JOHNNY HALLYDAY : TOUT EST DIT !

Publié le 12 Décembre 2017

 JOHNNY HALLYDAY : TOUT EST DIT !

 JOHNNY HALLYDAY : TOUT EST DIT !

 

Après le choc – en tout cas pour ses admirateurs et surtout ses proches – causé par le « départ » de Johnny Hallyday, celui d’une légitime tristesse et d’une non moins légitime détresse, puis du recueillement, voici peut-être venu le temps de la réflexion.

 

Celle qui nous invite au-delà du vacarme médiatique et de l’insupportable récupération politicienne à cette autre réalité, sorte de passage obligé qui, sur fond d’inégalités humaines, replace tout le monde et sans exception sur un plan d’égalité.

La mort, de toutes les façons, nous rattrape toujours.

 

A chacun de la formaliser ou non. De lui trouver une explication entre celle des convaincus du rien et ceux qui se réclament de l’espérance en Dieu.

Notamment.

Et cela, alors même que tout est dit, comme le chante de manière plus confidentielle et avec moins de retentissement, Jean Louis Murat.

Oui, tout est dit … ou presque.

Et cela aussi, au-delà même de cette belle, émouvante et au fond interrogative image s’inscrivant dans notre subconscient et représentant ce cercueil immaculé, dépourvu de fleurs et traversant silencieusement la mythique avenue des Champs Elysées alors qu’en fond sonore et de manière un peu incongru, grondent les moteurs des légendaires Harley-Davidson.

Oui, tout est dit, ou presque …

Au travers aussi du mystère de cette  croix, témoignage de sa foi,  longtemps portée par le chanteur et que sa dernière épouse, Laeticia, entourée de ses deux petites filles,  conserve à présent sur sa poitrine comme une précieuse relique.

Une simple mais belle preuve d’amour.

 

Le Père Benoist de Sinety – vicaire épiscopal du diocèse de Paris – dans une homélie de haute élévation spirituelle a donné en quelque sorte la clé selon l’Eglise sinon la foi :

 

« Que sont, pourtant, nos vies sans l’Amour ? Non pas l’amour éphémère d’une passion aussi intense que fugace, non pas l’amour égoïste et narcissique, mais l’Amour véritable qui nous fait reconnaître dans l’autre un frère à aimer, l’amour exigeant qui nous invite à aimer comme Jésus lui-même a aimé. Lequel d’entre nous ne mesure l’infini vide que procurent, au bout du compte, les objets de ce monde pour lesquels nous déployons pourtant tant d’efforts et d’énergie ? Qui n’a jamais ressenti, enfant, la déception devant le jouet tant espéré qui, sitôt obtenu, devient moins séduisant, moins excitant ?

Rien ne peut combler le cœur de l’homme sinon l’Amour.

C’est cet Amour qui nous rend capables de sortir de nous-mêmes, de croire que nous valons plus que nous n’osons l’envisager, de comprendre que nous sommes appelés à l’immortalité.

Oui, à chacun de vous cette promesse est renouvelée aujourd’hui : votre vie est précieuse, tellement précieuse. Ensemble, nous sommes invités à cheminer en ce monde, frères et sœurs, en laissant l’amour accomplir en nous le don de nous-mêmes. Chacun d’entre vous est infiniment aimé de Celui qui ne cesse de nous créer et qui nous appelle le jour venu à le contempler face-à-face.

Quels que soient votre existence, ses doutes, ses hontes, ses renoncements, ses blessures, cet Amour dont Dieu vous aime ne passera jamais. Il est le seul bien, la seule promesse que rien ni personne ne pourra jamais nous enlever, nous arracher. »

 

 

En écho à « l’Ave Maria » de Schubert qu’avait en d’autres circonstances chanté Johnny Hallyday, la soprano Julie Fuchs accompagnée par Gauthier Capuçon au violoncelle et Yvan Cassar au piano, en appela à cette autre forme de silence étrangement habité si tant est que, comme l’écrivait Richard Wagner : 

 

« La musique commence, là où s’arrête le pouvoir des mots … »

 

 

Bernard VADON

 

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

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