DAKHLA au MAROC – Le Palais Rhoul : la marque de famille. 

Publié le 14 Décembre 2017

Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...
Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...

Arrivée depuis la lagune face au palais Rhoul sous l'oeil de la chienne berger Choubaka ...

 

 

Il fallait que la reconnaissance de Dakhla, que je savais d’exception, s’opérât la nuit. Avec cette préfiguration de l’improbable alors que l’avion de ligne régulière, affrété par la R.A.M, survole, en procédure d’atterrissage et à basse altitude, une langue de sable constellée de lumières impeccablement incrustées entre mer et désert.  Dakhla, dans son apparat nocturne, s’offre en dégradé lumineux à notre curiosité. Mystérieuse et énigmatique.

En marge de certaines mégapoles du royaume dévorées par une modernité galopante et dérangeante, le voyageur découvre une cité à dimension humaine dont le modeste aéroport donne à l’évidence le ton.

Tout le reste est à l’avenant.

Jusqu’au court trajet au coeur d’une cité paisible avant l’arrivée devant la porte discrète et sans prétention du Palais Rhoul (où nous accueillera avec infiniment de gentillesse le propriétaire et concepteur des lieux, Shaïne Rhoul aux petits soins pour ses hôtes), la réplique marine sinon cousin de cet autre Palais Rhoul et spa réalisé par Sylvia Rhoul et ses enfants dans la Palmeraie de Marrakech. (1)

 

L’éternel dans l’instant

Dakhla, un choix mûrement réfléchi par son implantation certainement unique – en tout cas pour le moment – et une conception architecturale où la mer apparait comme un faire-valoir autrement circonstanciel et surtout respectueux d’une nature grandiose et généreuse. Rare, manifestement.

 « L’éternel dans l’instant » écrivait Charles Baudelaire.

Un peu plus tard, dans le calme de la nuit et celui de cette chambre immense, ouverte sur la lagune et découvrant un spectacle grandiose, difficile de ne pas évoquer quelques-uns des chantres des océans.

L’incontournable Charles Trénet et « La mer qu’on voit danser…  »

Mais aussi et surtout Paul Verlaine et ses Poèmes Saturniens :

« L’océan sonore

Palpite sous l’œil

De la lune en deuil

Et palpite encore … ».    

 

Sans oublier Victor Hugo, Gérard de Nerval, Jean-Pierre Rosnay (« Comme un bateau prend la mer »)  mais aussi Bertolt Brecht, Jean-Jacques Rousseau, Jacques Prévert ou encore Paul-Jean Toulet :

« ô mer, toi que je sens frémir

A travers la nuit creuse,

Comme le sein d’une amoureuse

Qui ne peut dormir … »

 

Le luxe de l’inattendu

La nuit, précisément, sera douce et singulièrement régénératrice.

Une odeur d’iode envahit l’espace  alors que le soleil pointe ses premiers rayons sur un indicible horizon fait de brume légère. Le clapot de l’eau donne un doux relief à la surface scintillante du lagon qui baigne les berges du Palais Rhoul inondé de la lumière du matin.

L’instant est à présent à la découverte de cette manière de citadelle tout entière offerte à l’immensité marine.

On retrouve ici le concept de boutique-hôtel de luxe imaginé par Andrée Putman, au Morgan’s Hôtel, avant d’être diffusé par Philippe Starck.

C’était hier …  ou presque !

Une façon d’aller au-delà du traditionnel « Home away from home ».

Ici, tout est bien dans la philosophie de la grande décoratrice des années 60, celle qu’on surnommait « la Coco Chanel de la décoration » et qui estimait, à juste titre,  que l’hôtel doit inspirer notre vie personnelle afin qu’ensuite on ait envie d’en parler en rentrant chez soi après un séjour. On aime ou on aime pas.

En clair, que ce soit finalement une expérience dont on se souvienne.

 

En pénétrant dans le Palais Rhoul de Dakhla il va de soi que l’on ressent ce luxe de l’inattendu dont Putman avait fait son crédo.

Un lieu où la pierre sèche naturelle s’impose en murailles protectrices de l’extérieur et où une piscine chauffée fait office de trait d’union entre les parties communes d’un côté et privées de l’autre.

Des suites et des chambres desservies - 10 au total - par un escalier marbré noir que protège une curieuse mais originale main courante faite de rustiques piquets en châtaignier.

La marque familiale des Rhoul, c’est aussi cette propension à chiner et à rassembler les objets et tableaux les plus insolites parfois mais destinés à apposer, sur les murs et les tables, la signature des maîtres et instigateurs des lieux.

Il en ressort une sorte de courant artistique spécifique et aussi créateur.

Charlotte Perriaud ne s’était-elle pas laissée, elle aussi,  porter par une imagination nourrie du mobilier iconique de Le Corbusier ?

Qui se souvient également du fameux « Day-Bed » en bois de jacaranda et acier dessiné, en 1930,  par Lilly Reich ?

 

Comme à la maison

Les Rhoul, quant à eux, ont ici opté pour l’ambiance lodge avec, notamment dans le petit salon-restaurant, des fauteuils club sortis tout droit d’un british-club mais aussi des chaises recouvertes de tissu façon zèbre ainsi que de reproductions au mur d’animaux de la savane ;  et enfin,  tombant du plafond, d’amusantes cages à oiseaux transformées en lustres.

Chez les Rhoul, la cause animale n’est pas un vain mot. Et la cage ouverte, précisément, en est un symbole comme la présence de Choubaka, une chienne berger extraordinaire de douceur et d’intelligence, attentive  gardienne des lieux, présente jusque dans nos baignades dans l’eau du lagon et qui, lors de notre départ, ajoutera à nos regrets.

Le Palais Rhoul propose aussi tout ce qui en matière de loisirs peut intéresser une clientèle choisie venu à Dakhla pour profiter de ce qui en fait aussi sa singularité, le climat et les alizés.

En particulier, les sports de glisse, kite-surf et windsurf, dont la région s’est fait une religion.

Il s’y ajoute une multitude d’activités : de la méditation au yoga en passant par les massages – dont le traditionnel massage soufiste – dans l’exercice desquelles le maître de l’endroit est partie prenante ; le spa, bien sûr, sans oublier la marche nordique entre océan et désert (qui a fait notre bonheur) et les pique-nique improvisés ou le cérémonial du thé sahraoui au pied de quelques dunes mythiques dont la célèbre Dune blanche ou l’île du Dragon. Sans oublier les balades en bateau et la surprise de photographier un banc de dauphins aussi espiègles qu’enthousiasmants. 

La liste n’est pas exhaustive.

Et pour ceux qui préfèrent goûter au calme de l’endroit, quelques rangées de livres pourront constituer de bonnes lectures sans être dérangés par un personnel essentiellement subsaharien d’une extrême discrétion mais d’une présence efficace.

Pour ajouter à la particularité de cette maison qui n’est ni un hôtel et pas plus une maison d’hôte mais plus simplement une maison où l’on est finalement reçu … comme à la maison, la gastronomie n’est pas oubliée grâce à la Maison du Thé, toute proche et dépendante du Palais, où les plats marocains et internationaux sont bien sûr à l’honneur – un satisfecit à la cuisinière qui officiait lors de notre séjour – mais aussi et surtout tout ce que la mer peut offrir de succulent et profitable à une bonne et saine santé : huitres, langoustes, poulpes et autres poissons.

Alors, et en conclusion à propos d’un bel objet – pourquoi ne pas l’étendre à un lieu, en l’occurrence celui-là – accordons ce clin d’œil à Andrée Putman qui assurait qu’on en tire naïvement un bénéfice, ajoutant combien,  finalement, c’est ainsi que ça se passe dans la vie.

En ce cas, je revendique mon sentiment de naïveté qui  n‘a rien de commun avec la niaiserie selon le philosophe et sociologue Georges Sorel mais qui a plutôt trait à l’émerveillement.

 

Bernard Vadon

     

       

(1) Le Palais Rhoul Dakhla – 100 avenue Mohamed V – BP 442, 73.000 Dakhla

Tél : +212 673224 110 – www.palaisrhouldakhla.com

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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