Après la disparition de l’astrophysicien Stephen Hawking : une conception discutable du schéma de l’univers.

Publié le 22 Mars 2018

Hawking et François, rencontre entre un athée convaincu et un pape garant de la foi : Dieu, c'est manifestement  quelqu'un qui aime à nous surprendre !

Hawking et François, rencontre entre un athée convaincu et un pape garant de la foi : Dieu, c'est manifestement quelqu'un qui aime à nous surprendre !

 

« Il n’y a pas de paradis ou de vie après la mort, c’est un conte de fées pour les gens qui ont peur du noir », déclarait en 2011 au Guardian, l’astrophysicien Stephen Hawking récemment disparu au terme d’un long combat contre la maladie de Charcot, affection dégénérative paralysante qui lui avait été diagnostiquée en 1964.

Dans le même temps et cette fois dans la série documentaire Curiosity, cet athée convaincu, par ailleurs membre éminent de l’Académie pontificale des sciences, salué, respecté et entendu par quatre souverains pontifes, dont le Pape François, reconnaissait à chaque individu la liberté de penser tout en affinant son propos sur le sujet :

« Chacun de nous est libre de croire ce qu’il veut, et mon point de vue est que l’explication la plus simple c’est qu’il n’y a pas de Dieu ; personne n’a créé l’univers et personne ne dirige notre destin. (…) Nous n’avons que cette vie-ci pour apprécier le grand schéma de l’univers. »

 

CONFUSION

Clair et net ; même si nous ne partageons pas la conception

d’un dieu avec lequel les croyants pourraient avoir une relation personnelle et qui, de ce fait, semblait encore plus absurde à celui dont une une grande partie des travaux avait eu pour objectif de comprendre les origines de l’univers :

« Quand vous regardez l’immensité de l’univers, et combien une vie humaine accidentelle est insignifiante, (une telle idée de Dieu) semble tout à fait impossible », affirmait-il encore en 2010 sur la chaîne ABC News, allant jusqu’à prédire la « victoire » de la science sur la religion. Et d’enfoncer le clou :

 

« Il y a une différence fondamentale entre la religion, qui est fondée sur l’autorité et la science, qui est fondée sur l’observation et la raison. La science va gagner parce qu’elle fonctionne ».

 

Des déclarations qui étaient loin de faire l’unanimité chez certains de ses homologues et non des moindres tel l’astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves :

« Je trouve que Stephen Hawking fait une confusion assez fréquente entre le domaine de la science et celui de la morale, de l’autorité, des valeurs. (…)   La science ne peut absolument pas nous dire si Dieu existe ou non ».

 

DEMARCHE RELIGIEUSE

Un scientisme quasi sans faille … quoique.

Car, aujourd’hui, il semble bien que d’aucuns ne soient pas certains que dans les affirmations de Hawking la notion de foi soit totalement absente.

C’est en tout cas ce qu’estime – entre autres scientifiques et théologiens -  la physicienne anglo-italienne Elisabetta Canetta, de l’université catholique de Londres St Mary qui donne son sentiment :

 

« Son désir de comprendre l’univers et d’en découvrir les secrets ressemble fort à une démarche religieuse car bien qu’il fût athée, sa recherche avait toutes les caractéristiques d’un parcours religieux parce qu’être religieux signifie chercher des réponses à des questions fondamentales sur l’origine de l’univers et sur le rôle de l’humanité dans le plan du monde ».

 

Quant à Mgr Marcello Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences, il se souvient :

« Chaque fois que Hawking parlait avec les papes – il a connu Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François – il leur disait : “Je veux contribuer au développement du rapport entre la raison scientifique et la foi”. (…) Il disait aussi : Je dois donner une explication à ce que je vois. »

 

Et Mgr Sorondo d’ajouter :

 

« Cela a été compris comme une profession d’athéisme, mais je ne crois pas qu’il était athée ».

 

Albert Einstein, quant à lui, n’a jamais cessé d’être confronté à un existentiel qui le tracassa toute sa vie et qui associait l’escalier de la science à celui de Job qui, selon lui, ne s’achève qu’aux pieds de Dieu.

Je laisserai toutefois le mot de la fin – si tant est qu’il y en ait un – au pape François :

« Dieu, c’est quelqu’un qui aime à nous surprendre. »

 

Finalement, un peu ce qu’il fallait démontrer.

 

Bernard Vadon

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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