Maroc : Dakhla entre mer et désert mon coeur exulte.

Publié le 12 Décembre 2017

Ce Maroc merveilleux du monde ... pour l'instant !
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Ce Maroc merveilleux du monde ... pour l'instant !

 

Dans ce Maroc merveilleux du bout du monde comment ne pas se nourrir, quand il est encore temps, de cette réflexion de Saint Exupéry : 

 « J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. »

 

Confortablement calé et ceinturé dans le siège du moyen-courrier en provenance de Casablanca, il est difficile d’imaginer que sur cette trajectoire aérienne, il y a un peu moins de cent ans, Saint Exupéry, aux commandes de son mythique Caudron Simoun déchirait, en phase d’atterrissage, ce même cumulus vagabondant au-dessus de la lagune scintillante sous la clarté lunaire.

Au tout début du 20ème siècle le père du « Petit Prince » mais également les Henri Guillaumet et autres Jean Mermoz sans oublier Maryse Bastié, écrivaient alors l’inoubliable et fabuleuse histoire de l’aéropostale et parallèlement de la fameuse ligne Latécoère sur la route de Saint Louis du Sénégal en passant par Dakhla depuis Toulouse, son port d’attache.

Entre mer et désert la baie de Dakhla doit aux espagnols d’exister.  Au 19ème siècle,  ils y conçurent un port qu’ils baptisèrent Villa Sisneros géographiquement situé à l’extrême Sud du littoral du Maroc Saharien. (1)

 

PRUDENCE

Un modeste village avec son église catholique – toujours entretenue et active – ses fortifications et son phare d’Arcipèse apparaissaient par beau temps et dans cette nuit (dont Saint Exupéry se plaisait à dire qu’on s’y enfermait comme dans un temple) comme des repères naturels de circonstance pour poser en toute sécurité l’appareil.

Ici, pêcheurs et aventuriers aux frontières caravanières, composaient alors une peu importante mais paisible population.

Dakhla n’était qu’un point de ravitaillement mais on peut aujourd’hui regretter qu’à l’instar de Tarfaya (ancienne Cap Juby) où celui qui fut chef de la station aurait vraisemblablement «pensé » l’aventure du « Petit Prince » et de « courrier Sud », ce lieu ne soit pas mieux honoré. D’autant qu’en décembre 1936 « La Croix du Sud »  l’hydravion de Jean Mermoz, s’abîmait dans les eaux, au large des côtes sénégalaises.

Dans cette région se décline aussi la grande Histoire Marocaine avec la « Marche Verte » initiée en 1975 par le Roi Hassan II. A Tarfaya justement. 

Autant de raisons pour mieux comprendre et apprécier le devenir de cette lagune minérale de rêve propre à susciter l’appétit des promoteurs de tout acabit.

Même si la prudence est largement plébiscitée, le risque est grand de profaner ce qui constitue encore un sanctuaire pour la faune et la flore mais aussi l’écosystème qui prévaut encore. Mais pour combien de temps ?

 

PERSPECTIVES FUTURES

Au-delà d’un tourisme qui trouve essentiellement sa manne dans la pratique du kit-surf (elle en est actuellement et à certaines périodes de l’année la capitale mondiale) les pronostics financiers et de développement vont bon train même si d’aucuns s’efforcent de privilégier une forme d’éco-tourisme grâce notamment à l’existence de sources thermales et chaudes que nous avons pu apprécier.

Cependant il est à craindre que le site aujourd’hui exploité artisanalement attire des amateurs moins désintéressés.

Qu’importe, nous confie un hôtelier récemment opérationnel sur le site de la lagune, les cahiers de charges sont de plus en plus draconiens.

En effet il est hors de question pour les autorités responsables de suivre le mauvais comportement d’autres lieux où  l‘on a été moins vigilant et qui en urbanisant de manière sauvage et désorganisée, ont condamné des zones jusque là protégées.

L’intérêt se porte à présent sur des terres agricoles (5.000 hectares actuellement) où le ministère de l’Agriculture a lancé des appels d’offres internationales en vue du co-financement, de la conception, de l’exploitation et de la maintenance des infrastructures d’irrigation.

Un autre est relatif à la maintenance d’une station de dessalement d’eau de mer, d’un parc éolien et d’un champ captant.

Par ailleurs, le fait que Dakhla bénéficie d’une position géographique et climatique exceptionnelle, les cultures, maraîchères notamment n’en sont que plus avantagées pour ce qui est du mûrissement précoce des fruits et légumes.

Une ferme expérimentale spécialisée dans la culture des tomates cerises hors sol, en est un exemple et à ce titre 90% de la production est destinée à l’export.

Côté mer, c’est l’ouverture de nouveaux ports - de Lamhariz et de Dakhla Atlantique, pour le transport maritime – qui devrait contribuer au développement de ce secteur d’activités.

Dahkla ayant enregistré l’an dernier un trafic global de plus d’un million de tonnes et se positionne en tête des ports de pêche marocains. Il est également question de la création d’une compagnie maritime africaine.

Un projet de traitement de congélation et de stockage de produits de la mer est également en voie de concrétisation et favorisera la création d’un millier d’emplois.

Enfin, Dakhla abrite l’unique ferme du Sud spécialisée dans élevage en semi liberté des autruches (360 actuellement) se réservant ainsi un marché recherché quant à la diversité de cette activité et de son potentiel.

 

NOURRIR  l’AFRIQUE

Toujours en projet, la transformation de produits bruts ou en voie d’affinage importés afin de les exporter vers l’Afrique. 

Dakhla soufflera t-elle enfin la place à Casablanca pour ce qui concerne le lieu de transit des voyageurs à destination de l’Afrique ?

C’est en tout cas son souhait.

Comme celui d’apporter la preuve que si le désert et l’océan sont pour elle des atouts majeurs et à préserver, les investissements dans l’agriculture – la qualité de la terre s’y prêtant - sont tout à fait possibles aujourd’hui.

Parallèlement, l’élevage appartient, c’est un autre atout,  à la tradition locale surtout pour ce qui est de celui du dromadaire et des bovins, et moutons en général.

 

L’organisation de la deuxième foire agricole internationale  dont le thème fleurit encore sur de nombreux panneaux publicitaires « Nourrir l’Afrique, nourrir le monde » témoigne de cette volonté.

Pour preuve, les 12,9 millions d’hectares de terrains de parcours pour une superficie agricole utile de 100.000 hectares avec 1000 hectares équipés et 950 exploités.

Quant à la réalité d’un verger au plan national elle n’est à ce jour plus un mythe.

Ainsi, en chiffres, alors qu’avant 2008 la filière primeurs représentait un chiffre d’affaires de 453 millions de DH on prévoit d’ici à 2020, c’est à dire demain, 2,417 milliards de DH avec une valeur ajoutée de 645 millions de DH.

Quant au PAR (plan agricole de Dakhla-Oued Eddahab) il aspire à l’augmentation des niveaux de production des différentes activités.

Dont acte !

 

RARE BEAUTE

En conclusion, on ne peut s’opposer à l’expansion souhaitée d’un pays et particulièrement d’une région.

Si toutefois ce développement  ne se fait pas au détriment d’un lieu d’exception où demain comme aujourd’hui on viendra chercher et s’abreuver à ce dont la modernité nous prive de plus en plus à savoir une forme d’art de vivre dans un décor naturel d’une rare beauté.

Une osmose singulière et attachante entre le sable et l’océan.

En ce lieu nous avons croisé une population – celle de la communauté Sahraoui - en parfaite harmonie avec une nature généreuse.

Alors le temps d’un rêve sinon d’un mirage – nous sommes encore au désert - laissons la fin du voyage à la plume vagabonde de J.M. Le Clézio :

 

« Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes, enveloppés dans leur manteau de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche. C’étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dans les voiles d’indigo.

…. Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement, sans regarder où ils allaient. »

 

Bernard VADON

 

 

(1) Aujourd’hui, la population de Dakhla serait évaluée à 120.000 habitants se répartissant pour 60.000 (des militaires) 30.000 représentants tout ce qui touche à la sécurité de proximité et services de renseignements, administrations diverses. Le reliquat soit 30.000 personnes, constituant la population civile proprement dit.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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