

 

Au-delà des sensibilités respectables de chacun, quel programme au demeurant exaltant même s’il est parfois difficile à suivre !

 

Bernard Vadon

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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